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( 10 février, 2015 )

Monnaies françaises

Des planches de l’ouvrage de François Le Blanc, numismate français du 17ème siècle, récemment acquises me donnent l’occasion de faire une petite histoire rapide du monnayage royal français et surtout d’admirer les gravures de F.Ertinger contenues dans le Traité historique des Monnaies de France (Edition originale de 1690).

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On distingue d’abord chez les Mérovingiens (6-8ème siècle) deux sortes de monnaies, basées sur le sou d’or romain et ses sous divisions (semis). Les unes autorisées par le nom du roi et les autres par le nom du monétaire. Les premières sont rares, tandis que les secondes sont en comparaison assez communes.

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monnaies mérovingiennes

Les espèces royales et celles des monétaires ne diffèrent point entre elles : toutes représentent d’un côté une tête, et au revers une croix ou diverses figures, telles que l’alpha et l’oméga, un calice, des croisettes…

Il est vrai que ces artistes mérovingiens ont oublié l’art monétaire que les Grecs et les Romains avaient poussé au plus haut degré de perfection.

Pour unifier son royaume et y faciliter les échanges, Charlemagne, second roi carolingien après Pépin le bref, décide en 781 de remplacer les pièces anciennes mérovingiennes par une nouvelle monnaie. Cette monnaie sera frappée en argent, seul métal précieux relativement abondant chez les Francs. L’unité de base sera le denier, mais un nouvel étalon de change apparaît, la livre (240 deniers). Le sou, dont le prestige demeure grand,  n’a plus d’existence propre mais devient un multiple du denier. Ce nouveau système monétaire restera en vigueur dans de nombreux pays européens pendant près de mille ans. (1 livre vaut 20 sous et 1 sou vaut 12 deniers).

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monnaies de Charlemagne sans portrait (CAROLUS )

A la fin des règnes de Charlemagne et de son fils Louis, le portrait disparaît de la face des monnaies. Il ne reviendra qu’au début du 16ème  siècle.

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monnaies carolingiennes de charlemagne avec portraitIMGP8069

Monnaies de Louis le débonnaire avec portrait

Sous le règne de Charles le Chauve (840-877) apparaît la formule latine GRATIA DEI REX (roi par la grâce de Dieu) qui perdurera jusqu’au 18ème siècle. Le revers comporte le nom de la ville émettrice (ici Paris). 

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Monnaies carolingiennes de charles le chauve  (PARISII)

Après l’éclatement de l’Empire carolingien, les Capétiens s’attachent à imposer leur pouvoir politique et économique progressivement sur tout le royaume. Les premiers rois capétiens ont fait forger des espèces tout à fait disparates dans les différentes villes de leur domaine.

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Monnaies des premiers capétiens (ici Hugues Capet)

 Philippe Auguste (1180-1223) essaya de centraliser la monnaie, en la ramenant à un type uniforme et impose le denier Parisis frappé à son nom comme seule monnaie. Ces deniers comportaient les noms des villes d’où ils étaient émis

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Denier tournois de Philippe auguste frappés à Orléans (Aurelanis)

Si le système monétaire hérité de Charlemagne s’est maintenu avec ses subdivisions en livres, sous et deniers, il connut des vicissitudes, parce que l’unité de poids n’était pas la même d’une province à l’autre, on vit ainsi coexister deux systèmes: les deniers parisis et les deniers tournois (liées à l’atelier de Tours). Les premières valaient les quatre cinquièmes des secondes. Ces deux systèmes de monnaies de compte devaient coexister jusqu’à la suppression du denier parisis sous Louis XIV.

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denier Tournois (Turonus civis)

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Deniers parisis (parisius civis)

Pour unifier le système monétaire, Saint Louis fait frapper en plus des petits deniers, les gros tournois d’argent (12 deniers) qui furent la première matérialisation du sou dans l’histoire monétaire française. Il crée en même temps l’écu d’or d’une valeur de 10 sous tournois (rare connu a quelques exemplaires). Il fit donc disparaître de ses pièces les noms des ateliers locaux, à l’exception de Paris et Tours sur les deniers.

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Gros tournois de Louis X . Ainsi le gros d’argent, frappé en 1266 pour une valeur de 12 deniers tournois, vit sa valeur portée par Philippe le Bel, surnommé le « roi faux monnayeur », à 13 deniers en 1290, 15 en 1295, 20 en 1301 puis 39 en 1303. De 1355 à 1360, on ne compte pas moins de 52 mutations. Si le gros de Louis IX -saint louis- comporte douze lis sur le pourtour du revers, celui-ci en comporte treize, représentant les 13 deniers de sa valeur)

Au 14ème et 15ème siècles, les types se multiplient, mais toujours sur le même système de la livre.

Les monnaies d’or se nomment Écu, Chaise, Royal ou Mouton….

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Le roi assis tenant UN ÉCU

 

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Le personnage ROYAL debout

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Le roi à cheval. Franc pour « libre ». monnaie crée pour la libération de Jean II le bon en 1360.

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Double royal (double valeur du royal)

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ANGE de face avec écu

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Le roi sur sa CHAISE

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Le roi avec un PAVILLON derrière lui (ou dais)

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Le roi assis avec un LION a ses pieds

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REINE d’or (la reine debout)

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AGNEL d’or

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MASSE tenue par le roi dans sa main droite

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MOUTON

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SALUT avec l’ange et la vierge

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ANGELOT de face

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NOBLE roi dans une nef

Quelques monnaies d’argent:

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Blanc

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Grand Blanc

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Léopard d’argent

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Blanc au grand L

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Blanc aux trois couronnes

Sous Louis XII et François 1er, on commença à représenter la tête du roi sur quelques-unes de ses monnaies, notamment les testons et sous divisions. Les graveurs étudièrent et allèrent jusqu’à imiter les beaux types de la numismatique romaine. Les profils sont  laurés, couronnés ou têtes nues et rivalisent de beauté. 

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