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( 29 octobre, 2014 )

Gravure à la manière du crayon

Dès 1735, les anglais Poud et Knapton utilisent des outils spéciaux pour obtenir une gravure reproduisant le dessin au crayon. C’est en 1757 que Jean-Charles François affirme devant l’Académie Royale de peinture avoir trouvé « un moyen susceptible de perpétuer les dessins des bons maîtres et de multiplier les exemples des plus belles manières de dessiner ». Les dessins de Watteau, Fragonard, Boucher furent reproduits selon cette méthode : l’un des graveurs d’interprétation étant Gilles Demarteau. Celui-ci pratique avec talent la gravure en manière de crayon, technique novatrice permettant d’obtenir en gravure, le rendu du dessin. Dans un souci didactique, il publie plusieurs cahiers comme celui qui vous est présenté (cahiers d’anatomie, de principes du dessin, de fleurs, d’études d’animaux, de trophées…) ainsi que des anatomies, permettant aux étudiants de s’exercer au dessin. Il vend et imprime ses estampes dans sa maison parisienne, située rue de la Peleterie, sous l’enseigne  » A la Cloche « . Sa production est considérable et son commerce lucratif. Son neveu, Gilles-Antoine (1756-1803), reprend ensuite ses affaires.

« La manière de crayon eut un très grand succès dans toute l’Europe ; elle fut par la suite supplantée par la lithographie qui lui retira la plus grande partie de sa singularité, en permettant la réalisation directe sur la pierre d’un véritable dessin. ».

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regardez le détail des gravures suivantes, c’est bluffant! 

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( 28 octobre, 2014 )

L’Emile de Rousseau- 1762

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Il y a 250 ans, Jean jacques Rousseau fait imprimer son ouvrage Emile ou de l’éducation (ou Emile est le prénom que Rousseau a choisi pour désigner l’élève). C’est d’abord un traité philosophique qui remet en cause l’éducation classique en vigueur en France depuis le 16ème siècle, avec comme matières principales, la philosophie et la rhétorique, et où la mémorisation par coeur  était au centre des méthodes d’apprentissage. Il commence à l’écrire vers 1758 alors qu’il est installé chez Louise d’Epinay, à l’Hermitage, non loin de la maison des oratoriens dans laquelle on formait les professeurs.

A cette époque, pour ses contemporains, Jean-Jacques est d’abord un homme de musique, auteur du devin du village, au succès important tant à la cour que dans toute l’Europe. Mais il s’est toujours intéressé à la formation de l’être, à l’éducation (Dès 1731, il est  précepteur). Au 18ème siècle, on redécouvre l’histoire, la géographie, les sciences avec la physique ou l’optique…mais l’enseignement reste toujours classique et basé sur la transmission verticale de savoir (du maître vers l’élève). Ce type d’éducation, Jean-Jacques la rejette. « Emile n’apprendra jamais par cœur » dit-il, il faudra qu’il fasse la découverte de ce qu’il saura. Peu de livres lui seront nécessaires. Il est vrai que dès son premier Discours en 1750, Rousseau rejette cette culture qui a perverti la société.

Le livre est condamné par le parlement et la Sorbonne, et brûlé en place publique. Rousseau doit s’exiler  et subir les attaques des philosophes français, Voltaire en tête. Seuls les philosophes Allemands s’intéresseront à ses théories. Kant parle d’une « surprenante nouveauté d’idées », et c’est là que survivra cet ouvrage, dans la recherche de son application , de sa mise en œuvre pratique.

 

 

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EXPLICATION DES CINQ GRAVURES DE L’EMILE (gravées d’après les dessins de Charles EISEN). Une gravure par livre (il y en a 5)

L’exemple le plus connu de traité sur l’éducation au XVIII e, est Emile ou de l’éducation de Rousseau. Après La Nouvelle Héloïse (1761), roman épistolaire de la famille idéale, l’Emile décrit une éducation idéale en marge des institutions. Les nombreuses illustrations des différentes éditions  montrent le réel engouement des artistes. L’éducation à la campagne, avec les paysans, est une source d’inspiration privilégiée pour les artistes proches des sujets de genre. Rousseau définit le cadre et donne aussi à de nombreuses reprises des exemples de situations concrètes d’éducation. Après le choix de Rousseau des allégories pour l’édition de 1762 (meme illustrations que celles présentées), les dessinateurs opteront pour des scènes de genre, plus proches du texte. Les scènes d’éducation peuvent s’insérer plus évidemment dans un contexte social. Néanmoins Rousseau éduque l’enfant non pour la société mais pour l’espèce : il faut se conformer en tous points à la nature. Ce sont les dessinateurs qui inscrivent les propos de l’auteur dans un contexte social, associant de ce fait les idées développées par Rousseau au milieu représenté. Ce qui a pour autre conséquence de les montrer en exemple, alors même que Rousseau dénonce leurs procédés éducatifs.

C’est dans l’Emile que se trouve la profession de foi du vicaire Savoyard, ou il fait l’éloge de la liberté de penser. Ses idées religieuses (déisme) sont condamnées, et notamment par Mr de Beaumont. Il lui répond dans une lettre:

♥ plaisir de lire:

Album comprenant l’arrêté du Parlement condamnant l’Emile:

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Album : emile

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( 27 octobre, 2014 )

La raison par alphabet (Dictionnaire philosophique)

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A partir de 1769, le dictionnaire philosophique prend le nom de « La raison par l’alphabet ». Cette édition date de 1773 ( la septième) et non 1763 comme l’annonce la page de titre (coquille ou erreur typographique)

En 1784, l’édition des œuvres complètes de Voltaire , éditée par Beaumarchais, donne un dictionnaire philosophique beaucoup plus vaste que l’édition originale de 1764, ou que les éditions des années suivantes.

Quelques exemples d’articles de l’édition de 1784:

Restauration de cet exemplaire:

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ouvrage sans couverture

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Pose d’un dos avec faux 5 nerfs. Le dos est réalisé dans une chute de vélin (acte notarié ici de 1584). Les faux nerfs sont en ficelle tressée.

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Son aspect parmi les autres livres.

 

 

Second volume dans une autre édition: 

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( 25 octobre, 2014 )

Leçon d’histoire de france avec les professeurs Henault et Cochin

Voici ce que l’on peut appeler une histoire de France sous forme de tableaux allégoriques. L’ensemble, gravé d’après les dessins de Charles Nicolas Cochin, forme la série de gravures de l’Abrégé chronologique de l’histoire de France jusqu’à la mort de Louis XIV (1744) de Charles-Jean-François Hénault d’Armorezan dit « le président Hénault ». Les gravures sont datées de 1765 à 1767 et le livre publié en 1768.

Les tableaux commencent avec Pépin le Bref, puis Charlemagne, etc…, et chacun est doté d’une légende explicative. Le petit jeu est de retrouver dans la gravure ce qui correspond aux commentaires. Ce n’est pas toujours évident. Exemple sur une gravure pour Charles IX:

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Les gravures sont photographiées en 2 millions de pixels. Vous pouvez les ouvrir dans une nouvelle fenêtre pour les aggrandir (clic droit).

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A partir de cette gravure, il n’y a plus de légende. A vous de comprendre la gravure des rois Henri III, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV.

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( 24 octobre, 2014 )

la cuisinière bourgeoise

La cuisinière bourgeoise est le »best-seller » de la littérature gastronomique du dix-huitième siècle, publié pour la première fois en 1746.

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« Certaines recettes sont admirables et nous ne saurions assez recommander le « gigot panaché » ou le « foie de veau à l’italienne » tels que le propose Menon (Gérard Oberlé, Les Fastes de Bacchus et de Comus, ou histoire du boire et du manger en Europe de l’Antiquité à nos jours, à travers les livres.)

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Je vous propose ces deux recettes et quelques autres :

 

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Album : cuisinière bourgeoise

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A propos d’un ex-libris qui se trouve sur le premier plat: » Ce livre appartient a monsieur Tavernier, receveur de l’enregistrement et des  imperial, à Moûtiers, département du Mont-blanc…28 février 1811″

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En 1811, la France comptait 130 départements. Il existait le département des Deux-Nèthes, des Forêts, du Léman ou encore du Mont-blanc .Le département français du Mont-blanc a existé de 1792 à 1815 et avait comme chef-lieu Chambéry. En effet, dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, les troupes françaises du général Montesquiou envahissent par surprise le duché de Savoie, dépendant alors du royaume de Sardaigne. La France crée alors ce département qui subira jusqu’en 1815 des variations géographiques au gré des événements. En 1800, la république crée des arrondissements: Annecy, Chambéry, Moûtiers (dont il est question dans l’ex-libris) et Saint-Jean-de-Maurienne.

Un traité du 20 novembre 1815 oblige la France à rendre à la Sardaigne la partie du duché de Savoie qu’elle avait annexée. La France supprime alors le département. Notre Ex-libris date de 1811 et le propriétaire était un fonctionnaire de l’administration de l’empire. Sa fonction était « receveur de l’enregistrement et des domaines impérial », ce qui correspond à  enregistrer les actes et les mutations de propriétés et à percevoir des droits financiers pour l’empire. 

( 20 octobre, 2014 )

Avis aux contrefacteurs

Au 18ème siècle, à l’époque des extraits que vous allez pouvoir lire plus bas, certains philosophes s’interrogent sur le fait de contrefaire un livre. L’Allemand Kant publie en 1796 Qu’est-ce qu’un livre et en 1785, De l’illégitimité de la reproduction des livres.

Il faut, dit-il, clairement définir en quoi les contrefacteurs font une infraction. Pour ce faire, il sépare l’éditeur légitime de l’illégitime (le contrefacteur) : le premier a la permission de l’auteur pour parler en public en son nom, le second pas (dans le livre contrefait, l’auteur parle au public en son nom mais passe par une tiers instance avec laquelle il n’a pas passé contrat). Celui qui perd de l’argent en se faisant contrefaire des livres  pour lesquels il a un privilège  en France (et seulement en France, c’est d’ailleurs le problème), c’est l’éditeur et non l’auteur. Car jusqu’en 1791, les droits d’auteur n’existent pas. Ils sont reconnus à cette date par l’assemblée constituante. Beaumarchais avait crée une société pour défendre les droits des auteurs dès 1777. On voit a quel point les vingt dernières années du 18ème siècle sont importantes pour les auteurs. D’ailleurs, la fin du  18ème voit l’ apparition d’un nouveau type de littérateur, l’auteur qui espère tirer sa subsistance de la valeur commerçante de ses reproductions.

Parmi les trois Avis aux contrefacteurs qui suivent, cris d’auteurs face à ces pilleurs d’oeuvre, le plus intéressant est celui de Restif de la Bretonne (le troisième).

1-Dans les comptes-faits de François Barrême (1755): 

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2-Avis en première page de l’édition de Lyon du Mariage de  figaro- 1785 (vous trouverez la page de titre de l’édition d’Amsterdam dont il est question dans cet Avis dans la catégorie « XVIII e-  Beaumarchais ».

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3-Avis contenu dans la sixième partie des Nuits de Restif de la Bretonne- 1788

il s’agit dun véritable cri adressé aux lecteurs. On peut faire un parallèle avec l’industrie du disque et les copies pirates sur internet.

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4-Avis dans l‘Avis au peuple sur sa santé de Tissot (1777).

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( 18 octobre, 2014 )

Les prothèses d’Ambroise Paré

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Les prothèses humaines sont attestées dès la plus haute antiquité. Au Moyen Age, celles-ci étaient soit des pilons soit des crochets, et avaient juste un but fonctionnel, l’esthétisme étant très secondaire. Seules les personnes aisées pouvaient s’offrir des appareillages plus sophistiqués. Souvent lourdes, encombrantes et pas toujours très fonctionnelles, elles faisaient partie de l’armure de certains chevaliers.

Au 16ème siècle, Ambroise Paré (1509-1590) met au point de nombreuses prothèses qu’il adapte sur le sujet après avoir ligaturé les vaisseaux après une amputation. Pour ce chirurgien du roi, c’est toujours la vision humaine de la médecine qui prévaut. Jamais ses patients ne sont réduits à des « assemblages d’organes ». Il s’agit de « porter à chaque individu une attention particulière et irremplaçable, une attention qui prenne en compte l’irréductible solitude de celle ou celui qu’on soigne ». C’est d’ailleurs pourquoi Ambroise Paré s’est particulièrement attaché à la conception de prothèses : « il proposait aux borgnes des yeux artificiels en or émaillé peints selon la couleur d’origine », « les nez, souvent tranchés dans les batailles et les duels, il en refaisait en or, en argent, ou en papier de linge collés ». Sans oublier les prothèses de mains, de bras, de jambes, dans lesquelles il excellait.

Le principe de ses prothèses, pilons articulés, et autres cuissards à pilon était encore utilisé au début du 20ème  siècle.

 Quelques gravures de réduction de luxation:

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( 15 octobre, 2014 )

La guerre des dictionnaires

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Je viens de trouver une édition en trois volumes In Folio du Dictionnaire de la langue française  de 1769. Cette édition est la plus aboutie des éditions de ce célèbre dictionnaire de Pierre Richelet. Revenons sur son histoire. Les trois grands dictionnaires français du 17ème siècle sont le Richelet, imprimé en 1680, le Furetière en 1690 et enfin le dictionnaire de l’académie française en 1694.

L’académie avait obtenu le monopole d’un dictionnaire de la langue en 1674. Afin de contourner ce monopole et de sortir son dictionnaire avant les autres, Richelet ruse et s’oriente plus vers une encyclopédie. D’ailleurs son premier titre est Dictionnaire françois contenant les mots et les choses…avec les termes les plus connus des arts et des sciences !

Il est le premier à supprimer tout équivalent latin. Il passe pour « naïf et cocasse », parce que ses définitions sont parfois polémiques. Mais il est établi que c’est un ouvrage original. Ses exemples sont tirés des contemporains, Patru, Scarron, Benserade, Boileau ou  Molière… Il évite les archaïsmes et les auteurs anciens. Son dictionnaire a énormement de succès et outre les grandes éditions in folio, on compte un nombre important d’abrégés de petits formats de poche. Thomas Corneille, le frère de Pierre, qui publie un Dictionnaire des arts et des sciences en 1694, le pille. Le détail technique dans lequel il entre, par exemple pour l’article presse (voir l’article presse ci-dessous), en fait un précurseur des Encyclopédistes.

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Je propose aussi deux albums, l’un composé d’articles avec des références parmi les auteurs de son époque (Molière, Despréaux…), et l’autre de définitions de mots aujourd’hui oubliés ou disparus.

Ce genre de dictionnaire contient une multitudes de « vieux » termes, pour reprendre les mots de Richelet, qui sont une mine de renseignements pour l’histoire de notre langue.

♥ plaisir de lire:

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Album : auteurs

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A propos de l’ex-libris. On lit au dessus de la vignette de la page de titre :  Ex Libris Collegii Aven(ionenis). Le Collège d’Avignon, aujourd’hui Lycée St Joseph.

Un départ tragique

En 1768, les troupes du roi de France (Louis XV) occupent Avignon. Aussitôt est appliqué le décret d’interdiction de la Compagnie de Jésus qui s’exerçait déjà depuis 4 ans dans le royaume de France. Les Jésuites enseignaient au collège d’Avignon.

Le 11 Juin 1768, quatre compagnies royales prennent position dans le collège dont les cours ont été suspendus, mais les pères ne partirent que le 1er Août car, à cause de la foire de Beaucaire, on n’avait pu trouver assez de voitures à chevaux pour les transporter.

Le dimanche 31 Juillet, fête de St Ignace, ils purent célébrer une dernière fois la messe dans leur église, mais entre eux et portes closes.

Le lendemain matin, ils sortirent en procession du collège au milieu d’une foule d’élèves et de parents qui attendaient dans la rue. Chacun n’emportait que son bréviaire, son crucifix, et quelques livres ou souvenirs personnels (mais depuis plusieurs mois les pères avaient vidé la maison en transportant bon nombre de choses dans des couvents amis et en vendant tout le reste, ils avaient même organisé une véritable journée « portes ouvertes » pour tous les acheteurs).

La procession avança lentement au chant de l’In Exitu jusqu’à la place des Corps Saints, puis la porte St Michel. Il y avait à l’entrée de la route de Tarascon, au milieu des champs cultivés, une grande statue de la Vierge élevée lors de la peste de 1722, ils s’agenouillèrent à ses pieds et leur supérieur les bénit (il eut du mal à achever sa phrase tant il était ému). La petite foule d’élèves et de parents qui les avait accompagnés (environ 600 personnes) pleurait. Les soldats surveillaient la scène de loin…

Après la bénédiction de leur supérieur, les pères se relevèrent, s’embrassèrent, embrassèrent leurs amis, et se dispersèrent dans toutes les directions.

Le collège resta fermé un an, jusqu’au 22 Avril 1769, où il rouvrit avec les Bénédictins de St Martial. Le conseil de ville les confia aux Doctrinaires jusqu’en 1792 où Avignon fut rattachée à la France : le collège fut alors définitivement fermé.

(Source : site du lycée saint Joseph d’Avignon)

 

( 13 octobre, 2014 )

La tragi-comédie

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Entre la fin des mystères joués (interdiction par le parlement de Paris en 1548) et les grands dramaturges du 17ème siècle, avec Corneille en tête, s’écoula 90 ans de recherches, de tentatives dans des directions fort diverses.

Les mystères du 15ème siècle, tels le Mystère de la Passion, le Mystère du siège d’Orléans, le Mystère de Troie, la Passion ou encore le Mystère des Actes des Apôtres se nourrissaient de chapîtres religieux ou d’histoires historico-fantastiques.

Le 16ème s voit quelques réussites comme celles d’Etienne Jodelle en 1553 , avec sa Cléopâtre . On peut ranger parmi ces essais les premières pièces de Robert Garnier : Porcie (1568), Hippolyte (1573) ou Cornélie (..). Comme il se doit, le théâtre de la Renaissance se réfère aux Anciens, aux histoires grecques ou romaines.

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Edition de Rouen de 1612

Garnier (1544-1590), est natif du Maine, et s’adonna au théâtre. Ses essais ne constituent ni des tragédies antiques ni des tragédies françaises à la  Corneille  ou à la  Racine, mais il s’agit d’un genre intermédiaire.

Garnier est également célèbre pour avoir créé une forme théatrale qui fera son essor au 17ème siècle, la Tragi-comédie. Ce genre est inauguré en 1582 par Garnier avec Bradamante. Le terme même est apparu pour la première fois orthographié « trage comedie » (regardez le bandeau ci-dessous).

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Ce genre a connu un énorme succès en France dans les années 1630-1640 avec notamment le Cid en 1637 , mais aussi et avant, Clitandre en 1632, et d’autres pièces de Jean de Rotrou ou d’alexandre Hardy.

Quelques bandeaux en début de pièces:

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( 11 octobre, 2014 )

Ode à l’occasion de la mort du dauphin, Louis de France, en 1711 (1712)

Louis de France, dauphin et fils ainé de Louis XIV, meurt prématurément en 1711. Fils aîné de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche, né en 1661 ,il eut pour précepteur le célèbre Jacques-Bénigne Bossuet (A ne pas confondre avec son fils , le duc de bourgogne, qui  eut Fénelon comme précepteur). C’est à lui qu’est dédié le premier recueil des Fables de La Fontaine en 1668.

Cette Ode est écrite par Houdard de la Motte à l’occasion du deuil de Louis et de celui de sa femme, morte en 1690. Ecrivain et dramaturge, c’est dans le salon de la marquise de Lambert, que La Motte, avec son ami Fontenelle, s’adonnait aux reflexions sur la poetique et la versification.

Il composa aussi d’autres odes, notamment celle pour la mort de Louis XIV (publiée en 1716).

Louis est mort de la petite vérole. On lui avait prédit « fils de roi, père de roi et jamais roi », prédiction qui se réalisa puisqu’il était fils de Louis XIV ,père du roi d’Espagne Philippe V et qu’il ne régna jamais.

Louis fut vite oublié de la cour qui dès l’annonce de sa mort, s’en alla faire compliment à son fils aîné le duc de Bourgogne, nouveau dauphin de France. Quelques jours après la disparition du Grand Dauphin, on s’amusait à Versailles comme si de rien n’était.

 

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