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( 22 novembre, 2014 )

La Littérature de colportage

Du 16 au 19ème siècle, nombre d’imprimeurs vont produire des textes issus de la tradition médiévale, notamment des romans de chevalerie, des ouvrages de piété et également des brochures plus « pratiques » : almanachs, prédictions, livres d’heures, abécédaires…

La volonté de toucher le plus large public pousse les imprimeurs à abaisser les coûts de production, en raccourcissant les textes et en négligeant la qualité de l’impression, caractères usés, illustrations réalisées à l’aide de bois gravés, qui n’ont parfois qu’un rapport lointain avec le texte et couverture muette de papier souvent bleu-gris (papier servant à emballer les pains de sucre). Les premiers succès populaires concernent sans doute les romans de chevalerie : L’Histoire des quatre fils Aymon, Huon de Bordeaux ou encore La Grande Danse macabre.

Troyes, qui est la capitale de la production des livrets de colportage (bibliothèque bleue), comprend plusieurs imprimeurs de renom, comme les Garnier, Oudot ou encore Baudot au 19ème siècle. D’autres centres de production vont voir le jour (Caen, Montbelliard, limoges…)

Faisons un tour d’horizon des types de production ce ces livrets. On peut distinguer trois grandes catégories. 

Les types de livrets produits 

Les ouvrages liés à la religion. 

Ils représentent la part la plus importante de la production au vu des inventaires après décès : Histoire Sainte, cantiques et noëls, textes d’instruction religieuse…

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Les ouvrages de fiction et de littérature. 

Ils empruntent au fonds ancien des romans de chevalerie, mais aussi aux contes de fées, au début du XVIIIe siècle (contes de Perrault, de Mme d’Aulnoye). A cela s’ajoutent nombre de récits aux héros populaires (le Juif errant, Gargantua, Jean de Calais, Scaramouche, ortunatus…), facéties, récits burlesques, satires des sexes et des conditions sociales (malice et méchanceté des hommes et des femmes, misères des domestiques, des chirurgiens, des garçons boulangers…), ainsi que quelques pièces de théâtre. 

-ouvrages d’origine ancienne:

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-ouvrages de littérature 17-18ème s:

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-ouvrages de facéties populaires:

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 -Les ouvrages d’instruction. 

 

Leur nombre est sensiblement identique à celui des ouvrages de fiction, mais cette catégorie est aussi la plus disparate : brochures utilisées pour les apprentissages premiers (abécédaires, arithmétiques…) ou pour un enseignement plus avancé (les civilités, avec ouvrages moralisants, modèles épistolaires, règles de conduite et de bienséance…) ; histoire (peu représentée, elle le sera surtout avec Napoléon) ; information et politique (surtout dans les almanachs) ; faits divers (peu présents à l’exception de trois bandits notoires : Cartouche, Mandrin et Guilleri) ; ouvrages pratiques et techniques (recueil de botanique, guides de jardinage, de médecine, de cuisine) ; remèdes (fréquemment mêlés de pratiques magiques, ils ouvrent la voie à toute une série de brochures sur l’astrologie, les sciences occultes… dont le Calendrier des Bergers représente une sorte de condensé) ; recueils de chansons.

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-Les Almanachs et autres livrets de prédictions.

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Diffusion des livrets 

L’idée est d’aller au-devant de la clientèle. Ainsi naît le commerce ambulant par colportage. Transportés dans les ballots des marchands, ils doivent être légers, d’où leur format réduit et l’absence de reliure. Activité d’abord urbaine, le colportage part à la conquête des campagnes où il fait partie intégrante du paysage à la fin du XVIIIe siècle.

Annoncés par leurs cris, les colporteurs étalent leurs brochures lors des foires et des marchés, voire parfois à la porte des églises. Intermédiaires entre le fabricant et l’acquéreur, les colporteurs pouvaient se faire l’écho des goûts de la clientèle auprès des imprimeurs.

Des règlements n’ont cessé de tenter de contrôler cette pratique (en concurrence avec les libraires), mais leurs fluctuations montrent bien leur échec. De 45 colporteurs autorisés en 1611, on passe à 120 en 1712. En 1723, on exige qu’ils sachent lire et écrire. En 1725, ils doivent porter une plaque spéciale. En 1757, un édit punit de mort le colportage de livres clandestins. La censure est supprimée en 1788, mais la Convention remet le colportage sous surveillance. A la fin du règne de Louis-Philippe, un rapport de la commission de colportage estime à 3500 le nombre de colporteurs circulant en France, où ils distribuent chaque année 9 millions de volumes : c’est l’apogée du colportage. Le développement des communications (trains…) et une réglementation plus stricte du colportage provoquent la disparition de la profession dans la seconde partie du 19ème siècle.

( 18 novembre, 2014 )

Galerie de portraits

La Lyre du jeune Apollon du petit Beauchateau -1657- (voir catégorie « XVII e-Beauchateau ») offre une galerie des plus puissants acteurs du pouvoir politique français au milieu du 17ème siècle:

D’abord Louis XIV (1638-1715), qui est roi de France et de Navarre à la mort de son père Louis XIII en 1643:

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Ensuite,Anne d’Autriche (1601-1666), infante d’Espagne, est reine de France et de Navarre de 1615 à 1643 en tant qu’épouse de Louis XIII, puis régente de ces deux royaumes pendant la minorité de son fils (de 1643 à 1651). Elle est la mère de Louis XIV, le « roi Soleil », et de Philippe, duc d’Orléans.

2-reine mère

Henriette Marie de France (1609-1669) fut une reine consort d’Angleterre. Fille du roi de France Henri IV et de la reine Marie de Médicis, elle épousa le roi d’Angleterre Charles Ier (1625). Elle est la mère de deux rois d’Angleterre Charles II et Jacques II. La révolution anglaise (avec Cromwell) l’amena à se réfugier en France.

3- reine d'angleterre

Abel Servien, marquis de Sablé et de Boisdauphin, comte de La Roche des Aubiers (1593-1659), est un homme d’État, diplomate français, surintendant des finances de 1653 à 1659 et sénéchal d’Anjou.

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Charles-Emmanuel II (1634-1675), fut duc de Savoie et prince de Piémont de 1638 à 1675. Il était fils de Victor Amédée Ier, duc de Savoie et prince de Piémont et de Christine de France (fille d’Henri IV).

duc de savoie

Philippe de France, duc d’Orléans appelé aussi Philippe d’Orléans (1640-1701) est un prince de France, fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, et donc frère de Louis XIV. Il est connu sous son titre de duc d’Orléans ou comme Monsieur.

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Nicolas Fouquet, marquis de Belle-Île, vicomte de Melun et Vaux (1615-1680) est un homme d’État français, surintendant des finances à l’époque de Mazarin, procureur général au parlement de Paris. Il eut un pouvoir et une fortune considérable. Il est possible de mesurer la grandeur qui fut la sienne au célèbre château de Vaux-le-Vicomte.

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Christine de France, surnommée madame Royale (1606-1663). Fille de Henri IV, elle épouse en 1619 le duc de Savoie Victor-Amédée Ier. Celui-ci meurt e, 1637. De 1638 à 1647, elle prend donc la régence pour son fils Charles-Emmanuel II de la Savoie. Elle avait notamment pour frère Louis XIII, et pour soeurs Élisabeth, reine d’Espagne et Henriette, reine d’Angleterre.

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Anne Marie Louise d’Orléans- dite «La Grande Mademoiselle» (1627-1693), fut duchesse de Montpensier, dauphine d’Auvergne, comtesse d’Eu et de Mortain et princesse de Joinville et de Dombes. Fille de Gaston d’Orléans et de Marie de Bourbon et petite-fille du roi Henri IV, elle était la cousine germaine de Louis XIV.

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Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit le cardinal de Richelieu, duc de Fronsac, est un ecclésiastique et homme d’État (1585-1642). Pair de France, il a été le principal ministre du roi Louis XIII. Mazarin lui succède.

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Le cardinal Jules Mazarin (1602-1661) fut un diplomate et homme politique, d’abord au service de la Papauté, puis des rois de France Louis XIII et Louis XIV. Il succéda à Richelieu en tant que principal ministre de 1643 à 1661.

Mazarin

Le chancelier Pierre Séguier (1588-1672) est un homme politique et magistrat français. Laissé dans l’ombre par les fortes personnalités de Richelieu et de Mazarin, il joue pourtant un rôle essentiel dans la continuité des politiques de centralisation et d’acheminement vers un gouvernement qu’on appellera plus tard absolutiste. Il instruit des procès célèbres comme celui du marquis de Cinq-Mars en 1642 ou de Nicolas Fouquet en 1661.

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Pomponne II de Bellièvre ici appelé Monseigneur le premier président (du parlement de paris) (1606-1657) et est un homme politique français . Il assume cette fonction de 1653 à 1657

monseigneur le premier président 

Fabio Chigi (1599-1667), fut élu pape sous le nom d’Alexandre VII le 16 avril 1655. Il fut le 237e pape à l’unanimité:

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Le duc de Modène. Depuis 1597, le duché de Ferrare et celui de Modène furent incorporés aux États pontificaux:

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La princesse Louise-Christine de Savoie (1627-1689), était la fille de Thomas François de Savoie, prince de Carignan et de Marie de Bourbon-Condé, comtesse de Soissons.

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Armand de Bourbon, prince de Conti (1629-1666) était le cadet des trois enfants et le deuxième fils d’Henri II de Bourbon, prince de Condé et de Charlotte Marguerite de Montmorency, le frère de Louis II de Bourbon-Condé, dit le « Grand Condé », et d’Anne Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville.

prince de conti 

 

Charles II de Mantoue (1629-1665) était un prince franco-italien qui fut l’un des nobles les plus titrés de son époque. Avec cinq titres de duc, Il fut l’un des nobles les plus titrés de son époque :Il était duc de Mayenne, duc de Mantoue (région de Lombardie en Italie), duc de Montferrat (région du Piémont), duc de Nevers, duc de Rethel, ainsi que 2e prince d’Arches, comte de Rodigo et Rivalta, comte de Villars, comte de Tende et marquis de Sommerive.

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( 15 novembre, 2014 )

Les contes de Perrault

Premier tome du cabinet des fées- Edition de 1785:

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Gravure pour la barbe bleue

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gravure pour le petit poucet

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Gravure pour peau d’âne

Autre gravure pour peau d’âne, mais cette fois sur bois dans un ouvrage de colportage de Montbéliard (frères Deckherr- début 19ème s):

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Quelques gravures sur bois de Beugnet ornant l’ouvrage:

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Le petit chaperon rouge:

Explication du conte:

Le petit chaperon rouge s’achève sur une moralité en vers qui rappelle un autre genre littéraire en vogue à la même époque, la fable. Cette moralité nous donne le véritable sens de ce conte. On y apprend que les jeunes filles doivent se méfier des inconnus et tout particulièrement de ceux qui paraissent aimables, gentils («accorte»). Dans le cas contraire, on risque fort de finir dans le lit de l’inconnu. On voit donc que le loup représente la menace masculine.

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( 13 novembre, 2014 )

La note des « damnés » de La Henriade

La Henriade est une épopée en 10 chants de Voltaire imprimé pour la première fois à Londres en 1723 sous le titre la Ligue ou Henry le grand .

On trouve dans l’édition de 1746, éditée par le Parisien Prault, la note qu’on appelle «note des damnés » parce qu’elle contient un calcul assez curieux sur le nombre des hommes destinés aux peines éternelles de l’enfer. On la surnommera, de ce fait, « La Henriade des damnés ». Cette note de bas de page, commentaire au texte principal, ne sera quasiment plus réimprimée. Néanmoins, dans cette édition de 1776, on la retrouve tout de même :

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Petit calcul mathématique : Il y aurait, nous dit Voltaire, 950 000 000 hommes sur terre. Parmi ce nombre, seul 1/20ème des 50 000 000 de catholiques peuvent espérer être des élus et échapper aux flammes de l’enfer, soit un total de 2 500 000 individus (Les élus de Dieu sont les chrétiens authentiques, ceux qui se savent sauvés uniquement par la grâce divine sans aucune intervention de leur part). Il y a donc 947 500 000 damnés par génération de 20 ans. L’humanité ayant 6000 ans (!), le genre humain a donc produit depuis le début des temps 113 700 000 000 000   de damnés !

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Edition avec la préface de Marmontel.

Série de gravures assez grossières (par rapport à celles réalisé par Moreau le jeune) .

Une gravure par chant plus un frontispice (la première gravure).

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( 13 novembre, 2014 )

Robinson Crusoe- 1784

Le roman Anglais le plus célèbre en France au 18ème siècle est celui de Daniel de Foe  intitulé Robinson Crusoé (1719). Ce livre bien connu raconte la survie d’un naufragé sur une île déserte. Il se serait inspiré de l’aventure d’Alexandre Selkirk, un marin écossais débarqué dans l’île inhabitée de Más a Tierra (archipel Juan Fernández) où il survécut de 1704 à 1709. Robinson Crusoé a été traduit dans un grand nombre de langues. La première traduction française, par Thémiseul de Saint-Hyacinthe et Justus van Effen, parut dès 1720 . 

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♥ plaisir de lire:

-Le naufrage de Robinson:  

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Album : naufrage

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-Sa rencontre avec vendredi:

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Album : rencontre avec vendredi

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Gravures pour Robinson Crusoé 1784 Daniel Defoe:

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( 13 novembre, 2014 )

Les indulgences selon Erasme

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Ecrit en latin en 1509 et dédié à son ami Thomas More, l’Éloge de la Folie fut un «  best-sellers  » du 16ème siècle. D’une grande violence contre les grands de son temps, Erasme échappa au bûcher grâce à ses appuis haut placés, et en se cachant derrière un masque, la folie, comme les bouffons de cours, seules personnes autorisées à l’insolence. Voici un extrait concernant une pratique courante mais très attaquée à cette époque, les indulgences. Quelques années plus tard Luther, sans utiliser de masque, s’attaquera à cette pratique de l’église catholique.

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Affiche d’indulgences (voir catégorie « XVII e-indulgences »)

♥ plaisir de lire:

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Album : erasme -indulgences

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( 12 novembre, 2014 )

le code noir

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Le Code noir est le nom qui est donné au milieu du 18ème siècle à un ensemble de textes juridiques réglant la vie des esclaves noirs.

Il existe deux versions du Code Noir. La première est promulguée en 1685 par le roi Louis XIV. La seconde est rédigée sous la régence du duc d’Orléans et promulguée en 1724 par le roi Louis XV. Ce statut est appliqué aux Antilles, à la Guyane, à La Réunion et à la Louisiane.

Cet extrait des mémoires du duc de Richelieu (à ne pas confondre avec le cardinal de Richelieu, sous Louis XIII, il est son arrière petit neveu) donne les principales orientations du code noir. Cette dénonciation d’un code odieux  date de 1790, soit un an après la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

♥ Plaisir de lire:

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Album : code noir

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( 11 novembre, 2014 )

un enfant précoce

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François Mathieu Chastelet de Beauchateau naît en 1645 alors que Louis XIV n’a que 9 ans. D’un père  comédien ordinaire du roi, il est appelé « le petit Beauchateau » du fait de son jeune âge comme poète. Loret écrit ainsi dans sa gazette en vers : « Père et mère fils joliment écrit, Et dont en son enfance on admire la verve, je crois, quand apollon eût épousé minerve, Qu’ils n’eussent pu tous deux faire si bel esprit ». 

Le petit Beauchateau ne monta point sur les planches comme son père, mais s’adonna à la poésie. Surdoué dans cet art, il l’était aussi dans l’apprentissage des langues. Le portrait de l’enfant prodige le plus célèbre de son siècle (gravé par Frosne d’après Hans) débute son livre intitulé « la lyre du jeune Apollon ou la muse naissante». Il est alors représenté à l’âge de 11 ans. Il est, je crois, le plus jeune auteur publié au 16,17 ou 18ème siècle.

Dès l’âge de 7 ans, François écrit et ses plus illustres contemporains, telle la reine mère (de Louis XIV), le cardinal de Mazarin ou encore le chancelier Séguier, le convie dans leur cabinet afin de jouir de ses talents et de son génie poétique. Plusieurs pensions lui sont alors accordées pour l’encourager. 

La reine de suède, informée de ses talents le fait venir à sa cour. En mai 1657, il publia chez Charles de Sercy et Guillaume de Luynes ce volume In 4, dédié au roi, qui fait l’éloge des grands de cette époque, louis XIV en tête. En février 1658, l’Académie française reçut le livre avec «  »marques de grande estime »", et l’on songea sérieusement à y faire entrer le petit François. Mais à l’âge de 14 ans, il part en Angleterre avec un ecclésiastique apostat, ou Cromwell le reçoit. En 1661, il quitte Londres pour la Perse, et on perd sa trace. On ne sait ensuite ce qu’il advint de lui, nous dit Louis Moreri dans son supplément au dictionnaire.

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( 7 novembre, 2014 )

Quelques crimes punissables

Gravures tirées du célèbre manuel de justice de Josse Damhoudère publié en 1564 à Anvers.

Elles représentent des actes punissables par la loi en cette fin de 16ème siècle.

D’abord , le duel.En France,entre 1588 et 1608,  ont été comptabilisés près de dix mille gentilshommes tués pour des questions d’honneur, soit une moyenne de cinq cent par an ou deux par jour de semaine. Devant cette hécatombe, les souverains reconnurent la nécessité d’interdire cette pratique:

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le blasphème. La définition du blasphème entre dans le droit français au 13ème  siècle avec la définition donnée par Thomas d’Aquin après de multiples débats avec les moralistes : un péché de langue, une « défaillance dans la profession de foi », donc une atteinte dans sa pureté ce qui justifie sa répression qui devient féroce avec le roi Louis IX de France, préoccupé par sa lutte contre les hérétiques, les juifs et l’islam, et passe par la mutilation de la langue et des lèvres:

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Le faux monnayage. De tous temps, la falsification des moyens de paiement a été sévèrement punie. En France, pendant des siècles, la justice a réservé un châtiment terrible aux faux monnayeurs : le supplice de la chaudière. En effet, un règlement en usage dans tout le royaume stipulait que les faussaires fussent « suffoqués et bouillis en eau et huile » :

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L’empoisonnement. Ce crime, qui n’est qu’un meurtre particulier, a été différencié de celui-ci pour en accroître la répression:

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L’adultère. Si la société ne criminalise pas l’infidélité masculine, en revanche, l’infidélité féminine est souvent condamnée. En France, sous l’Ancien Régime, une femme ayant commis une infidélité peut subir des coups de fouet par son mari et se voir enfermée à vie dans un monastère:

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Le maquerellage.À partir du milieu du 16ème  siècle, la tendance à organiser la prostitution se renverse et la fermeture des maisons se généralise dans toute l’Europe, en pays réformés comme en pays catholiques. En France, après 1560, la prostitution et le proxénétisme seront pourchassés:

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les rompeurs de digue. :

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Les pilleurs de sépultures:

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Les pilleurs d’église: 

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Le vol de bétail: 

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L’utilisation de faux dés. Tout l’intérêt des jeux de dés réside évidemment dans les enjeux, qu’il s’agisse de savoir simplement qui va payer l’aubergiste, comme sur cette gravure, ou de risquer des sommes plus importantes comme c’est le cas dans les milieux plus aisés. Il était alors tentant de réaliser des dés pipés :

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Le déplacement de bornes et limites de propriété:

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Faire des injures par écrit ( libelles, livres, chansons…):

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les injures par gestes:

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les dommages faits par ses animaux:

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Les dommages réalisés par choses jetées dehors.En Provence, quand la ménagère voulait jeter quelque chose dans la rue, elle se mettait à la fenêtre, et, après avoir crié :  » Passo-res ?  » (Ne passe-t-il personne ou gare dessous) elle se débarrassait alors de ce qui la gênait. Parfois, un peu pressée, certaines criaient l’avertissement, tout en jetant le contenu de son récipient et il pouvait arriver alors que quelque passant malheureux reçût sur la tête ou sur les vêtements… ce que vous savez. il en était de même pour toute la France, avec ders avertissements différents, bien sûr:

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( 3 novembre, 2014 )

coutumes d’anjou

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Né à Chaston, près de La Flèche, en 1537, René Choppin est mort en 1606. Il fut reçu docteur en droit à l’âge de dix-sept ans, et devint un jurisconsulte réputé. Choppin passe encore pour un des meilleurs interprètes de la Coutume.

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