( 20 août, 2014 )

Les armes qui parlent

En visitant le château de Chaumont sur Loire (41-Loir et cher), on peut contempler sur ses énormes tours  des bas reliefs qui représentent une montagne en flamme. 

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Il s’agit des armes parlantes de Chaumont, ou plutôt « Chauds monts ». Plusieurs personnages ou écrivains portent ainsi des blasons parlants.

En héraldique, on appelle « armes parlantes », les armes comportant des figures qui expriment plus ou moins complètement le nom du possesseur de ces armes. Ainsi le graveur Dürer a une porte représentée sur son blason familial. En effet, en vieil Allemand, Dür (ou même Dürer dans certaines régions) signifie «  porte ». En Allemand moderne, la porte se dit Die Tür.

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Notre poète Ronsard, Pierre de son prénom, a le même type d’armes parlantes, visibles sur la façade de la Possonnière. Des « ronces ardentes » pour Ronsard.

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Plus près encore de nous, Colbert, célèbre ministre de Louis XIV, a une couleuvre sur son blason, comme on peut le voir sur la dédicace du livre de Savary sur le commerce.

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En latin, couleuvre se dit « coluber », ce qui donne « colber » si on enlève le « u ».

Enfin pour terminer, le blason de la Lorraine, que je vous présente ici tiré du fameux livre Alliances généalogiques de Claude Paradin, représente trois oiseaux. Parmi les explications possibles, on aurait choisi ces oiseaux car «alérion» est l’anagramme de Loraine ou Loreina (ancienne orthographe de la contrée). Un alérion est un petit aigle stylisé utilisé en héraldique.

 

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( 16 août, 2014 )

Tableaux de maîtres sur l’histoire romaine

C’est une édition en 15 volumes sur l’histoire de l’ancienne Rome (dont l’auteur est Delisle de Sales),  truffée de gravures sur acier postérieures à la parution de l’ouvrage (les gravures sont des années 1830), qui me donne l’occasion de présenter des tableaux célèbres de grands maîtres des 16,17 et 18ème siècles. Les volumes sont non datés, mais doivent avoir été imprimés dans les années 1780. Dans l’ordre plus ou moins chronologique, on trouve des tableaux d’André del Sarte (peintre italien du 16ème s), Nicolas Poussin et Stella (Français du 17ème s), Luca Giodano, Cantarini ou Guido Cagnacci (Italiens du 17ème s), Fuger (Allemand de la fin du 18ème s), le célèbre David (Français de la même époque) et enfin Lethière et Léon Cogniet (Français du 19ème s).

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Bandeau de Papillon, maître de Nicolas Beugnet

dsc03387.jpg dsc03388.jpg Enlevement des Sabines par Nicolas Poussin et L.Giodano.

dsc03389.jpg Romulus et Tatius par David

dsc03390.jpg Numa par Cogniet

dsc03391.jpg Serment des Horaces par David

dsc03392.jpg Lucrèce et Tarquin par G.Cagnacci

dsc03393.jpg Brutus par Lethiere

dsc03394.jpg Brutus par Fuger

dsc03395.jpg meurtre de Lucrece par Cantarini

dsc03396.jpg mort de Lucrece par André del sarte

dsc03397.jpg Brutus après la condamnation de ses fils par david

dsc03399.jpg Clélie par Stella

Voyez la suite juste en dessous

( 15 août, 2014 )

Tableaux de l’histoire romaine .Serie 2

dsc03400.jpg virginie par Fuger

dsc03401.jpg Regulus retournant a Carthage par Camuccini

dsc03402.jpg Continence de Scipion par N.Poussin

dsc03403.jpg Marius par Drouais

dsc03404.jpg Marius par Coignet

dsc03405.jpg Jules César allant au sénat par Abel de Pujol

dsc03406.jpg Mort de cléopatre par Dominique Zampieri

( 14 août, 2014 )

Deux affiches d’indulgences de l’église catholique

Je ne suis pas un expert en droit canonique, mais voici ce que j’ai compris de l’état de pêché pour les Fidèles de l’église catholique. Deux affiches de la fin du règne de Louis XIV récement acquises me donnent l’occasion d’en parler.

Pour l’église catholique romaine (Pas pour les protestants qui sont nés de l’opposition de certains à cette pratique à l’image de Luther en Allemagne), une indulgence est la rémission (pardon des pêcheurs) totale (ou partielle) devant Dieu de la peine temporelle.  Alors me direz-vous, qu’est-ce que la peine temporelle. Là, ça se gâte! Le péché grave entraîne une double peine qui doit être pardonnée. L’acte même du péché sépare l’homme pêcheur de Dieu, c’est ce que l’église appelle la peine éternelle du péché (Si l’homme venait à mourir en cet état, il serait éternellement séparé de Dieu). En second lieu, tout péché a besoin d’une purification, et cette purification libère de ce qu’on appelle la peine temporelle du péché. C’est sur cette peine temporelle que jouent les indulgences.

-PREMIERE AFFICHE DATEE DE 1692:

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L’Église catholique mettra, suite à la Réforme, un frein aux abus les plus criants en matière d’indulgences (dénonciations de Luther). Néanmoins, la pratique perdure jusqu’à nos jours, encadrée d’abord par la Congrégation des indulgences, créée par Clément VIII (1592–1605) et intégrée à la curie romaine par Clément IX en 1669 – cette affiche date de Clément IX-.

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-SECONDE AFFICHE DATEE DE 1712:

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( 12 août, 2014 )

Esther pour Mme de Maintenon

Vous avez peut-être regardez hier soir l’émission de Stéphane Bern « Secrets d’histoire » sur l’ascension Madame de Maintenon. Stéphane Bern revient dans son émission sur l’histoire de la Maison Royale de Saint-Louis, ce pensionnat pour jeunes filles créé en 1684 à Saint-Cyr (Yvelines) par Madame de Maintenon (avec accord de Louis XIV, bien sûr). Celle-ci souhaitait la création d’une école (et non d’un couvent) destinée aux jeunes filles nobles et orphelines pour avoir perdu leur  père lors des interminables guerres de la fin du règne de Louis XIV.

Afin de compléter ce qui a été dit sur la comédie de Racine, Esther, jouée par les pensionnaires de Saint-Cyr, voici 2 albums photos des préfaces de l’édition donnée par  Luneau de Boisjermain (seconde édition de 1796).

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La première préface est celle des éditeurs de cette édition et revient sur l’histoire de la pièce et sur la maison de Saint-Cyr.

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Album : preface 1

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La seconde préface est celle que Racine a donné pour les éditions In 4 et in 12 de 1689.

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Album : preface 2

5 images
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( 11 août, 2014 )

Sept jours pour tout créer!

C’est la Semaine (ou la Création du monde), parue d’abord en 1578, qui apporte la renommée à Guillaume de Saluste, seigneur du Bartas, dit Du Bartas. Ce chef-d’œuvre de la poésie scientifique de la fin du 16ème siècle est un ouvrage didactique et descriptif directement inspiré de la Bible. En sept chants, il évoque la création du monde et fait le tour des connaissances contemporaines sur l’univers (cosmologie, médecine, zoologie). Son propos était de montrer la grandeur de Dieu à travers les merveilles de la création.

La Semaine paraphrase le début de la Genèse et retrace les sept « Jours » de la Création. Les naives vignettes qui  suivent illustrent ces moments de la création et sont issues d’une petite édition imprimée en 1583 chez Pierre Huet, à paris. L’artiste est inconnu.

Premier jour : Création de la terre, puis de la lumière, du jour et de la nuit.

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Deuxième jour : Création du firmament et du ciel.

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Troisième jour : Séparation de l’eau du sec et création de la mer et des continents. Création de la nature, des arbres et des fruits.

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Quatrième jour : Création des étoiles et des saisons.

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Cinquième jour : Création des poissons et des oiseaux, et de la procréation des animaux.

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Sixième jour : Création des animaux domestiques, des reptiles et des serpents.

Création du jardin d’Eden, du premier homme Adam à Son image à partir de la poussière, et de la première femme à partir de la côte de l’homme.

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Et le septième jour, dieu se repose tout de même !

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( 3 août, 2014 )

Ambroise Paré « De la génération »

Les gravures que je vous présente font partie du livre « De la génération » d’Ambroise Paré. (Ce livre est d’abord paru séparément en 1573, chez André Wechel à Paris, puis a fait partie des œuvres complètes après 1585).

 

Les premières (Photos 1, 2 et 3) montrent des fœtus d’enfants ou de jumeaux dans différentes positions, tête en bas, en siège, têtes bêches…

 

Deux choses me semblent intéressantes et amusantes dans ces premières gravures. D’abord, la représentation même de l’enfant dans le ventre de sa mère, qui paraît avoir déjà 2 ou 3 ans, et qui est caractéristique des illustrations d’enfants de cette époque. Ensuite, la place de l’enfant dans la matrice. L’enfant est certainement représenté au terme de son évolution intra-utérine, et pourtant, il semble avoir assez de place pour faire quelques brasses…

 

L’accouchement se fait longtemps en position assise, au lit, en tenue de jour. La position allongée ne se répand qu’au 18ème siècle. L’image n°4 représente une chaise d’accouchement. Les instruments que présente Ambroise Paré dans ses œuvres (ici dans une édition Parisienne de 1628, chez Buon) font froid dans le dos (voir la légende de la photo 7!), et si l’accouchement était dans les villages une affaire de femmes, on ne doit pas trop regretter ce coté familial et « chaleureux » de cet acte de délivrance. Regardez ces forceps et autres appareils d’extraction de l’enfant, vivant ou mort d’ailleurs… (Notons qu’à cette époque, les naissances hospitalières sont rares et ne concernent que les pauvres ou les filles seules. En tous les cas, l’hôpital n’était pas un centre de soins tel qu’on l’entend aujourd’hui, mais plutôt un lieu d’assistance et d’aide aux démunis. D’ailleurs, si environ 2% des femmes mouraient en couche chez elles, le pourcentage passe à 10 % dans les hôpitaux …et ne parlons pas de la mortalité des nouveaux-nés).

 

J’ai laissé la légende de chacune des gravures afin de comprendre l’utilité de chaque instrument.

 

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( 2 août, 2014 )

le dernier des mutins

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Vous connaissez tous l’histoire de la Bounty, grâce à la nouvelle de Jules Verne, parue en 1879, et au film de Lewis Milestone, sorti en 1962, avec le ténébreux Marlon Brondo.

Ce navire, la Bounty, chargé d’aller chercher  des arbres à pain à Tahiti puis de les emmener aux Indes Occidentales afin de nourrir les esclaves des planteurs, est commandé par William Bligh et prend la mer le 23 décembre 1787. Suite au comportement tyrannique du capitaine, Christian Fletcher (un officier) et une partie de l’équipage se mutinent en 1789 et après de multiples péripéties, les mutins se retrouvent finalement sur l’île de Pitcairn (Elle est située plus de 2000 Kms de Tahiti, en plein océan Pacifique, à mi-distance entre l’Amérique du sud et l’Australie).

La suite de l’histoire est moins célèbre. Ce n’est qu’en 1808 que le destin de ces hommes fut connu dans les journaux et notamment en France par cet exemplaire du Messager boiteux daté de 1824 (voir la catégorie XVIII e-Colportage -almanach pour d’autres images de cet almanch).

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Cette gravure nous montre John Adams (à gauche), dernier survivant des mutins, accompagné d’une femme (il en avait plus de 10 !)  découvert par les officiers du baleinier américain Topaz. (Le récit de John Adams ne paraîtra qu’en 1825)

Pour la petite histoire, cet homme posa les fondements d’une communauté pieuse, encore aujourd’hui présente sur l’île.

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Voici ce que nous dit le Messager boiteux à propos de cette découverte :

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