( 11 octobre, 2014 )

La recherche de la perfection

5

IMGP8628

C’est dans le domaine de la forme du caractère d’imprimerie que les Didot provoquent  de profonds changements. Alors toujours tributaires en cette fin 18ème siècle, des codes de Claude Garamont (16ème s) et de Pierre-Simon Fournier (18ème s), la typographie « moderne » des Didot supplante progressivement les anciennes polices dans les livres. Le livre que je vais vous présenter traduit ce changement. Il semble extrêmement moderne bien qu’il ait 215 ans et sa présentation est minimaliste et radicalement différente des autres compositions de la même époque!

Les Didot visent la perfection . La correction du texte, la correction de la typographie, des caractères (ceux-ci étaient gravés par son frère Firmin Didot) frisent l’excellence. Ils sont les créateurs du Point Typographique, sorte d’étalon des caractères, dont la valeur est 0,376 mm (Douze points Didot font une unité Cicéro).

Par un décret du 8 pluvose de l’an III (27 janvier 1795), l’Imprimerie Nationale, alors installée au Louvre, quitte les lieux qu’elle occupait depuis 1640 pour s’installer dans l’hôtel de Penthièvre. Quatre années plus tard, en 1796, le ministre de l’Intérieur de l’époque, un  certain François de Neufchâteau, permis à Pierre Didot de s’installer dans les locaux libérés par l’Imprimerie nationale. En effet, il mérita que ses presses fussent placées au Louvre comme récompense nationale, et donna, avec le concours de son frère Firmin, la collection dite du Louvre, où l’on admire les plus grands classiques, comme cette édition de Malherbe de 1797  imprimée à 250 exemplaires sur un papier vélin de la fabrique de Delagarde aîné, dans le Marais. L’adresse porte: « imprimé au Louvre ».

Cette édition est au format In Quarto, mais il existe aussi une édition In folio des grands classiques français, dont l’impression s’échelonne de 1798 à 1801. En grand format sont imprimés Virgile, Horace et le Racine que le jury de l’Exposition de 1801 proclama « la plus parfaite production typographique de tous les pays », consécration ultime de son travail. Didot ne quittera le Louvre qu’en 1805.

IMGP8629 IMGP8630 IMGP8631

Je vous livre quelques agrandissements de caractères afin d’en apprécier l’excellence:

1 2 3 4 5

|