( 21 septembre, 2014 )

Oeuvres de Mme Lambert

 C’est à Fénelon que Mme de Lambert emprunte la plupart de ses vues. « J’ai trouvé dans Télémaque, les préceptes que j’ai donnés à mon fils, et dans l’Éducation des filles les conseils que j’ai donnés à la mienne. »

Les préceptes que renferme l’Avis d’une mère à son fils sont relatifs, non à l’éducation proprement dite, mais à la conduite à tenir dans le monde ; l’auteur y recommande une noble ambition comme la meilleure sauvegarde de la vertu. 

Dans l’Avis d’une mère à sa fille, une part est faite à la pédagogie ; la question des études qui conviennent aux femmes y est traitée. « C’est une mère qui a éprouvé sur elle-même la vertu des conseils qu’elle donne à sa fille, et qui voudrait lui inspirer les goûts solides où, dans une vie traversée par des disgrâces de toute nature, elle a trouvé la paix de l’âme et le bonheur. Elle ne recommande point les sciences extraordinaires, elle écarte les sciences abstraites. Les connaissances utiles, c’est-à-dire celles « qui coulent dans les moeurs », voilà ce qu’elle préconise. Elle ne s’opposera donc pas à ce qu’une femme ait de l’inclination pour le latin : c’est l’idiome de l’Eglise et de l’antiquité ; mais il lui suffit qu’elle possède la langue qu’elle doit parler. Elle aime « l’histoire grecque et romaine, qui nourrit le courage par les grandes actions qu’on y voit» : elle exige qu’on sache l’histoire de France : « il n’est pas permis d’ignorer l’histoire de son pays ». En tout sujet, elle veut qu’on donne à la jeune fille « une véritable idée des choses », qu’on l’empêche de céder au préjugé, qu’on l’habitue à penser. Au premier rang parmi les études nécessaires elle range la philosophie, « surtout la nouvelle, si on en est capable ». Sa règle est que, en fait de religion, il faut céder aux autorités ; mais que, sur toute autre matière, on ne doit recevoir que celle de la raison et de l’évidence ; « c’est, à son avis, donner des bornes trop étroites à ses idées que de les enfermer dans celles d’autrui ».

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La marquise de Lambert, animatrice d’un cercle prestigieux et réputée pour ses qualités de toutes sortes est un modèle pour les familles nobles du XVIIIe siècle. Elle a rédigé pour son fils et pour sa fille des conseils de vie (publiés en 1726 et 1728).

 A l’intention de sa fille, Mme de Lambert écrit ses « Avis d’une mère à sa fille» dans lequel elle critique vivement le peu d’intérêt qu’on porte dans son milieu à l’éducation féminine. Elle en souligne les conséquences pour la société, pour les familles (« les maisons ») et pour les personnes. Le point important est que les mères elles-mêmes transmettent à leurs filles les grandes vertus, la conception intelligente de la religion, la force de caractère, un certain détachement des biens matériels qui caractérisent la vraie noblesse. Mme de Lambert met sa fille en garde contre les agréments superficiels et souvent trompeurs de la vie mondaine (« le monde », « les maximes du siècle »), qui est proposée dans son milieu. Elle propose une idée du bonheur qui est fondée sur la vertu, la cohérence des choix de vie et l’indépendance intérieure. Mme de Lambert, fidèle aux principes du christianisme, s’oppose à Mme Du Châtelet dans sa mise en garde contre les plaisirs et dans son éloge de la religion, mais elle la rejoint dans l’affirmation de la nécessité de la rigueur morale, de l’estime des autres, et surtout d’une véritable formation des femmes.

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