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( 3 septembre, 2014 )

Les prières au service de la guerison

Du Moyen-Âge au 19ème siècle, l’homme a puisé les remèdes servant à le guérir dans son environnement proche. Ainsi, il utilise les éléments du mode végétal, animal ou même minéral, et y associe le plus souvent quelques rituels magiques ou autres prières. Lorsque les «simples» ne suffisent pas, ce sont aux initiés, à ceux qui possèdent «le don» ou un savoir-faire reconnu, et en dernier recours au Ciel et à ses saints guérisseurs que l’homme s’adresse. Je vous propose quelques prières issues d’un livret intitulé « Le médecin des pauvres », édition ici imprimée à Limoges chez Baudot (années 1830) et illustrée en page de titre d’un bois de réemploi. Des prières qui plongent leurs racines dans les temps les plus anciens, mais qui continue à raisonner dans la société d’aujourd’hui. 

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Album : prieres

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( 1 juin, 2014 )

Les bois de réemploi

Certains éditeurs de la fin du 18ème siècle et du début du 19ème siècle se sont fait une renommée dans la littérature de colportage. Les plus connus sont ceux de Troyes, avec en tête de liste les dynasties des Oudot et les Garnier. Ces ouvrages contiennent souvent des bois de petite taille placés en page de titre ou en fin d’ouvrage. On appelle  »bois » (ou xylogravure), une gravure qui a été réalisé grâce à une matrice réalisée dans un morceau de bois dur, comme le buis.

Chapolin et Baudot éditent au début du 19ème siècle à Caen et Troyes des livrets de quelques pages dont vous pourrez trouver les titres dans la catégorie « XVIII e- Colportage (facéties populaires ou religion) ».

Ces éditeurs utilisent des bois dits bois de réemploi car ils ont été acquis après la vente du matériel typographique de tel ou tel imprimeur, lorsque ceux-ci ont cessé leur activité. Souvent même, vu l’ancienneté de certains bois, ce matériel provient de ventes successives et est certainement passé de mains en mains. Ces bois ont été fabriqués au 16 ou 17ème s pour illustrer des éditions diverses, Bibles, livres de littérature… et ne se retrouvent dans ces livrets que pour combler des pages vides ou, lorsqu’il s’agit d’ornements typographiques, à entourer les pages de titre. 

Je me suis « amusé » à essayer de retrouver les éditions d’ou ces gravures provenaient.

1- Le premier est assez simple, il s’agit d’un buste drapé, tête barbue de profil dans un triple cercle:

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 (Illustre les amours de Lucas et Claudine chez Godrefe à Lelis -Sillé )

Résultat : il s’agit de la tête de Thémistocle dans les éditions des Vies parallèles de Plutarque traduites par Jacques Amyot (voir catégorie « XVI e- Amyot jacques »). Il s’agit d’un bois des années 1580-1620)

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2- Deuxième exemple pris dans des livrets de colportage: Des bois ornementaux représentant des corbeilles tressées remplies de feuillages, de fruits….

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Ces bois sont typiques du 17 ème siècle et du début du 18ème siècle. Dans l’édition de Boileau imprimée chez Fabri à Genève en 1716, on en trouve plusieurs du même style (voir catégorie « XVII e- Boileau) :

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3- Pour le bois suivant (en fin des misères des plaideurs), je n’ai pas encore retrouvé l’édition exacte dans laquelle il se trouvait mais le style laisse à penser à une gravure du milieu du 16ème s, provenant d’une bible. Le sujet semble être l’adoration du veau d’or. Le style peut faire penser aux bois de Pierre Vase de Lyon?

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une gravure similaire se trouve dans les figures de la bible illustré par cet artiste et imprimé à Lyon en 1564 chez Guillaume Rouille:

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4- Plus difficile, ces bois religieux provenant du médecin des pauvres chez Baudot à Troyes (début 19ème siècle) pour le premier et des Noels nouveaux chez Garnier pour le second:

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Le premier représente le christ lavant les pieds et le second une vierge à l’enfant. Le christ semble être issu d’une bible assez ancienne (première moitié du 16ème s.

5- Autre exemple de réemploi d’un élément typographique très présent dans les livres du début du 16ème s et abandonné depuis le milieu du siècle; La feuille. Les deux feuilles ici photographiées se trouvent dans la composition de la page de titre des béquilles du diable boiteux. La seconde image est issue des Illustrations de Gaulle et singularités de Troye de Jean Lemaire de Belges (1540):

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6- Le dernier exemple, l’homme zodiacal présenté également dans les béquilles du diable boiteux, nous montre un bois qui a toutes les apparences d’un bois sorti d’une édition plus ancienne, pour la simple raison qu’il n’a aucun rapport avec les texte imprimé.

Le dessin frustre et mal imprimé montre les correspondances entre les signes du zodiaque et les organes de l’homme, entre les planètes et le corps humain. Il représente l’influence des astres sur le corps.La nomination des douze signes sur les corps humains sont : Aries qui gouverne la tête avec ses parties (Bélier), Taurus, le col et les épaules (Taureau), Gémini, les bras et les mains (Gémeaux), Cancer, la poitrine et le poumon, Léo, le coeur, le foie et l’estomac (Lion), Virgo, la rate, le ventre et les intestins (Vierge), Libra, l’épine du dos, les roignons et les fesses (balance), Scorpius, les hanches et les parties honteuses (Scorpion), Sagitarius, les cuisses (Sagittaire), Capricornus, les deux genoux (Capricorne), Aquarius, les jambes (Verseau), Pisces, gouverne les pieds (poissons).

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( 9 mars, 2014 )

colportage religieux

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