( 5 mai, 2015 )

Dernière édition du 18e siècle pour Molière- 1799- Didot

( 24 avril, 2015 )

Oeuvres de Molière par Didot (1791-94)

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Le Moulin de la Courade, d’où provient le papier qui a servi a imprimer cette superbe collection des œuvres de Molière, est une ancienne papeterie du département de la Charente. Il est situé sur la Boëme, affluent de la Charente et dans la commune de La Couronne, au sud-ouest de l’agglomération d’Angoulême. Ce moulin est inscrit aux Monuments historiques depuis 2009.

Dès 1641, un moulin à papier existait à cet emplacement. Le principe était de broyer des chiffons avec de gros maillets en série, les martinets, dans de grosses cuves. A partir de 1740, le moulin fait partie de la manufacture royale d’Angoulême, créée par le négociant parisien Henry, et reste la propriété de la famille Henry jusqu’au 20e siècle. En 1785, le petit-fils de ce négociant, Henry de Villarmain, y installe les premières piles hollandaises de l’Angoumois (nouveau système à base de cylindre en rotation, appelé pile hollandaise, mis au point en 1682 en Angleterre et en Hollande). Son frère, Henry La Courade, exploitant du moulin en 1818, porte le nombre de cuves à quatre. La construction du nouvel atelier de fabrication mécanique date de 1837. En 1904, Henry La Courade transforme l’usine en cartonnerie. Le dernier fabricant, à la fin des années 1970, est Guillaud.

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Les quatre premiers tomes portent la date de 1792. Le cinquième tome celle de 1793 (An II de la république) et le dernier tome, la date de 1794 (an III de la république):

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Dans le tome III, se trouve la pièce de 1666, le Médecin malgré lui.

Petit amusement! L’acte I nous est ici lu par des élèves de 6ème 6 du collège M. Genevoix de Romorantin.

 Scène I :

Gravure de François Chauveau pour la scène VI de l’acte I, lorsque Valère et Lucas rencontre Sganarelle. A noter que sur cette gravure, les deux bâtons qui vont servir à battre Sganarelle, afin qu’il reconnaisse ses « talents » de médecin sont encore au sol, contrairement au frontispice de l’édition originale, ou les deux valets les ont déjà en main.

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scène II: 

scène III:

scène IV: 

scène V :

scène VI:

Quelques gravures de pièces, d’après François Boucher:

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A propos de la comédie: L’équilibre fragile qui s’était instauré entre l’Église et le théâtre est brutalement remis en cause par les jansénistes qui, avec La Fréquente Communion d’Arnauld (voir  XVII e- Jansenisme), puis la polémique de pierre Nicole adoptent une attitude beaucoup plus radicale sur la question. (le traité de la comédie se trouve dans le Tome III des œuvres morales de Nicole)

C’est «l’affaire du Tartuffe» qui permet aux dévots et donc à la puissante Compagnie du Saint-Sacrement de ranimer ce conflit doctrinal ancien qui, avant 1666, n’avait pas encore touché Molière. L’abbé d’Aubignac déplore que «le théâtre se laisse retomber peu à peu à sa vieille corruption, mais il essaie de calmer les esprits en suggérant l’intervention d’une censure susceptible de moraliser la scène. Les dévots ne désarmeront pas : Pascal se dira convaincu que «de tous les divertissements, le plus dangereux est la comédie», et Pierre Nicole accusera le théâtre d’être «un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes des fidèles.» Pour lors, le parti des dévots attaque à coups redoublés : Conti, autrefois protecteur de Molière, soudainement revenu à la religion, publie son Traité de la comédie et des spectacles, selon la tradition de l’Église tirée des conciles, et son aumônier, l’abbé de Voisin, rédige ensuite pour sa part une Défense du Traité de Monseigneur le prince de Conti. Bien qu’ils s’en prennent aux comédiens et à divers damaturges, dont Pierre Corneille, ces ouvrages visent essentiellement Molière, écrivain accusé non seulement d’obscénité, depuis la querelle de L’École des femmes, mais surtout d’athéisme et d’ingérence dans les choses de la religion, depuis Dom Juan. Alors que des prédicateurs, comme Bourdaloue ou le père Maimbourg, se déchaînent en chaire contre le dramaturge, il est décevant de constater que ceux qui auraient dû s’allier naturellement à lui pour le soutenir, l’abbé d’Aubignac, Corneille, Racine, l’abandonnent à son triste sort. Molière ne peut que faire remarquer en vain, dans la préface du Tartuffe : «Je ne puis pas nier qu’il n’y ait eu des Pères de l’Église qui ont condamné la comédie; mais on ne peut pas me nier aussi qu’il n’y en ait eu quelques-uns qui l’ont traitée plus doucement.»

 

 

 

 

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