( 31 mai, 2014 )

les frères Deckherr

Histoire d’une association

Originaire de Spire en Allemagne, Jean-Théophile Deckherr est imprimeur à Montbéliard depuis qu’il a racheté le fond de Becker en 1796. En 1803, l’un de ses fils Théophile-Frédéric reprend la boutique de son père. Son imprimerie est d’abord établie à Porrentruy puis à Montbeliard en 1813.

Cette même année commence une association (formée pour 20 ans par contrat du 26 oct. 1812) entre ce même Théophile-Frédéric, à ses deux frères, Rodolphe-Henri, alors marchand quincaillier en détail et fabricant de cartes à jouer, et Léopold-Hermann, libraire à Porrentruy.

Les trois frères publient sous le nom de « Frères Deckherr », « Deckherr frères » ou simplement « imprimerie Deckherr » jusqu’en 1832. Après cette date, l’association ne semble s’être reformée que ponctuellement. Théophile-Frédéric et Rodolphe-Henri se partagent le matériel de l’imprimerie tandis que Léopold-Hermann reçoit la librairie.

Les Deckherr sont spécialisés dans l’édition populaire et proposent trois types de production : les almanachs, les livres de dévotion et les livrets de la bibliothèque bleue.

Une constante dans leur production, l’utilisation d’un papier assez grisâtre, et une composition pas toujours très soignée ! L’illustration se compose de bois assez grossiers.

Je vous propose quelques exemples de leur production, avec des œuvres de Mme d’Aulnoy, de Charles Perrault,  Daniel De Foe, ou encore l’un des titres de la bibliothèque bleue, le bonhomme misère :

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( 27 mai, 2014 )

Second volume de l’Histoire universelle d’agrippa d’Aubigné- EO 1618

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Rare édition originale du deuxième volume (sur 3) de l’histoire universelle . Cette édition a été imprimée aux frais de l’auteur par Jean Moussat, imprimeur de la Rochelle établi par d’Aubigné dans son château de Maillé. Le premier volume date de 1616, le second de 1618 et le dernier de 1620. Dès sa publication, une sentence du Châtelet (2 janvier 1620) condamna l’ouvrage à être brûlé ; quelques exemplaires seulement échappèrent au feu. On trouve dans cette histoire des détails très intéressants sur les guerres du Poitou et de la Saintonge, de l’Aunis et des provinces voisines. D’Aubigné commença son Histoire universelle à la mort d’Henri IV. Il fut condamné à mort pour la quatrième fois de sa vie. Calviniste intransigeant, il quitta la France redevenue monarchique et catholique pour trouver refuge à Genève. 

Jean Moussat (15..-1626) dont la devise est « Povreté empeche les bons espritz de parvenir » est un imprimeur établi à Niort dès janvier 1614. Pour l’impression de son histoire universelle, Agrippa d’Aubigné avait installé une imprimerie dans son domaine de Maillezais. Moussat fut chargé de l’impression. Cependant, les bibliographes hésitent sur le lieu exact : soit Maillezais même, soit à Maillé, soit au fort du Dognon (en plein marais, près de Maillezais), soit encore au château de Coivert près Saint-Jean-d’Angély . Selon certains, Maillé serait même une fausse adresse et désignerait peut-être Saint-Jean-d’Angély ou Niort !

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Lieux probables d’impression de l’histoire universelle:

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Album : saint barthelemy 24 aout 1572

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Quelques lettrines et bandeaux que D’Aubigné utilisa dans la composition de ses pages de l’histoire universelle:

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Album : lettrines de l'histoire universelle

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( 26 mai, 2014 )

La Fontaine- voyage en Limousin

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Petite édition d’oeuvres de La Fontaine datée 1782 (cazin). Publication de Mr de Chamfort.

Lettre de Mr de La fontaine à sa femme:

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Album : voyage en limousin

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Jannard, fidèle de Fouquet, comme La Fontaine, reçut sa portion de coups lors de la chute de l’Ecureuil (Fouquet Nicolas). Une lettre de cachet de Colbert lui-même envoya l’oncle de Madame de La Fontaine en exil à Limoges rejoindre Madame Fouquet qui y avait été envoyée en résidence surveillée.

Fidèle à son oncle et fidèle à Fouquet, La Fontaine décida de s’exiler aussi, de son plein gré. Il n’a jamais été prouvé que La Fontaine avait été puni de son amitié à Fouquet par un limogeage en règle. Et puis, cet exil volontaire en cet été 1663 lui permettait aussi de s’éloigner un peu de sa femme avec qui les relations n’étaient pas au mieux .

 

( 25 mai, 2014 )

Le culte de Rousseau sous la révolution

Premier document présenté pour illustrer ce culte, une loi datée de 1791:  

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Marie-Thérèse Le Vasseur avait, pour subsister, le produit de la vente de quelques manuscrits de Jean-Jacques, et les rentes que lui faisaient quelques libraires (Marc Michel Rey notamment). Le 21 décembre 1790, sur les instances de Mirabeau, l’Assemblée nationale, en même temps qu’elle votait une statue à Rousseau, décréta que sa veuve jouirait d’une pension de 1 200 francs, qui fut dans la suite portée à 1 500. Cette pension ne fut pas toujours exactement payée, et Marie-Thérèse, retirée au Plessis-Belleville, tomba dans la misère.

 

Deuxième document: Une édition révolutionnaire du contrat social, datée de l’an II (1794-95), avec un frontispice très explicite:

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Ce frontispice reprend certains éléments d’un frontispice de l’Emile (édition posthume de 1780- date en bas de la gravure) d’après un dessin de Charles Nicolas Cochin, avec notamment la femme et l’enfant au premier plan. Par contre, sur notre gravure du contrat social, un ange laure le grand homme à la place de l’enfant qui rabote sous les yeux et les conseils de son maître. De même la devise de l’auteur sur la colonne a disparu.

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Avec la publication du Contrat social (1762) les acteurs de la Révolution française considèrent Rousseau comme Le grand théoricien politique de la démocratie.

« L’homme est né libre et partout il est dans les fers ». Il s’agit du premier constat du philosophe dans son Contrat social.

Si Rousseau construit la théorie (adressée à la petite République de Genève), les grandes figures de la Révolution française se sont emparées de son texte pour justifier leurs positions.

Ses principales idées (l’homme est né libre et bon, la société l’a corrompu, la naissance du droit de propriété est la source de tous les maux, les inégalités se créent avec le pouvoir …) permettent de justifier la condamnation de l’absolutisme royal et du pouvoir autoritaire et arbitraire.

Rousseau défend l’idée pré-révolutionnaire de la liberté des peuples (du « peuple souverain ») à disposer d’eux-mêmes.

Autre édition révolutionnaire chez Leprieur en 1791, avec le portrait du philosophe:

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( 22 mai, 2014 )

Traité de la sphère et du calendrier par Rivard et Jérome de la Lande

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Le calendrier républicain est adopté le 24 octobre 1793, soit plus d’un an après l’avènement de la Première République, après un long débat entre les mathématiciens (dont Monge), les poètes (Chénier, Fabre d’Eglantine et le peintre David). Le calendrier républicain vise à réformer la société jusque dans ses références au temps et à l’espace. Contre la superstition et le fanatisme, le dimanche, les saints, les fêtes chrétiennes étaient abolis au nom de la Raison, la science, la nature, la poésie, l’idéologie et l’utopie.

Les mathématiciens se sont chargés de découper l’année en mois égaux (12 mois, 30 jours), l’année débutant le jour de l’équinoxe d’automne.

Pour leur part, les poètes ont donné aux jours des noms de plantes, d’animaux domestiques et d’outils, et ont fait rimer les mois selon la « sonorité » des saisons, trois par trois : Vendémiaire, Brumaire, Primaire, Nivose, Pluviose, Ventose, Germinal, Floreal, Prairial, Messidor, Thermisor et enfin Fructidor.

A noter que l’année commence au jour anniversaire de l’abolition de la royauté.

Attention, on ne doit pas confondre les datations du calendrier républicain avec la mention, courante (sur les monnaies par exemple ou les assignats), « n..ème année de la Liberté », qui prend pour référence 1789.

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Ci-dessous les pages concernant cette réforme:

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La première partie du livre décrit un instrument astronomique, le sphère armillaire.

La sphère armillaire présentée sur la première planche du Traité de la sphère est un ancien instrument, une combinaison de cercles emboîtés, permettant de représenter certains mouvements des astres, de comprendre les saisons ou les mouvements des étoiles et du Soleil en différents points de la Terre.

Une sphère armillaire simple a permis à Ptolémée de déterminer l’heure de l’équinoxe. Des sphères armillaires complexes ont été construites, en particulier celle d’Antonio Santucci construite à Florence en 1585.

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( 20 mai, 2014 )

Le régiment de la calotte. 1726

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Le régiment de la Calotte est une société festive et carnavalesque d’origine militaire fondée en 1702 par Philippe Emmanuel de La Place de Torsac et Étienne Isidore Théophile Aymon.

Jusqu’en 1752 elle produit une quantité de documents manuscrits ou imprimés, tel cet exemplaire qui relatent les décrets, cérémonies du régiment. Cet exemplaire, à la date farfelue de 7726 de l’ère calotine, contient des décrets promulgués contre certains personnages célèbres de l’époque, comme Law, la comédienne Desmare, ou encore Fontenelle.

Très structurée, la Calotte est interdite dans l’armée en 1779.Résistant à son interdiction elle continue à exister dans le milieu militaire au moins jusqu’au début des années 1820.

Quelques brevets décernés:

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Album : fontenelle

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Album : desmare comedienne

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Album : law

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Album : d'argenson

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( 17 mai, 2014 )

La somme de Saint Thomas d’Aquin -1771

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( 16 mai, 2014 )

Caricatures de Louis XIV, Mme de Maintenon…

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Les Héros de la Ligue ou la Procession Monacale conduitte par Louis XIV, pour la conversion des protestans de son royaume  passe souvent pour constituer la première série de caricatures de l’histoire moderne. Des 24 gravures initialement présentes dans cet ouvrage de la fin du 17ème  siècle (L’ouvrage comporte une fausse adresse Parisienne, avec la date de 1691, mais il fût probablement imprimé aux Pays-Bas par des protestants),  11 sont reproduites dans ces mémoires du comte de Maurepas publiés un siècle plus tard. Rappelons  que le règne Louis XIV est tristement noirci par la révocation de l’édit de Nantes en 1685 (qu’avait signé son grand-père Henri IV en 1598) ,  l’exode de protestants vers l’allemangne, notamment et les guerres interminables avec ses voisins européens. Ces gravures sont très particulières et pleines de caractère. Elles stigmatisent les travers des grands de l’époque: D’abord Louis XIV, représenté en soleil, Guillaume de Furstenberg, Louvois, Bossuet, Maimbourg, La Reynie et même Madame de Maintenon.Sont présentés sous le froc les grands personnages de l’époque qui jouèrent un rôle dans la révocation de l’Edit de Nantes.Les planches sont gravées avec verve, l’exécution est vive et nette et la volonté de faire rire est évidente. 

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( 16 mai, 2014 )

Les propheties de Nostradamus

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Cette édition de Nostradamus est imprimée en 1793. Une autre édition du même imprimeur Avignonnais est datée de 1791. A propos d’Avignon, les événements révolutionnaires ont incité les habitants de cette cité à demander leur rattachement à la France. En effet, le comtat Venaissin  était alors sous administration papale (Pie VI) et ce depuis de 14ème siècle. Dès 1789, la ville avait demandé à Rome certains droits identiques à ceux des villes voisines Françaises. Devant le refus de Rome, les bourgeois créent une municipalité ainsi que des institutions nouvelles identiques à celles du reste de la France (milice…). Alors éclatent de graves troubles entre partisans de Rome et républicains, entre prêtres et bourgeois. La cité deviendra finalement Française le 13 septembre 1791 par décret de l’assemblée constituante.

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( 15 mai, 2014 )

Des lettres de cachet et des prisons d’état- Mirabeau fils- 1782

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« Au nom du roi… ». C’est ainsi que commençaient les fameuses lettres de cachet par lesquelles les sujets de Sa Majesté étaient informés de la décision du roi de les faire arrêter et enfermer. Louis XIV en adresse à tour de bras, et plus de 2300 prisonniers séjournèrent à la Bastille sous son règne. On a même imprimé des lettres de cachet prêtes à être remplies !

Tous les délits mènent à la bastille, s’en prendre à la personne souveraine par écrit ou par simples menaces, comploter, faire partie de la famille d’un régicide comme Damiens…

La Bastille, par l’importance et l’arbitraire des emprisonnements deviendra en Juillet 1789 l’objectif à abattre, le symbole à faire tomber.

 

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