( 30 juin, 2014 )

A la recherche de l’auteur caché…

Le superbe pamphlet « De L’encyclopédie » (de Voltaire) raconte comment une conversation entre le roi Louis XV et ses convives concernant la chasse, provoque un questionnement à propos de la constitution de la meilleure poudre à canon.

Chacun y va de sa composition personnelle et Le duc de La Vallière, mieux instruit, soutient que pour faire de bonne poudre à canon il fallait une seule partie de soufre et une de charbon, sur cinq parties de salpêtre bien filtré, bien évaporé, bien cristallisé.Mme de Pompadour regrette de ne connaître la composition du rouge qu’elle se met sur mes joues.

Sur ces interrogations, le duc de La Vallière, se désole que Sa Majesté leur ait confisqué les dictionnaires encyclopédiques, qui du reste, leur ont coûté fort cher. Le roi justifia sa confiscation : il avait été averti que les vingt et un volumes in-folio (de l’Encyclopédie), qu’on trouvait sur la toilette de toutes les dames, étaient la chose du monde la plus dangereuse pour le royaume de France; et il avait voulu savoir par lui-même si la chose était vraie, avant de permettre qu’on lût ce livre. Il envoya sur la fin du souper chercher un exemplaire par trois garçons de sa chambre (l’ensemble comporte 17 volumes de texte et 11 volumes de planches).

On vit à l’article Poudre que le duc de La Vallière avait raison ; et bientôt Mme de Pompadour apprit la différence entre l’ancien rouge d’Espagne, dont les dames de Madrid coloraient leurs joues, et le rouge des dames de Paris. Elle vit comme on lui faisait ses bas au métier ; et la machine de cette manœuvre la ravit d’étonnement.

« Ah ! le beau livre ! s’écria-t-elle. Sire, vous avez donc confisqué ce magasin de toutes les choses utiles pour le posséder seul, et pour être le seul savant de votre royaume ? »

Comme le montre ce libelle, l’Encyclopédie est véritablement un état des lieux des connaissances du milieu du 18ème siècle.C’est l’objectif premier des auteurs.

Elle est une œuvre magistrale et collective ou plus de 150 auteurs rédigèrent des articles selon leurs compétences. Chaque article de l’Encyclopédie est ponctué par une ou plusieures lettres indiquant le nom de l’auteur. Dans le premier et septième tome de notre exemplaire (édition Pellet de Genève-1777), on trouve deux listes d’auteurs accompagnés de leur différent (symbole). Je vous propose d’essayer de les retrouver. J’ai choisi les écrivains les plus célèbres (et d’ailleurs, tous n’avaient pas de lettre particulière pour signer leur(s) article(s).  A votre avis, qui se cache derrière les lettres ou signes suivants (un indice sera donné pour aider). Les sept premiers sont faciles, mais les suivants…..

-  (O) indice: l’auteur du discours préliminaire                                            

-  (o)  indice: mathématicien célèbre pour sa réforme du système éducatif.  Il est originaire de Noyon (Somme)                                                        

-  (S)  indice: se brouille avec les philosophes après  1757 .                                                       

-  (J.B.) indice: membre de la plus célèbre famille de mathématiciens  

-  (I)  indice: principal collaborateur de Buffon dans son Histoire Nat.

-  (*) au commencement de l’article.  indice : le maître d’oeuvre            

-  (D.J.)  indice: l’auteur du plus grand nombre d’articles                     

-  (-)   indice: philosophe d’origine Allemande (géologie, métallurgie…)                                            

-  (VDF) indice: Economiste et financier                           

-  (F) indice: Grammairien                                   

-  (A) indice: Auteur de plus de 4000 articles de droit                               

 Les résultats se trouvent dans les deux photos suivantes :

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(deux ne figurent pas sur la photo,  (-)   : baron d’Holbach et   (VDF) :  de Forbonnais)

( 30 juin, 2014 )

Papiers marbrés

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On les voit à chaque fois que l’on ouvre un livre sans forcément y prêter attention, ce sont les pages de garde en papier marbré. D’un livre a l’autre, on ne perçoit pas toujours les nuances dans le décor du papier, pourtant ils sont tous différents.

Le principe de la fabrication du papier marbré est celui de l’empreinte par transfert de couleurs. Pour fabriquer ce type de papier, l’artisan remplit une cuve avec de l’eau épaissie par une gomme hydrosoluble qui permettra aux couleurs de flotter en surface. Le marbreur dépose ensuite sur ce bain des gouttes de peinture à l’huile ou à l’eau. La façon de déposer les gouttes puis de les travailler avec des peignes, des outils pointus pour tirer la peinture, permet d’obtenir différentes familles traditionnelles de motifs : le marbré simple (avec ses volutes), l’Annonay, le zigzag, la plume de paon, l’œil de chat, le peigné (large, fin, ondulé coquille ou chevron), le marbré à fleurs, à fleurons, à tourniquets, le marbré d’Allemagne, l’agate, le placard, le montfaucon, le caillouté…    

Voici un petit éventail de papiers marbrés tous fabriqués au 18ème siècle:

papiers marbrés
Album : papiers marbrés

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( 29 juin, 2014 )

L’apprentissage des fables de la Fontaine

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Dans la préface de ses fables, La Fontaine s’exprime ainsi :

« Esope (lui-même auteur de fables dans l’antiquité) souhaite que les enfants sucent ses fables avec le lait, il recommande aux nourrices de les leur apprendre car on ne saurait s’accoutumer de trop bonne heure à la sagesse et à la vertu. Plutôt que d’être réduit à corriger nos habitudes, il faut travailler à les rendre bonnes, pendant qu’elles sont encore indifférentes au bien ou au mal. Or, quelques méthodes y peuvent contribuer plus utilement que ces fables ? Dites à un enfant que Crassus allant contre les Parthes, s’engagea dans leur pays, sans considérer comment il en sortirait : que cela le fit périr, lui et son armée…  Dites au même enfant que le renard et le bouc descendirent au fond d’un puit pour y éteindre leur soif ; que le renard, s’étant servi des épaules et des cornes de son camarade, comme d’une échelle, et qu’au contraire, le bouc y demeura, pour n’avoir pas eu tant de prévoyance, et,  par conséquent, qu’il faut en toute chose considérer la fin. Je demande lequel de ces deux exemples sera le plus impressionnant sur cet enfant ; ne s’arrêtera-il pas au dernier comme plus conforme et moins disproportionné que l’autre à la petitesse de son esprit ? »

Les gravures de cette édition de 1776 (Bouillon), sont gravées d’après les célèbres dessins d’Oudry.

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A comparer avec les gravures de gustave Doré pour les fables sur le lien suivant:

http://www.lafontaine.net/illustrations/illustrations.php?artiste=dore2

lien pour lire les fables de la fontaine: http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/fables.htm

( 26 juin, 2014 )

BLASONS

Quelques blasons peints tirés des alliances généalogiques des princes et rois de France de Claude Paradin (1561-Lyon).

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Album : blasons 1561

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( 24 juin, 2014 )

Fausse adresse…

Un livre autorisé comporte le plus souvent en bas de page une adresse, qui mentionne le nom d’une ville, le nom d’un imprimeur (ou d’un libraire), voir un nom de rue ou d’enseigne.

Pour échapper aux poursuites et aux sanctions, il était courant  au 18ème siècle que les imprimeurs ou les éditeurs inscrivent en bas de leurs pages de titre de fausses adresses comme Londres, Amsterdam ou la Haye alors que les livres avaient été imprimés en France.

Le procédé était utilisé pour les contrefaçons, soit de livres interdits (contre la bonne morale), soit de livres dont les droits n’appartenaient pas à l’imprimeur (il n’avait dans ce cas pas de privilège royal). Les deux images suivantes illustrent ces deux cas. D’abord Diderot avec ses bijoux indiscrets (livre interdit de 1748, sans nom d’imprimeur, ni même d’auteur):

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(Le Monomotapa était l’empire du grand Zimbabwe du XV au XVIIème s)

Puis une édition d’Amsterdam de la Henriade de Voltaire (édition pirate):

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Le but de la manœuvre était simple, une fois l’ouvrage en circulation, il devenait pour les censeurs et les personnes chargées de contrôler les impressions beaucoup plus difficile de remonter à la source et de punir les fautifs.

On ne cherchait pas toujours à échapper aux censeurs royaux, mais aussi à cacher l’auteur lorsqu’il s’agissait de pamphlets, ou encore à se monter  tout simplement inventif , original ou sarcastique lorsqu’il s’agissait de joutes entre auteurs à coups de libelles.

Ainsi peut on croiser, dans la bataille que se livrèrent les  pro et anti-philosophes en 1760, des adresses qui ne manquent pas d’exotisme. Rappelons juste qu’en cette année sort une comédie, les philosophes (de Palissot),  qui attaque le parti des philosophes et que Rousseau et Diderot, sans être nommés, sont les premiers visés. Plusieurs écrivains prennent parti pour ou contre les philosophes au travers de leurs écrits.

Les philosophes manqués (d’André Charles Cailleau) porte l’adresse « A Criticomanie, chez la SATYRE, rue des bons avis, à la vérité »

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La lettre d’un original aux auteurs très originaux de la comédie très originale des philosophes imprimée sans permission porte l’adresse simple mais fausse de « A Berlin ».

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Le Discours sur la satyre contre les philosophes (de l’abbé Coyer) porte « A Athènes, chez le libraire anti-philosophe ».

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Et enfin le philosophe, ami de tout le monde (de Charles-Pierre  Coste d’Arnobat,) porte « A Sophopolis, chez le pacifique, à la bonne foix ».

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Autre fausse adresse célèbre, celle de Dublin pour les liaisons dangereuses de 1784:

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( 22 juin, 2014 )

La fin d’un monde…

Le  retour de la comète de 1264. 

A nouveau, je fais référence au « Vrai double Matthieu Laensberg » à propos d’un court texte sur le retour d’une comète, la « fameuse» grande comète de 1264, qui selon l’almanach devrait réparaître à la fin de l’année 1848, et au début de 1849.

Cet article (voir photo) me fait penser à deux auteurs de la fin du 17ème siècle qui ont, en leur temps, attaqué les superstitions et les préjugés en général et plus particulièrement ceux liés au passage d’une comète.

La comète  de 1680 (voir catégorie XVII e- sciences) donne à Fontenelle l’idée d’écrire une comédie, publiée en 1681, qui préfigure déjà les luttes des philosophes contre les superstitions au 18ème siècle.

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Album : La comète- 1681

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Cette satire contre l’obscurantisme fait de M. de la Forêt un incrédule qui rejette et attaque un à un les arguments d’un l’astrologue, à propos de l’influence des planètes sur la destinée humaine. Comme dans l’histoire des oracles, Fontenelle raille le pédantisme du langage de l’astrologue et son utilisation à outrance de mots en « tion », pour faire plus scientifique.

Pierre Bayle avait également écrit ses « pensées diverses» suite au passage de la comète de décembre 1680.

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Dans sa préface, alors qu’il est professeur à sedan, il constate ceci : «Je rassurais autant qu’il m’était possible ceux qui s’inquiétaient de ce prétendu mauvais présage, mais je ne gagnais que peu de choses par les raisonnements philosophiques ; on me répondait toujours que Dieu montre ses grands phénomènes, afin de donner les temps aux pêcheurs de prévenir par leur pénitence  les maux qui leur pendent sur la tête »

Pour revenir à notre comète de 1264, l’almanach nous annonce que, selon Roger Bacon, elle est soumise à la planète Mars, qu’elle est donc de nature guerrière, et elle menace le monde (une fois n’est pas coutume). Rappelons que Bacon était un philosophe, alchimiste et astrologue anglais du 13ème siècle, donc qui a certainement vu la grande comète en 1264.

C’est dans l’explication des caractères suivants que le savant astrologue a trouvé ces paroles prophétiques :

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(Certains symboles d’ailleurs peuvent faire penser à des signes similaires sur le talisman de cathrine de Médicis)

L’auteur annonce des bouleversements, batailles, et même la fin du monde (on y vient enfin), mais en fait, seulement la fin d’un monde, celui d’une certaine organisation politique et gouvernementale. Et en y réfléchissant bien, 1848, c’est bien une année  révolutionnaire, avec chute du dernier roi et retour de la république…ils sont trop forts ces astrologues…

Cette formidable « planète » fait son tour tous les 294 ans, et la dernière fois c’était en… 1559… (je ne l’ai pas encore mentionné, mais l’almanach en question est pour l’année 1849) et alors là, inutile de vous rappeler que déjà Nostradamus avait prédit la fin du roi Henri II dans un tournoi.

A propos encore d’astrologie, cet almanach fait référence dans d’autres prédictions au fameux Thomas Joseph Moult ainsi qu’à Eustache Le Franc.

Bref pour finir, si j’ai tendance à dire que ces prédictions sont d’un autre temps, elles ne le sont pas tant que cela, vu leur constance dans les journaux, au fil des temps, même moderne…rappelez vous des dernières « fin du monde » en 1999 ou en 2013!

( 22 juin, 2014 )

La légende du roi Midas

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Cette page de titre monumentale est décorée de gravures sur bois (ici peintes) sur son pourtour. Ce grand encadrement est dit historié, car il raconte une histoire et fait référence ici à une légende grecque, celle de Midas.

Ce « cadre au  Midas » est réalisé pour la première fois en 1548, par un artiste Lyonnais, Bernard Salomon, collaborateur de Jean de Tournes pour l’illustration les livres qu’il imprime. Il fut ensuite repris pour diverses œuvres. Il encadre aussi bien le titre des œuvres du juriste Jean Papon, que la chronique de Savoie, ou encore cet ouvrage sur l’héraldique des rois et princes de France de Claude Paradin (1561).

Cette légende grecque, reprise par Ovide à l’époque Romaine (Livre XI des Métamorphoses), raconte l’histoire du roi Midas, qui aurait été appelé pour juger un concours de musique entre Apollon, joueur de lyre et Marsyas (Pan) joueur de flûte. Midas ayant été l’élève d’Orphée, ses talents en musique justifient cette demande d’arbitrage.

Alors que les muses, qui jugent également, désignent Apollon vainqueur, Midas donne Marsyas vainqueur. Apollon, pour se venger, châtie Midas de sa « stupidité » en l’affublant d’oreilles d’âne et condamne Marsyas à être écorché vif pour avoir osé le défier dans cet exercice musical.

Explication de l’encadrement :

Au fronton (en haut), Apollon félicité par Tmole à gauche (dieu de la montagne où à eu lieu le concours) et les muses (de chaque côté).

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Sur la frise de droite, Marsyas, aux pattes de satyre, est puni de sa démesure et est écorché vif par Apollon. Un autre personnage, que je n’arrive pas à déterminer, est aussi enchainé avec la flûte à ses pieds.

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En bas de l’encadrement, Midas avec ses oreilles d’âne, châtié de son mauvais jugement, et entouré de deux ânes.

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( 20 juin, 2014 )

Les rébus

Les rébus ne sont pas une  invention moderne. Dans les Mémoires de Trévoux, en  1701, le rébus est défini ainsi: « C’est une figure énigmatique composée de peintures ou de lettres, lesquelles par leur action, par leur arrangement, par leur nombre, par leur couleur, ou autrement, expriment un mot, un nom, un sentiment ou quelque autre chose. Par exemple, pour signifier Vieux parchemin (par chemin), on dessine un vieillard qui chemine appuyé sur son bâton. »

Très  populaire en France dès le Moyen-Âge, on retrouve le rébus dans les blasons, ce sont les armes parlantes (Celui de Ronsard à la Possonnière représente des Ronces ardentes), on le trouve dans les épitaphes, et font même l’objet d’ouvrages spécialisés (tels les Rébus de Picardie – fin XVe siècle). Ainsi, Etienne Tabouret  consacre aux rébus un chapitre dans les Bigarrures du seigneur des Accords. Ils se font plus discrets au 18ème siècle, mais le Rébus est redevenu florissant dans les publications du 19ème siècle.
Un almanach de ce siècle, nommé le « Vrai double Matthieu Laensberg », imprimé à Lille en contenait afin d’amuser ses lecteurs.

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Je vous présente quelques rébus, avec leur solution bien sûr. Ceux-ci furent imprimés dans les almanachs de 1835 et 1839:

(les trois premières images forment le rébus n°1. Les deux suivantes ,le rébus n°2- la solution de ces deux rébus est dans la sixième image)

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(la solution des rébus suivants est dans la dernière image)

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( 15 juin, 2014 )

Vive la grêve !

Le syndicalisme avant l’heure !

 

Le nom de Griffarins viendrait du nom de l’imprimeur lyonnais Sébastien Gryphe dont vous voyez la marque sur la photo ci-dessous. La référence au griffon, emblème de cet humaniste proche de Rabelais semble assez évidente.

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(Tiré d’une édition de Flavius Joseph de 1555)

Les Griffarins regroupent des ouvriers liés aux métiers de l’imprimerie, comme les compositeurs, correcteurs…

Les Griffarins ont participé à la révolte de 1539, un des premiers conflits liés au travail en France. Cette première grève ouvrière éclate en avril 1539, sous l’influence notamment des Griffarins, et revendique une hausse des salaires pour les quinze heures de travail quotidiennes.

Durant quatre mois, aucune des imprimeries lyonnaises n’a fonctionné.

Face à l’échec des négociations avec les maîtres imprimeurs (patrons de l’époque), le sénéchal de Lyon fait éditer un arrêt qui dicte les droits et les devoirs des ouvriers typographes (Nourriture, jours de repos).

Les ouvriers reprennent le travail en juillet, et se lancent dans de longues négociations avec les maîtres imprimeurs jusqu’en 1542 afin de clarifier leur statut.

 

( 14 juin, 2014 )

Le Palais royal de Restif de la Bretonne

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Le « Palais-Royal », rédigé par Restif de la Bretonne de septembre 1789 à mars 1790, est une description d’un lieu  devenu, dans les dernières années de l’Ancien Régime, le centre de Paris. L’ouvrage que je vous présente sort en 1790 avec une adresse on ne peut plus vague , « Au palais Royal d’abord, puis Partout ». Cafés, salles de spectacles, jardins attirent les curieux, les amateurs de plaisirs divers et tout particulièrement de jolies femmes.

Madame Janus est une matrone bien particulière puisqu’elle « restaure » les vieillards grâce à ses « Sunamites», prostituées originales, puisque ces Sunamites sont de jeunes vierges qui couchent avec des vieillards pour leur redonner vitalité par le contact de leur corps et la fraîcheur de leur haleine. L’état de sunamite est provisoire puisqu’elles deviennent, selon leurs aptitudes, soit des« berceuses », soit des « chanteuses », ou encore des « converseuses ».Ce sont les histoires de ces converseuses qui forment le troisième volume. Leur corps n’est plus en jeu dans ces relations, seul compte leur esprit.

Dans l’état d’ « ex-Sunamites », les « berceuses » sont chargées d’endormir les vieillards par l’agrément de leur conversation, les « chanteuses » de soulager par la qualité de leur voix les maux de la vie, et enfin  les « converseuses »,  de faire de même par leur talent à raconter des histoires. Ces « ex-Sunamites », cessent d’être des filles publiques et deviennent des citoyennes.

Dans cette troisième et dernière partie, le Palais-royal devient un monde où la parole seule est  souveraine et devient Le remède à toutes les infortunes et les frustrations de la vie. Converser c’est conserver, raconter des histoires devient une fonction salvatrice. Il s’agit de la célébration de l’écrivain. Le vice  et la débauche du palais royal de l’ancien régime fait place à  la vertue et aux bonnes moeurs comme nous le montre le tout dernier paragraphe du livre (cf photo après la lecture).

Lecture du début du dernier volume:

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