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( 8 février, 2014 )

Dictionnaire de l’académie française

Les questionnements sur l’entrée ou non d’un nouveau mot dans un dictionnaire ne sont pas récent. Il en a été de même au 18ème siècle pour les mots issus de la révolution ou les nouveaux  mots issus de l’esprit du siècle des philosophes.

La 5ème édition du Dictionnaire de l’Académie Française a été publiée en 1798, à la suite des 1ère (1694), 2ème (1718), 3ème (1740), et 4ème (1762) éditions. La rédaction de la 5ème édition était terminée en 1793, date de ce  » nouveau dictionnaire françois »  mais l’Académie ayant été dissoute par la convention Nationale du 8 août 1793, la publication effective du Dictionnaire fut reportée. Le travail, qui incluait le « Supplément contenant les mots nouveaux en usage depuis la Révolution », a été finalement publié en 1798, non pas par des membres de l’Académie, mais par des « Hommes-de-Lettres, que l’Académie Françoise auroit reçus parmi ses Membres, et que la Révolution a comptés parmi ses partisans les plus éclairés » .

Le violent bouleversement politique de la Révolution a troublé la vision première de la fonction du Dictionnaire, et celui-ci a rapidement revêtu une grande signification politique. Dans les débats de l’époque, les politiciens attribuaient une importance considérable au rôle des mots dans la formation de la pensée politique; le langage de la monarchie était dès lors suspect. Dans beaucoup de cas, il y avait un désir de réforme et de purification linguistiques qui devaient seconder la transformation politique de la nation. Plutôt que de complètement récrire le Dictionnaire de l’Académie, il a été finalement conclu que la forte influence de l’ »esprit philosophique » parmi les académiciens pendant la deuxième moitié du siècle avait amené des progrès considérables.

La préface de ce dictionnaire, composé sur le « dictionnaire de l’académie », explique les choix des éditeurs sur l’entrée de certaines catégories de mots « énergiques »dans son dictionnaire mais aussi sur son refus de faire entrer notamment « tous les mots inventés dans le nouvel ordre des choses » (la révolution). De même, les éditeurs opposent « les nouvelles routes »que s’est frayé l’esprit philosophique avec la religion et la morale. (texte de préface sur la photo 3). Bref, cette fin 18ème siècle a dû être une grande période de changements profonds dans notre langue.

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