( 15 février, 2014 )

L’année terrible ! -1760-

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La comédie des Philosophes remporte un vif succès à sa création à la Comédie-Française le 2 mai 1760. Les circonstances de l’acceptation de la pièce par les Comédiens puis de sa création sur scène avaient pourtant donné lieu à quelques troubles : la pièce, présentée aux Comédiens Français par Fréron, aurait été encouragée  par des « ordres supérieurs ». Palissot était soutenu notamment par le duc de Choiseul, la princesse de Robecq et le Dauphin ; la Clairon se serait opposée à ce que la pièce soit jouée. Malgré son succès public, Palissot aurait amendé sa pièce et adouci quelques références satiriques après la création.

La polémique déclenchée par la pièce est marquée notamment par la production, en quelques mois, d’une vingtaine de textes : brochures, injures imprimées, pièces de théâtre et parodies (vous en trouverez quelques exemples ci dessous). Les adversaires de Palissot retiennent contre lui, en particulier, les faiblesses formelles et esthétiques de sa pièce et l’accusent de plagiat ; les mœurs de Palissot sont raillées. 

Dans cette pièce, le style en est percutant, et les sarcasmes adressés aux Philosophes sont efficaces. Ils visent à la fois leurs comportements et leurs idées. Si Voltaire est épargné et Rousseau plutôt ménagé, Diderot est attaqué avec une extrême brutalité dans le personnage de Dortidius. La pièce renferme également des références avérées à Duclos et à Grimm.

La pièce suscita une réaction indignée de Rousseau, qui écrivit au libraire Duchesne qui la lui avait envoyée : « En parcourant, monsieur, la pièce que vous m’avez envoyée, j’ai frémi de m’y voir loué. » Diderot, de son côté, opposa un silence méprisant. Voltaire fut celui qui organisa la riposte du parti philosophique avec sa pièce le Café ou L’Écossaise où il met également en scène Fréron sous le nom de Wasp (Frelon en anglais).

IMGP9328gravure de la page de titre avec une femme qui brûle des livres (ceux des philosophes) sous les yeux de deux personnages (Diderot et Rousseau ?)

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( 5 avril, 2013 )

L’homme dangereux

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Dans les pamphlets qui suivirent la publication de la comédie des « Philosophes », Palissot était représenté comme un homme »dangereux ». Il eut alors l’idée de composer une comédie justement intitulée « L’homme dangereux » et de répandre le faux bruit qu’il était vivement affecté de la prochaine représentation de cette pièce où il disait être violemment attaqué.  

A cette nouvelle, la joie des philosophes fut inexprimable. Tous portaient d’avance l’ouvrage aux nues et se félicitaient de sa représentation prochaine. On imagine aisément quelle eût été leur confusion, lorsque l’auteur se serait fait connaître : ce moment allait devenir, pour le public, une comédie plus piquante que la pièce de Palissot.

Mais aux répétitions, on reconnut le style de l’auteur. Celui-ci s’était dévoilé lui-même, en exprimant trop bien ses propres sentiments et sa situation personnelle à l’égard de ses ennemis.  

Le secret, jusqu’alors si bien gardé, se trouva compromis. Effrayés à la fois du danger qu’ils avaient couru, et du ridicule qui les menaçait, les ennemis se réunirent tous, et la pièce fut défendue le jour même où elle devait être représentée.

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