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( 15 octobre, 2014 )

La guerre des dictionnaires

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Je viens de trouver une édition en trois volumes In Folio du Dictionnaire de la langue française  de 1769. Cette édition est la plus aboutie des éditions de ce célèbre dictionnaire de Pierre Richelet. Revenons sur son histoire. Les trois grands dictionnaires français du 17ème siècle sont le Richelet, imprimé en 1680, le Furetière en 1690 et enfin le dictionnaire de l’académie française en 1694.

L’académie avait obtenu le monopole d’un dictionnaire de la langue en 1674. Afin de contourner ce monopole et de sortir son dictionnaire avant les autres, Richelet ruse et s’oriente plus vers une encyclopédie. D’ailleurs son premier titre est Dictionnaire françois contenant les mots et les choses…avec les termes les plus connus des arts et des sciences !

Il est le premier à supprimer tout équivalent latin. Il passe pour « naïf et cocasse », parce que ses définitions sont parfois polémiques. Mais il est établi que c’est un ouvrage original. Ses exemples sont tirés des contemporains, Patru, Scarron, Benserade, Boileau ou  Molière… Il évite les archaïsmes et les auteurs anciens. Son dictionnaire a énormement de succès et outre les grandes éditions in folio, on compte un nombre important d’abrégés de petits formats de poche. Thomas Corneille, le frère de Pierre, qui publie un Dictionnaire des arts et des sciences en 1694, le pille. Le détail technique dans lequel il entre, par exemple pour l’article presse (voir l’article presse ci-dessous), en fait un précurseur des Encyclopédistes.

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Je propose aussi deux albums, l’un composé d’articles avec des références parmi les auteurs de son époque (Molière, Despréaux…), et l’autre de définitions de mots aujourd’hui oubliés ou disparus.

Ce genre de dictionnaire contient une multitudes de « vieux » termes, pour reprendre les mots de Richelet, qui sont une mine de renseignements pour l’histoire de notre langue.

♥ plaisir de lire:

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A propos de l’ex-libris. On lit au dessus de la vignette de la page de titre :  Ex Libris Collegii Aven(ionenis). Le Collège d’Avignon, aujourd’hui Lycée St Joseph.

Un départ tragique

En 1768, les troupes du roi de France (Louis XV) occupent Avignon. Aussitôt est appliqué le décret d’interdiction de la Compagnie de Jésus qui s’exerçait déjà depuis 4 ans dans le royaume de France. Les Jésuites enseignaient au collège d’Avignon.

Le 11 Juin 1768, quatre compagnies royales prennent position dans le collège dont les cours ont été suspendus, mais les pères ne partirent que le 1er Août car, à cause de la foire de Beaucaire, on n’avait pu trouver assez de voitures à chevaux pour les transporter.

Le dimanche 31 Juillet, fête de St Ignace, ils purent célébrer une dernière fois la messe dans leur église, mais entre eux et portes closes.

Le lendemain matin, ils sortirent en procession du collège au milieu d’une foule d’élèves et de parents qui attendaient dans la rue. Chacun n’emportait que son bréviaire, son crucifix, et quelques livres ou souvenirs personnels (mais depuis plusieurs mois les pères avaient vidé la maison en transportant bon nombre de choses dans des couvents amis et en vendant tout le reste, ils avaient même organisé une véritable journée « portes ouvertes » pour tous les acheteurs).

La procession avança lentement au chant de l’In Exitu jusqu’à la place des Corps Saints, puis la porte St Michel. Il y avait à l’entrée de la route de Tarascon, au milieu des champs cultivés, une grande statue de la Vierge élevée lors de la peste de 1722, ils s’agenouillèrent à ses pieds et leur supérieur les bénit (il eut du mal à achever sa phrase tant il était ému). La petite foule d’élèves et de parents qui les avait accompagnés (environ 600 personnes) pleurait. Les soldats surveillaient la scène de loin…

Après la bénédiction de leur supérieur, les pères se relevèrent, s’embrassèrent, embrassèrent leurs amis, et se dispersèrent dans toutes les directions.

Le collège resta fermé un an, jusqu’au 22 Avril 1769, où il rouvrit avec les Bénédictins de St Martial. Le conseil de ville les confia aux Doctrinaires jusqu’en 1792 où Avignon fut rattachée à la France : le collège fut alors définitivement fermé.

(Source : site du lycée saint Joseph d’Avignon)

 

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