( 22 juin, 2014 )

La fin d’un monde…

Le  retour de la comète de 1264. 

A nouveau, je fais référence au « Vrai double Matthieu Laensberg » à propos d’un court texte sur le retour d’une comète, la « fameuse» grande comète de 1264, qui selon l’almanach devrait réparaître à la fin de l’année 1848, et au début de 1849.

Cet article (voir photo) me fait penser à deux auteurs de la fin du 17ème siècle qui ont, en leur temps, attaqué les superstitions et les préjugés en général et plus particulièrement ceux liés au passage d’une comète.

La comète  de 1680 (voir catégorie XVII e- sciences) donne à Fontenelle l’idée d’écrire une comédie, publiée en 1681, qui préfigure déjà les luttes des philosophes contre les superstitions au 18ème siècle.

La comète- 1681
Album : La comète- 1681

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Cette satire contre l’obscurantisme fait de M. de la Forêt un incrédule qui rejette et attaque un à un les arguments d’un l’astrologue, à propos de l’influence des planètes sur la destinée humaine. Comme dans l’histoire des oracles, Fontenelle raille le pédantisme du langage de l’astrologue et son utilisation à outrance de mots en « tion », pour faire plus scientifique.

Pierre Bayle avait également écrit ses « pensées diverses» suite au passage de la comète de décembre 1680.

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Dans sa préface, alors qu’il est professeur à sedan, il constate ceci : «Je rassurais autant qu’il m’était possible ceux qui s’inquiétaient de ce prétendu mauvais présage, mais je ne gagnais que peu de choses par les raisonnements philosophiques ; on me répondait toujours que Dieu montre ses grands phénomènes, afin de donner les temps aux pêcheurs de prévenir par leur pénitence  les maux qui leur pendent sur la tête »

Pour revenir à notre comète de 1264, l’almanach nous annonce que, selon Roger Bacon, elle est soumise à la planète Mars, qu’elle est donc de nature guerrière, et elle menace le monde (une fois n’est pas coutume). Rappelons que Bacon était un philosophe, alchimiste et astrologue anglais du 13ème siècle, donc qui a certainement vu la grande comète en 1264.

C’est dans l’explication des caractères suivants que le savant astrologue a trouvé ces paroles prophétiques :

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(Certains symboles d’ailleurs peuvent faire penser à des signes similaires sur le talisman de cathrine de Médicis)

L’auteur annonce des bouleversements, batailles, et même la fin du monde (on y vient enfin), mais en fait, seulement la fin d’un monde, celui d’une certaine organisation politique et gouvernementale. Et en y réfléchissant bien, 1848, c’est bien une année  révolutionnaire, avec chute du dernier roi et retour de la république…ils sont trop forts ces astrologues…

Cette formidable « planète » fait son tour tous les 294 ans, et la dernière fois c’était en… 1559… (je ne l’ai pas encore mentionné, mais l’almanach en question est pour l’année 1849) et alors là, inutile de vous rappeler que déjà Nostradamus avait prédit la fin du roi Henri II dans un tournoi.

A propos encore d’astrologie, cet almanach fait référence dans d’autres prédictions au fameux Thomas Joseph Moult ainsi qu’à Eustache Le Franc.

Bref pour finir, si j’ai tendance à dire que ces prédictions sont d’un autre temps, elles ne le sont pas tant que cela, vu leur constance dans les journaux, au fil des temps, même moderne…rappelez vous des dernières « fin du monde » en 1999 ou en 2013!

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