( 2 décembre, 2014 )

Journal des scavans pour l’année 1681

( 4 octobre, 2014 )

Des oeufs pas comme les autres…

Le journal des sçavans (savants) relate un fait étrange survenu au lendemain du passage de la célèbre comète de décembre 1680 qui rappelle l’histoire de la dent d’or de Fontenelle (dans l’Histoire des oracles).

C’est en Italie qu’un œuf bien étrange a éclos. Il faut dire que bon nombre de miracles se sont déroulés sur le sol d’Italie. Vierges aux larmes, visage du christ qui apparaît sur les murs…

Voici la gravure représentant cet œuf, parue dans le journal le 20 janvier 1681.

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Le Lundi 2 décembre 1680, vers les 8 heures, une poule qui n’avait jamais encore fait d’œuf, après avoir chanté d’une façon extraordinaire, fit un œuf d’une grosseur bien au delà de la norme, et orné de plusieurs étoiles comme la figure le représente.

« Si tout cela est bien vrai, ce ne sera pas le premier prodige de cette nature, qui aurait paru en Italie pendant les éclipses ou les comètes ; car sans parler des croix qui parurent en Calabre sur le linge lors de la comète de 1663, on a fait voir à monsieur Cassini, dans la ville de Bologne, une coque d’œuf sur laquelle on voyait un relief, parfaitement bien marqué, et on l’assura que cet œuf a été pondu dans le temps d’une éclipse ».

Le journal des sçavans (première parution en 1665) est à l’époque Le journal scientifique et littéraire numéro un. Les découvertes des plus grands scientifiques y sont relatées, décrites, commentées. On constate à quel point, en cette fin 17ème siècle, ces soi-disant phénomènes miraculeux, agitaient encore   les instances scientifiques au point de trouver dans les pages de ce journal respectable des articles sur les miracles. Il est vrai que Fontenelle ne dénonce la superstition en discréditant les  miracles et en semant le doute sur le surnaturel qu’en 1687 (cf XVII e- Fontenelle), que Pierre Bayle ne sort ses Pensées qu’en 1683 (cf XVII e- Bayle). Au 17ème siècle, bon nombre de savants font partie de la sphère religieuse de près ou de loin, ou ont été les élèves de collèges jésuites et par conséquent enclins à ne pas s’opposer à ce genre de récits miraculeux ou tout du moins à ne pas les condamner. Descartes était élève au collège royal de La Flèche (puis licencié en droit canonique), Mariotte était prêtre dans la région de Dijon.

On ne peut pas attribuer une rationalité sans faille à la science durant ces siècles (16-17ème siècles). C’est aussi une période de relative crédulité, ou la Nature est loin d’avoir livré tous ses secrets, les zones d’ombre sont majoritaires, et avant les Lumières du 18ème siècle, la Nature est vue comme un monde rempli de secrets, de merveilles et de prodiges, attachée aux lois divines, souvent occultes et parfois scientifiques. Dans le siècle de Diderot, la Raison rendra cette Nature plus transparente.

Et pour s’en convaincre, il suffit de lire le journal des scavans du 8 septembre 1682, qui relate l’histoire d’un œuf de poule (décidément !), mais cette fois, dont la substance intérieure fait apparaître …un visage humain ! Les conclusions d’un médecin de l’époque, Guisony (alors docteur agrégé en médecine à l’université d’Avignon) nous sont ensuite données « mot pour mot » selon le journal. Tous les physiciens du comtat mirent alors leur esprit à la torture pour expliquer ce fait. Antoine Portal, médecin et fondateur de l’académie royale de médecine, dans son histoire de l’anatomie et de la chirurgie dit à ce sujet qu’il « ne s’amuse pas à rechercher la cause d’un fait qui n’est rien moins que démontré » !

gravure de la substance interne de l’oeuf:

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( 9 avril, 2014 )

le mercure françois, première revue française

 Le « Mercure français » rassemble une collection de sources de première main sur les évènements politiques, militaires, diplomatiques, mondains et religieux (statuts des réformés…). Jean Richer fonda ce périodique en 1612 (relayé ensuite par son parent Estienne) et traitât l’ensemble de l’actualité européenne, colonies comprises. Assisté de correspondants en France et à l’étranger, et rédigea lui-même des textes auxquels il adjoignit les nouvelles qu’on lui envoyait. A partir de 1624 la direction de la publication revint au Père Joseph, l’ami de toujours de Richelieu. L’esprit de la publication va changer. Le Mercure françois devînt un organe officieux du gouvernement

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