( 28 avril, 2015 )

Livret de navigation hollandais- 1692

IMGP8984

Ce rare livret a été imprimé en 1692 à Amsterdam et était destiné aux navigateurs. L’éditeur est Jacob Robyn, spécialisé dans les cartes, atlas et autres ouvrages de marine. Rare car il est très difficile de trouver de tels livrets car ceux-ci avaient une période d’utilisation (ici 1692-1704) et étaient voués à être jetés après utilisation. La BNF en possède deux, l’un à l’adresse de P. Goos à Amsterdam (1671), l’autre de P.Yvonnet (1662) à La Rochelle. Ce livret, avec sa belle gravure représentant des navires, nous plonge dans la Hollande du XVIIème siècle. Ce siècle est considéré comme l’âge d’or d’Amsterdam. Amsterdam est alors au cœur d’un réseau mondial de commerce maritime avec les pays de la mer Baltique, l’Afrique, l’Amérique du Nord, le Brésil ou encore les Indes orientales. C’est ainsi que les marchands possèdent la majorité des actions de la première grande multinationale de l’Histoire, la très célèbre Compagnie néerlandaise des Indes orientales, créée en 1602, mais également de sa rivale, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (1621). Ces deux sociétés ont fait l’acquisition de plusieurs territoires outremer, par la suite devenus des colonies néerlandaises. Les bateaux revenant d’Indonésie chargés de précieuses épices font la richesse de la ville et la classe au premier rang des villes européennes.

L’autre intérêt de ce livret est l’astronome danois, Tycho Brahé, dont le nom figure sur la page de titre. Les calculs de ces livrets sont faits d’après les travaux du très célèbre astronome Tycho Brahe. À une époque (le XVIème siècle) où prévaut encore le respect de la tradition et des anciens, il a le souci de valider ses hypothèses par l’observation du ciel. Il prend grand soin de la fabrication et de la mise au point d’ instruments de mesure qui lui permettent de recueillir un nombre considérable de données. Ainsi,Tycho améliora ou inventa une douzaine d’instruments différents dont certains, avant leur perfectionnement et leur usage en astronomie, furent d’abord utilisés dans la navigation maritime.

Deux autres titres suivent, un almanach d’abord, puis un livre des distances entre les lieux:

IMGP8985

Le titre suivant reprend « en bref » le livre de Pieter Goos, publié à Amsterdam au 17ème siècle, et contenant des descriptifs de côtes, ainsi que des cartes.

IMGP8986 IMGP8987

D’autres livres destinés aux marins sont imprimés au Havre de Grace, comme le Le Petit Flambeau de la mer ou le veritable guide des pilotes cotiers de René Bougard, ou l‘ Instruction des pilotes, contenant les tables de la declinaison du soleil de Cordier, imprimé également au Havre.

 

 

( 24 avril, 2015 )

Oeuvres de Molière par Didot (1791-94)

IMGP8958IMGP8959

Le Moulin de la Courade, d’où provient le papier qui a servi a imprimer cette superbe collection des œuvres de Molière, est une ancienne papeterie du département de la Charente. Il est situé sur la Boëme, affluent de la Charente et dans la commune de La Couronne, au sud-ouest de l’agglomération d’Angoulême. Ce moulin est inscrit aux Monuments historiques depuis 2009.

Dès 1641, un moulin à papier existait à cet emplacement. Le principe était de broyer des chiffons avec de gros maillets en série, les martinets, dans de grosses cuves. A partir de 1740, le moulin fait partie de la manufacture royale d’Angoulême, créée par le négociant parisien Henry, et reste la propriété de la famille Henry jusqu’au 20e siècle. En 1785, le petit-fils de ce négociant, Henry de Villarmain, y installe les premières piles hollandaises de l’Angoumois (nouveau système à base de cylindre en rotation, appelé pile hollandaise, mis au point en 1682 en Angleterre et en Hollande). Son frère, Henry La Courade, exploitant du moulin en 1818, porte le nombre de cuves à quatre. La construction du nouvel atelier de fabrication mécanique date de 1837. En 1904, Henry La Courade transforme l’usine en cartonnerie. Le dernier fabricant, à la fin des années 1970, est Guillaud.

IMGP8960

Les quatre premiers tomes portent la date de 1792. Le cinquième tome celle de 1793 (An II de la république) et le dernier tome, la date de 1794 (an III de la république):

IMGP8963IMGP8961

Dans le tome III, se trouve la pièce de 1666, le Médecin malgré lui.

Petit amusement! L’acte I nous est ici lu par des élèves de 6ème 6 du collège M. Genevoix de Romorantin.

 Scène I :

Gravure de François Chauveau pour la scène VI de l’acte I, lorsque Valère et Lucas rencontre Sganarelle. A noter que sur cette gravure, les deux bâtons qui vont servir à battre Sganarelle, afin qu’il reconnaisse ses « talents » de médecin sont encore au sol, contrairement au frontispice de l’édition originale, ou les deux valets les ont déjà en main.

IMGP8971

scène II: 

scène III:

scène IV: 

scène V :

scène VI:

Quelques gravures de pièces, d’après François Boucher:

IMGP8967 IMGP8968 IMGP8969 IMGP8970

IMGP8973 IMGP8974 IMGP8975 IMGP8976

IMGP8977 IMGP8978 IMGP8979 IMGP8980 IMGP8981 IMGP8982 IMGP8983

A propos de la comédie: L’équilibre fragile qui s’était instauré entre l’Église et le théâtre est brutalement remis en cause par les jansénistes qui, avec La Fréquente Communion d’Arnauld (voir  XVII e- Jansenisme), puis la polémique de pierre Nicole adoptent une attitude beaucoup plus radicale sur la question. (le traité de la comédie se trouve dans le Tome III des œuvres morales de Nicole)

C’est «l’affaire du Tartuffe» qui permet aux dévots et donc à la puissante Compagnie du Saint-Sacrement de ranimer ce conflit doctrinal ancien qui, avant 1666, n’avait pas encore touché Molière. L’abbé d’Aubignac déplore que «le théâtre se laisse retomber peu à peu à sa vieille corruption, mais il essaie de calmer les esprits en suggérant l’intervention d’une censure susceptible de moraliser la scène. Les dévots ne désarmeront pas : Pascal se dira convaincu que «de tous les divertissements, le plus dangereux est la comédie», et Pierre Nicole accusera le théâtre d’être «un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes des fidèles.» Pour lors, le parti des dévots attaque à coups redoublés : Conti, autrefois protecteur de Molière, soudainement revenu à la religion, publie son Traité de la comédie et des spectacles, selon la tradition de l’Église tirée des conciles, et son aumônier, l’abbé de Voisin, rédige ensuite pour sa part une Défense du Traité de Monseigneur le prince de Conti. Bien qu’ils s’en prennent aux comédiens et à divers damaturges, dont Pierre Corneille, ces ouvrages visent essentiellement Molière, écrivain accusé non seulement d’obscénité, depuis la querelle de L’École des femmes, mais surtout d’athéisme et d’ingérence dans les choses de la religion, depuis Dom Juan. Alors que des prédicateurs, comme Bourdaloue ou le père Maimbourg, se déchaînent en chaire contre le dramaturge, il est décevant de constater que ceux qui auraient dû s’allier naturellement à lui pour le soutenir, l’abbé d’Aubignac, Corneille, Racine, l’abandonnent à son triste sort. Molière ne peut que faire remarquer en vain, dans la préface du Tartuffe : «Je ne puis pas nier qu’il n’y ait eu des Pères de l’Église qui ont condamné la comédie; mais on ne peut pas me nier aussi qu’il n’y en ait eu quelques-uns qui l’ont traitée plus doucement.»

 

 

 

 

( 23 avril, 2015 )

Ex-libris des « Secousse »

Secousse est le nom d’une famille dont les membres , au XVIIIème siècle ont exercé les professions de juristes et d’hommes d’église. Les deux Ex-libris suivants appartiennent à deux frères, fils du chevalier Jean-Léonard Secousse (1659-1711), avocat au Parlement. Ces deux Ex-libris sont contrecollés sur les plats de l’édition originale des pensées sur la comète de Pierre Bayle (1683) et de la quatrième édition du même ouvrage, et chez le même éditeur (1704).

IMGP8954 Ex-libris de François robert

Le premier s’appelle François Robert Secousse (1660-1736). Il était ecclésiastique, docteur en théologie et également curé de la paroisse de Saint-Eustache, à Paris de 1699 à 1729. Son Ex-libris mentionne ses qualités de docteur de la faculté de Paris et de la maison de Navarre. Plusieurs membres de cette famille ont été curé de St Eustache. Il est amusant de penser qu’un homme d’église ait pu « coller » son nom sur un tel ouvrage, précurseur de la pensée des philosophes du XVIIIème siècle. 

Le blason représente un croissant de lune sur un chevron d’argent, accosté de deux étoiles, et accompagné, en pointe, d’une gerbe de blé, le tout d’argent .

IMGP8952 Ex libris de Denis-françois

Le frère  de François-Robert, plus célèbre, se nomme Denis-François Secousse (1691- 1754).

Denis-François suivit ses cours d’humanités et de philosophie au Collège de Beauvais, et fut l’élève entre autres de l’auteur Rollin. Il devint avocat au Parlement en 1710 comme l’était son père Jean-Léonard. Il se livra à des recherches historiques et fut reçu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1722. Il est chargé par d’Aguesseau de continuer la publication des Ordonnances des rois de France commencée par Eusèbe de Laurière. Il en termine le 2e volume et en fait paraître 6 autres (de 1729 à 1750), mais sans pouvoir la terminer. Il reçut ensuite l’ordre de dresser une chronologie des chartes et diplômes de l’histoire de France. Secousse fut durant plusieurs années censeur royal et termina sa vie avec une complète cécité.

On a de lui les Ordonnances des roys de France de la troisième race,  une Dissertation sur l’expédition d’Alexandre contre les Perses (1729), les Mémoires de Condé ou Recueil pour servir à l’histoire de France (1740), Mémoires de Condé, servant d’éclaircissement et de preuves à l’Histoire de M. de Thou,  (1743), ou encore le Recueil de pièces servant de preuves aux Mémoires sur les troubles excités en France par Charles II, dit le Mauvais (1755)…

( 15 avril, 2015 )

Le « lit de justice »de Louis XV

Le Roi est mort, vive le Roi !

Voici deux rares occasionnels (imprimés pour une occasion) concernant le lit de justice qu’a tenu Louis XV, le 12 septembre 1715 (douze jours après la mort de Louis XIV) qui permettent de revenir sur un fait important du début de règne de Louis XV. D’abord, le mot  »lit de justice » vient du large dais fleurdelisé sur lequel le souverain est assis lors de cette cérémonie.
Louis XIV meurt le 1er septembre 1715 à Versailles. En vertu des principes successoraux du royaume, le pouvoir revient à son arrière-petit-fils, né le 15 février 1710. Le lendemain de la mort de Louis XIV, au cours d’une séance solennelle, le duc d’Orléans obtient du parlement de Paris la renonciation à certaines dispositions du testament et des codicilles de Louis XIV (celui-ci voulait que la première place de la régence revienne au duc du Maine). Le duc d’Orléans, Philippe, reçoit donc une Régence «pleine et entière». Ces modifications sont soumises à la tenue d’un lit de justice, un événement officiel qui se déroule le 12 septembre 1715 dans la Grand’Chambre du parlement de Paris, l’institution gardienne des lois fondamentales qui structurent le royaume. Le roi arrive donc en début d’après midi sur les lieux (
lire le premier occasionnel)

Dans cette salle, l’ordre des places  de chacun est organisé, ainsi, le duc d’Orléans et les princes de sang sont assis immédiatement à droite du souverain. Comme beaucoup d’autres personnages, ils portent l’insigne et le cordon bleu de l’ordre du Saint-Esprit, l’ordre de chevalerie le plus prestigieux de la monarchie.Les ducs et pairs laïcs sont assis devant les princes de sang. Au premier rang, en robe noire, les maîtres des requêtes, les conseillers de la Grand’Chambre et les présidents des enquêtes et requêtes. Les ducs et pairs ecclésiastiques sont à la gauche du souverain, derrière les maréchaux de France et les capitaines de la Maison du Roi… (lire le second occasionnel)

Cette cérémonie a une importance capitale car elle expose la puissance de la Majesté royale autour du principe de la continuité dynastique, et forme avec la cérémonie du Sacre, l’événement le plus important du début de règne.

L’Entrée du roi:

IMGP8911 IMGP8912 IMGP8913 IMGP8914

Ordre des places:

IMGP8919 IMGP8920 IMGP8921 IMGP8922

 

 

( 7 avril, 2015 )

Chronologie des temps antiques par Mr Delaborde- 1788

IMGP8903

Lettre XXIII d’ Elie Fréron dans son Année littéraire (1789) à propos de l’Essai sur l’histoire chronologique .

« Quel ouvrage que celui ou l’auteur essaye de lever en quelque sorte les difficultés de la chronologie, et de chercher à tellement combiner les événements, qu’ils puissent s’accorder ! Quelle érudition et quelle patience n’exige-t-il pas, mais aussi qu’il est doux d’en jouir à tous ceux que les épines de la chronologie ont repoussés jusqu’à présent de l’étude méthodique de l’histoire ! Tel est le but de l’ouvrage de M. de Laborde, et l’idée seule de cette entreprise a des droits à la reconnaissance publique. Quand vous aurez parcouru cet ouvrage avec quelque attention, vous verrez, Monsieur, que l’auteur mérite encore d’autres éloges.

Les travaux immenses des plus grands chronologistes, tels que Jules l’Africain, Denis le petit, Eusèbe, St Cyrille, Bède, Scaliger, le P. Petau, etc… n’ont pu dépouiller cette science de son obscurité. Fontenelle avait raison de comparer les premiers temps de la chronologie à un vaste palais en ruine, dont les débris sont entassés pêle-mêle, et dont la plupart des matériaux ont disparu…

Aidé de ces vues lumineuses qui éclairent la nuit profonde de la chronologie ancienne, M de Laborde nous offre le tableau chronologique de plus de 80 peuples de l’antiquité et un précis de l’histoire de leurs rois. Il y avait longtemps que je n’avais été aussi vivement intéressé par un ouvrage de cette nature et j’ose croire que ceux qui le consulteront, seront tous étonnés qu’on ait pu y mettre autant de clarté. Vous sentez bien, Monsieur, qu’un pareil livre n’est  pas susceptible d’extrait ; mais ce que je vous en ai dit, suffit pour vous en donner l’idée, et justifier les éloges que j’en fais…

Ne croyez pas que m de Laborde, se contentant d’être clair et précis, ait donné à son ouvrage une sécheresse qui en paraissait inséparable. Chacun de ses articles offre un abrégé fort agréable à lire de l’histoire des rois ou des grands hommes, et des pays dont il est question. Je vous invite a lire les articles Athènes, Lacédémone, Macédoine, Ionie, Crète, Corinthe, etc… et vous vous convaincrez qu’ils renferment tout ce qu’on peut désirer dans un livre d’histoire élémentaire.

IMGP8904 IMGP8905 IMGP8906

 

( 2 avril, 2015 )

Double Matthieu Laensberg pour 1835

 Gravures sur bois pour cet Almanach Lillois:

IMGP8988 IMGP8989

Représentations de deux cathédrales:

 

IMGP8990 IMGP8991 IMGP8992 IMGP8993 IMGP8994

Quelques inventions nouvelles…ou presque:

 

IMGP8995 IMGP8996

Remède contre une maladie qui a fait des ravages à cette époque:

 

IMGP8997

( 1 avril, 2015 )

Un maître écrivain: Guillaume Montfort

Ce livre est celui d’un maître écrivain du 18ème siècle, Guillaume Montfort, et s’intitule principes d’écriture (vers 1798).

IMGP8717 IMGP8718 IMGP8737

Sous l’Ancien Régime, un maître écrivain faisait son métier de bien écrire. Et certains maîtres écrivains ont fait imprimé des livres de belle écriture. C’est le cas de Guillaume Montfort, né en 1759 à Montfort-l’Amaury, et reçu maître en 1779. Il est expert-vérificateur et s’associe à plusieurs académies scientifiques ou artistiques, qui fleurissaient à cette époque. Vers 1800 il fut professeur au Prytanée de Paris, puis Professeur à l’Institut des boursiers de Paris et vérificateur d’écritures (vers 1804). Ce livre, In folio en 20 planches, commence par les rudiments de l’art de bien écrire (tenue de plume, position au bureau…) et donne des exemples et des exercices d’écriture. Les textes empruntés pour les exemples sont parfois tirés des grands textes de la révolution (déclaration des droits de l’homme…)

IMGP8738 IMGP8739 IMGP8740 IMGP8741 IMGP8742 IMGP8743 IMGP8744 IMGP8745 IMGP8746 IMGP8747 IMGP8748 IMGP8749 IMGP8750 IMGP8751 IMGP8752 IMGP8753 IMGP8754 IMGP8755 IMGP8756

 

 

 

|