( 28 octobre, 2014 )

L’Emile de Rousseau- 1762

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Il y a 250 ans, Jean jacques Rousseau fait imprimer son ouvrage Emile ou de l’éducation (ou Emile est le prénom que Rousseau a choisi pour désigner l’élève). C’est d’abord un traité philosophique qui remet en cause l’éducation classique en vigueur en France depuis le 16ème siècle, avec comme matières principales, la philosophie et la rhétorique, et où la mémorisation par coeur  était au centre des méthodes d’apprentissage. Il commence à l’écrire vers 1758 alors qu’il est installé chez Louise d’Epinay, à l’Hermitage, non loin de la maison des oratoriens dans laquelle on formait les professeurs.

A cette époque, pour ses contemporains, Jean-Jacques est d’abord un homme de musique, auteur du devin du village, au succès important tant à la cour que dans toute l’Europe. Mais il s’est toujours intéressé à la formation de l’être, à l’éducation (Dès 1731, il est  précepteur). Au 18ème siècle, on redécouvre l’histoire, la géographie, les sciences avec la physique ou l’optique…mais l’enseignement reste toujours classique et basé sur la transmission verticale de savoir (du maître vers l’élève). Ce type d’éducation, Jean-Jacques la rejette. « Emile n’apprendra jamais par cœur » dit-il, il faudra qu’il fasse la découverte de ce qu’il saura. Peu de livres lui seront nécessaires. Il est vrai que dès son premier Discours en 1750, Rousseau rejette cette culture qui a perverti la société.

Le livre est condamné par le parlement et la Sorbonne, et brûlé en place publique. Rousseau doit s’exiler  et subir les attaques des philosophes français, Voltaire en tête. Seuls les philosophes Allemands s’intéresseront à ses théories. Kant parle d’une « surprenante nouveauté d’idées », et c’est là que survivra cet ouvrage, dans la recherche de son application , de sa mise en œuvre pratique.

 

 

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EXPLICATION DES CINQ GRAVURES DE L’EMILE (gravées d’après les dessins de Charles EISEN). Une gravure par livre (il y en a 5)

L’exemple le plus connu de traité sur l’éducation au XVIII e, est Emile ou de l’éducation de Rousseau. Après La Nouvelle Héloïse (1761), roman épistolaire de la famille idéale, l’Emile décrit une éducation idéale en marge des institutions. Les nombreuses illustrations des différentes éditions  montrent le réel engouement des artistes. L’éducation à la campagne, avec les paysans, est une source d’inspiration privilégiée pour les artistes proches des sujets de genre. Rousseau définit le cadre et donne aussi à de nombreuses reprises des exemples de situations concrètes d’éducation. Après le choix de Rousseau des allégories pour l’édition de 1762 (meme illustrations que celles présentées), les dessinateurs opteront pour des scènes de genre, plus proches du texte. Les scènes d’éducation peuvent s’insérer plus évidemment dans un contexte social. Néanmoins Rousseau éduque l’enfant non pour la société mais pour l’espèce : il faut se conformer en tous points à la nature. Ce sont les dessinateurs qui inscrivent les propos de l’auteur dans un contexte social, associant de ce fait les idées développées par Rousseau au milieu représenté. Ce qui a pour autre conséquence de les montrer en exemple, alors même que Rousseau dénonce leurs procédés éducatifs.

C’est dans l’Emile que se trouve la profession de foi du vicaire Savoyard, ou il fait l’éloge de la liberté de penser. Ses idées religieuses (déisme) sont condamnées, et notamment par Mr de Beaumont. Il lui répond dans une lettre:

♥ plaisir de lire:

Album comprenant l’arrêté du Parlement condamnant l’Emile:

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