( 14 mai, 2014 )

La mode extravagante des robes à paniers

Dès le début du règne de Louis XV, l’exubérance  des tenues provoque chez les femmes une surenchère d’extravagances. Ainsi, les robes à « paniers » que vous pouvez admirer sur quasiment toutes les gravures de Louis Binet en sont un bon exemple (Voir la catégorie XVIII e- Restif de la Bretonne).

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Sorte de jupon à cerceaux composé de plusieurs rangs de baleines horizontales, il se porte sous les autres jupons pour donner sa « forme » à l’ensemble. Les arceaux sont le plus souvent ovales pour donner ces deux énormes protubérances de part et d’autre de la taille. Cet accessoire incroyable marque la taille des femmes, et c’est d’ailleurs à cet effet que les comédiennes du milieu du 17ème siècle l’auraient inventé. Il sert autant à cacher l’embonpoint qu’à reposer ses bras de chaque coté, ou encore à « aérer » en cas de forte chaleur ! Le plus dur était de s’asseoir, de franchir les portes, à moins d’imiter le crabe, ou encore de se croiser dans des couloirs trop exiguës ! Les excès d’ampleur que les femmes donnent à leur toilette deviennent des sujets de moqueries et de nombreux sobriquets sont donnés à celles qui portent ces sortes de robe. Le ministre Fleury fut même obligé de rendre un arrêté pour laisser des places libres autour de la reine lors des représentations théâtrales afin que celle-ci ne soit pas cachée par ses voisines trop volumineuses !   

( 11 mai, 2014 )

La Roche Bernard sous la révolution

Un petit document sur le passé d’une cité bretonne, La Roche Bernard (Morbihan).

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Le député Lakanal est chargé d’un rapport sur le cas de Joseph Sauveur et de Le Floch. Il demande que la cité soit rebaptisée.

Petit rappel des faits: Les  15 et 16 mars 1793,  6000 Chouans envahissent la cité mal défendue de la Roche Bernard. Leur objectif est simple, s’en prendre à tous les symboles de la révolution. Ils allument alors un bûcher et y brûlent les archives publiques, le mobilier du tribunal ainsi que l’Arbre de la Liberté.Deux chefs républicains sont alors emprisonnés par les « vendéens », Le Floch du Cosquer et Joseph Sauveur. Le premier fut tué alors qu’il tentait de s’échapper. Joseph Sauveur est conduit en dehors de la prison et emmené au milieu des halles ou les Chouans lui ordonnent de crier « Vive le Roi! ». Il répond alors en bon républicain « Vive la Nation, vive la République! ». Il reçoit un premier coup de pistolet au visage qui ne lui fait que brûler la peau. Le captif est ensuite emmené plus loin dans la ville. Là il reçoit les plus barbares sévices, coups de pistolet, on lui coupe les doigts et face à son refus de prêter serment au Roi et à Dieu, on le traîne  près d’un fossé où il a ces dernières paroles : « Mes amis, achevez-moi, ne me faites pas languir. Vive la Nation ! ». À ces mots, les Chouans l’achevèrent. En l’honneur de ce dernier, la ville sera rebaptisée La Roche-Sauveur de 1793 à 1802. Après leur passage dans la ville, les Chouans se dirigent ensuite vers Guérande suite à l’appel de Thomas Caradeuc. Le document ci -dessus nous montre le décret Lakanal pour le changement de nom de la Roche bernard et nous donne un récit des faits.

( 10 mai, 2014 )

Propheties perpétuelles !

« Éleveurs ou céréaliers… Toute la profession est touchée par les intempéries. Les parcelles sont impraticables. La note risque d’être salée pour les agriculteurs… ». Ces phrases sont couramment utilisées dans nos journaux et nous ne sommes plus surpris de les relire année après année. Et si nous pouvions prédire le temps qu’il fera en 2015, en 2016… C’est certainement pour cette raison que les « prophéties de Thomas joseph moult » connurent un tel succès. De très nombreuses éditions de colportage de ce titre jalonnent le 18ème s. Je ne vous lirai pas les « prédictions particulières » qui concernent justement le temps, l’abondance des moissons, des vendanges… mais les « prédictions générales » qui concernent les grands événements du monde occidental, le « monde chrétien ».Celles-ci vont jusqu’en 2024 ! et certaines pages de titre mentionnent même: « vérifiées par Nostradamus ». C’est vous dire le crédit qu’elles pouvaient avoir!

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( 9 mai, 2014 )

la Marseillaise de Rouget de Lisle

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Édition de l’Almanach des muses contenant la première édition du chant de guerre pour l »Armée du Rhin : HYMNE DES MARSEILLOIS écrit par le citoyen Claude-Joseph ROUGET DE LISLE .

 

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(noter la coquille « aux asmes, citoyens..; » sur le dernier couplet!) 

 

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La récente acquisition de cet exemplaire de l’Almanach des muses de l’année 1793 et la diffusion récente d’une émission consacrée à la marseillaise par Franck Ferrant sur Europe 1 m’a incité à écrire cet article (cette émission avait comme invité Guillaume Mazeau, spécialiste de la révolution Française). Cet article s’inspire très largement de cette émission.

Ce chant pour l’armée du Rhin (parole et musique) fut officiellement écrit par Mr Rouget de Lisle (capitaine du génie) dans la nuit du 25 au 26 avril de l’année 1792, suite à une demande de Mr le baron de Dietrich, Maire de Strasbourg, qui constatait que l’armée révolutionnaire ne possédait pas d’hymne capable de galvaniser et de rassembler les troupes, puisque nous venions de déclarer la guerre le 20 avril aux Autrichiens, afin de défendre la patrie en danger. D’ailleurs le texte dit bien « marchez !», c’est un ordre.

Il s’agit bien d’un chant de guerre.

Je dis « officiellement » car une controverse existe sur la paternité réelle de la musique par Rouget de Lisle. Certaines parties de la mélodie seraient antérieures (d’autres musiciens comme Alexandre Boucher mais surtout  Jean Baptiste Grisons pourraient en être les auteurs). Les paroles mêmes seraient inspirées des clubs de Strasbourg, des mots et des formules du langage révolutionnaire.

Il est fort probable que Rouget de Lisle ait puisé tant pour la musique que pour les couplets, d’airs et de paroles circulant à son époque. Quoi qu’il en soit, il fallait un chant de circonstance et le résultat est concluant.

Ce chant est interprété d’abord à Strasbourg, puis repris par les soldats républicains de Marseille le 10 août 1792 au moment de l’insurrection des Tuileries (d’où la Marseillaise). Le chant,  mis en scène et enseigné sur les places publiques accompagnait les grandes fêtes civiques et fut même chanté à la tribune de la Convention… Bref, il devient le 26 messidor de l’an III  (1795) l’hymne national.

 

La Marseillaise fut ensuite interdite sous l’Empire et la Restauration puis remise à l’honneur en 1830 sous Louis-philippe (orchestration de Berlioz). Néanmoins, la Marseillaise ne fut reconnu officiellement qu’en 1879, puisque à l’issue des élections de 1871, le gouvernement de Thiers, était trop conservateur pour reconnaître cet hymne comme national. Le gouvernement de Mac-Mahon, considérant ce chant comme blasphématoire, proposa même un nouvel hymne intitulé Vive la France de Charles Gounod, interprété en place des Tuileries en juin 1878. L’hymne fut patiemment écouté et un cri surgit : « La Marseillaise !». Les musiciens chargés de jouer le nouvel hymne s’exécutèrent à cette demande et le peuple chanta l’hymne révolutionnaire.

Après sa seconde officialisation, les cendres de Rouget de Lisle sont transférées au Panthéon. En pleine guerre mondiale, Raymond Poincaré déclare « Dans la genèse de notre hymne national, nous trouvons à la fois un splendide témoignage du génie populaire et un exemple émouvant de l’unité française ».

 

Revenons à la symbolique du chant de Rouget. La Marseillaise est bien faite pour mobiliser, rassurer les soldats qui vont s’enrôler et engager leur vie pour la défense de la liberté et de la patrie. N’oublions pas qu’à cette époque, l’on chante beaucoup et que la culture orale est très présente. Beaumarchais ne fini-t-il pas son mariage de Figaro par la phrase: «En France, tout finit par des chansons », mais aussi et surtout, tout commence par des chansons et des satyres, notamment en période de révolte.

Les chansons « ça ira » et « la carmagnole » constituent d’autres exemples de chants rassembleurs. Il est juste de reprocher à la Marseillaise son coté belliqueux, mais c’est sa raison d’être ! En 2014, la révolution nous semble bien étrangère, mais il ne faut pas oublier qu’une grande partie de l’Europe voulait « faire la peau » à la révolution Française.

Cet hymne n’est pas neutre, il traduit un moment spécifique de l’histoire, il vient du peuple et non d’un grand compositeur, en effet Rouget de Lisle n’en était pas un.

 

Pourtant, notre époque n’est pas exempte de violence, à laquelle le téléspectateur est confronté chaque soir en regardant le journal TV, mais cette violence est souvent lointaine, par écran interposé, hors de nos frontières, alors qu’au 18ème Siècle, elle était quotidienne et dans la rue. Il suffit de se remémorer le sort du pauvre boulanger parisien en 1789 (voir « les révolutions de Paris » dans la catégorie XVIII e- révolution-).

Néanmoins cet hymne a résisté et est considéré comme un élément du patrimoine, au même titre que nos châteaux ou la tour Eiffel et contrairement à d’autres pays, nous le connaissons tous, au moins en ce qui concerne le premier couplet et le refrain. Et bien que la plupart des Français semblent se reconnaître en cet hymne, chanter le reste serait déjà beaucoup plus hasardeux.

De ces passages qui font réagir, on retient surtout le fameux « sang impur » qui est du reste au centre des incompréhensions de la Marseillaise. On peut penser que si le sang des ennemis est impur, c’est le sang des étrangers qui l’est et on voit se dessiner des idéaux racistes derrière ces paroles. Les révolutionnaires ne pouvaient pas penser en ces termes car le racisme tel qu’on l’entend aujourd’hui n’existait pas. Le sang impur est celui de ceux qui soutiennent les tyrans, les despotes, sans aucune dimension biologique.

Le sang pur est celui des vertueux, l’ennemi est bien le despotisme et les paroles brutales sont tournées contre un joug qui a tenu le peuple en esclavage pendant des siècles. La prise de la Bastille est l’un des symboles de cette guerre contre la tyrannie et l’autorité absolue d’un monarque.

Ce  chant national, dont les paroles sont certes en décalage avec notre temps, nécessite des explications pour être transmis aux nouvelles générations. Les termes sont parfois difficiles à comprendre : « Contre nous de la tyrannie », « Que veut cette horde d’esclaves, de traîtres, de rois conjurés ». Le style du langage, le registre lexical spécifique du néo-classicisme, tout droit sorti de la révolution, le retour à l’antique (avec ses « esclaves », ses « barbares ») n’est pas toujours facile à saisir à notre époque.

Certains couplets sont moins belliqueux, comme le cinquième couplet qui engage les soldats Français à être magnanimes envers leurs ennemis : « François, en guerriers magnanimes, portez ou retenez vos coups ; épargnez ces tristes victimes à regret s’armant contre vous… ».

 

Durant la première guerre, la Marseillaise était déjà sujette à des critiques. Certains préférant l’Internationale comme le Parti Communiste Français qui va rejeter la Marseillaise jusqu’en 1934. La seconde guerre mondiale redonnera une seconde jeunesse à notre hymne. Il sera chanté dans les camps et  parfois aux poteaux d’exécution par défi contre les bourreaux. Ses origines historiques resurgissent alors par leur coté révolutionnaire mais aussi rassembleur des peuples. Lorsqu’un président, Valery Giscard d’Estaing, sous-estimant l’attachement des Français à son hymne originel, voulut le réformer et changer son rythme, il se heurta au conservatisme d’une Nation. La première représentation connut un tollé général.

Ces anciennes constructions identitaires telles que les chants, les drapeaux …semblent parfois désuètes, et la guerre sur notre territoire une lointaine affaire. Il s’ensuit une envie de rire, de désacraliser, de mettre à distance cet hymne national, d’en changer les paroles, voire de le remplacer. Chacun se fera une idée sur la chose…

( 8 mai, 2014 )

oeuvres de Regnier

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Sur ce livre de 1729 des œuvres de Mathurin Regnier (poète du début du 17ème siècle contemporain de Malherbe), les vignettes à la gloire d’Henri IV et les lettrines sont d’Antoine Humblot (d.1758).

La vignette au service du texte 

Dans cette édition in Quarto de 1729, le Discours au roy de l’épitre I de Mathurin Regnier (publié initialement en 1608), loue Henri le grand (Henri IV) pour avoir éliminé le parti de la ligue (parti des Guise) et étouffé la guerre religieuse qui  ravageait le pays depuis le milieu du siècle précédent. 

Les deux images suivantes sont les deux parties de la vignette du début des Epistres:

Sur la vignette, on voit le roi à droite avec à ses genoux une allégorie de la France (avec son manteau fleurdelisé). L’égalité (avec la balance) représente la tolérance envers les deux religions, catholiques et protestante, et leur égalité. 

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A gauche, la ligue, représentée sous les traits d’une vieille femme, est au sol, accompagnée de monstres (la guerre) repoussés  de la main gauche par la « France ».

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Ici, la vignette introduit le texte autant qu’elle le résume.

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( 7 mai, 2014 )

Pierre Nicole

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Le Traité de la Comédie de Pierre Nicole est un texte majeur de l’esthétique classique.

Œuvre de combat, il tient sa place dans la vaste offensive contre le théâtre déclenchée en France, pendant la décennie 1660-1670. Mais parmi tous les pamphlets qui alimentent à l’époque classique la « querelle de la moralité du théâtre », ce traité tranche par ses références, par sa relative sérénité, par son désir explicite de renouveler les termes du débat.

Il constitue, dans la famille d’esprit augustinienne, une des contributions les plus abouties à une théorie de l’image et de la représentation

( 5 mai, 2014 )

Les amours du chevalier de Faublas- gravures d’après Marillier- 1798

Les Amours du chevalier de Faublas sont un roman-mémoires publié en trois parties par Jean-Baptiste Louvet de Couvray.

Il s’agit des aventures amoureuses d’un jeune provincial installé dans la capitale avec son père et sa sœur.

-Une Année de la vie du chevalier de Faublas paraît en 1787

-Six semaines de la vie du chevalier de Faublas en 1788

-La Fin des amours du chevalier de Faublas en 1790

Les quelques gravures suivantes sont réalisées d’après Marillier (Clément-Pierre), illustrateur  français qui a produit de nombreux dessins pour la gravure de livres. On retrouve le même style dans les illustrations du « Le Cabinet des fées » (voir la catégorie XVII e-Perrault Charles).

 

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( 5 mai, 2014 )

Privilèges, permissions, censures et approbations

Permissions, approbations, privilèges, censure avant la Révolution française : l’édition sous contrôle

Le privilège (ou extrait de privilège) et l’approbation peuvent se trouver dans un livre à la fin des pièces liminaires ou sur le dernier verso du livre.

Il y a en matière de privilège un avant et un après « Révolution française ».

En ce qui concerne l’imprimerie typographique les autorités civiles et religieuses n’ont pas tardé à mettre leur nez dans ce qui était publié. L’imprimerie permettait en effet une multiplication rapide et à grande échelle des écrits. Il fallait contrôler l’ensemble, et pour cela il existe deux façons d’intervenir : accorder à l’éditeur un monopole sur un texte pour une durée limitée (le privilège) et la censure (avant avec l’examen du manuscrit et après publication).

Le Privilège du Roi, tout en accordant une protection contre la contrefaçon, permettait le contrôle du texte puisqu’il nécessitait une approbation des censeurs royaux (religieux ou laïcs selon le texte) pour être protégé. Le texte manuscrit était remis avec son approbation au Garde des Sceaux. De plus le privilège demandait à ce que l’impression se fasse dans “notre bon royaume”, en “bon papier & en bons caractères” et que deux exemplaires soient remis “dans notre bibliothèque publique” (le fameux dépôt légal). Le privilège assure un monopole sur l’ouvrage pendant un temps déterminé (théoriquement) mais il est souvent renouvelable. Cela au bénéfice des libraires parisiens, proches du pouvoir, même si en province les Parlements délivraient également des privilèges ou permissions.

deux privilèges dans des livres 16ème s.:

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La censure s’exerce principalement contre les critiques du Roi, du pouvoir royal, de l’Eglise et de la morale ; au 18e siècle sur les livres érotiques et les livres philosophiques (se réclamant des Lumières). L’approbation était obligatoire (1701 pour les livrets de plus de deux feuilles)  pour avoir le droit d’imprimer un texte. Relativement sobre l’approbation rappelle le titre de l’ouvrage et le nom de l’auteur accompagnés d’une formule type : “nous n’avons rien trouvé de gênant …”. Approbation et privilège doivent être présents dans le livre (au début ou à la fin).

La censure s’exerçait également après la publication de l’ouvrage. La police du livre était chargée de saisir les stocks des libraires écoulant des ouvrages prohibés ou contrefaits, de surveiller les transports de livres, les importations provenant de l’étranger… L’incriminé pouvait se retrouver avec une amende, la saisie de son fonds voire la prison. Les cas sont cependant assez rares, la rivalité entre la direction de la Librairie (qui accorde les privilèges) et la police et la justice (infractions) expliquant en partie cette inefficacité.

La censure entraîne la contrefaçon ou l’impression d’éditions interdites, qu’elles soient provinciales (Avignon) ou étrangères (Genève, Neuchâtel et sa Société typographique, les Provinces-Unies, Liège, Bouillon…), favorisées par une absence de législation internationale et une politique libérale en matière d’édition. La censure permet aussi à un livre condamné d’avoir un beau succès de librairie.

Deux voies étaient possibles pour un imprimeur-libraire qui désirait imprimer un livre : la voie légale (avec des variantes : approbation, privilège) et la voie illégale (fausse adresse…). La multiplication des éditions clandestines et des contrefaçons a conduit à la mise en place des permissions simples (1701, revue en 1777) puis des permissions tacites (1709) au début du 18e siècle.

La permission simple, mise en place à partir de 1701, moins chère qu’un privilège, est accordée aussi par lettres patentes de grand sceau, pour une durée de 3 ans (5 ans à partir de 1777).Elle n’accorde pas de privilège dans l’édition.

La permission tacite, elle, consistait à permettre officieusement l’impression d’un ouvrage en France, ou encore à fermer officiellement les yeux sur l’impression d’un ouvrage. Elle pouvait être accordée simplement oralement ou par écrit. Pour obtenir une permission tacite, il fallait faire lire le manuscrit par la censure, au rapport de laquelle le directeur de la librairie était censé connaître son contenu. Le livre était alors publié généralement sans nom d’auteur et portait en principe sur la page de titre un lieu fictif de publication, hors de France : le but était que le livre ressemble à un livre clandestin, afin que le gouvernement ne soit pas tenu pour responsable des idées qu’il pouvait contenir. La permission tacite n’apporte aucun monopole dans l’édition bien sûr !

Face à une situation catastrophique dans les années 70, où les contrefaçons et les importations de l’étranger sont légion, le pouvoir royal décide d’améliorer l’état de l’imprimerie en France. L’arrêt du 30 août 1777 du Conseil d’État du Roi “portant règlement sur la durée des privilèges en librairie” met fin à la perpétuation des privilèges : un imprimeur peut alors imprimer librement les anciennes éditions non augmentées si le privilège est expiré et l’auteur mort. Une permission simple (remaniée) est alors accordée moyennant finances et sans garantie de non-concurrence (pas de privilège). La durée des nouveaux privilèges est aussi limitée à 10 ans maximum. Une mesure qui ne fut pas très efficace contrairement à la légitimation des contrefaçons, arrêt rendu le même jour que celui sur les privilèges.

La Révolution française viendra bouleverser tout cela en 1789.

L’approbation du roi, des censeurs ou des théologiens, selon le sujet du livre:

Les livres étaient soumis en France à la censure, notament de la faculté de théologie de la Sorbonne. Un ou deux censeurs vérifiaient la conformité de l’ouvrage avec la doctrine catholique . Leur avis était imprimé en tête de l’ouvrage.Pour  le livre « De la fréquente communion » d’Arnauld , 20 pages d’approbations diverses, en plus du privilège se trouvent en début de livre!!

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( 1 mai, 2014 )

Mirabeau (père)

En 1756, débute la parution de l’Ami des hommes ou Traité sur la population : l’ouvrage va contribuer à la renommée de son auteur. Économiste politique, il paraphrase en partie François Quesnay et ses amis de l’école des Physiocrates, mais ce livre a été vraiment écrit avant que le marquis fasse la connaissance du médecin de Madame de Pompadour. D’après l’auteur la vraie richesse ne consiste que dans la population. Or la population dépend de sa subsistance, et la subsistance ne se tire que de l’agriculture. Ainsi pour ce physiocrate convaincu, tout dépend de l’agriculture : elle reste le premier des arts. Mirabeau se range derrière l’idée que Plus vous faites rapporter à la terre et plus vous la peuplez. La cinquième partie est datée de 1760. La sixième partie de l’Ami des hommes contient d’ailleurs l’explication de Mirabeau du Tableau économique de François Quesnay, qui n’avait connu jusqu’alors que de très petits tirages. 

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( 1 mai, 2014 )

Oeuvres de Buffon- edition de 1799- Sonini

Charles-Nicolas-Sigisbert Sonnini de Manoncourt est un naturaliste français. A ce titre, il entreprend une nouvelle édition de l’Histoire naturelle, avec un 1er volume edité en juin 1799, et le 127e en 1808, avec les additions de Buffon (de différentes époques) et ses découvertes particulières, avec en plus de multiples observations, soit l’entreprise sans doute la plus vaste après l’Encyclopédie, dans une bibliothèque très complète sur le sujet. Il intègre dans cette suite de l’œuvre de Buffon, l’Histoire naturelle des Poissons (1798-1803) et l’Histoire naturelle des Cétacés (1804) comprenant les parties qu’il avait rédigées pour Lacépède. On lui doit indépendamment une Histoire naturelle des Reptiles (1802).

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Deux pages de titre du premier tome de l’édition de Sonini, l’une pour 1799 (juin) l’autre pour 1800. les trois premiers tomes comprennent « les Epoques de la nature » et les Discours sur les « théories de la terre ».Le premier volume est orné des gravures suivantes:

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