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( 16 décembre, 2014 )

Les richesses de l’agriculture

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Après une première carrière de médecin chirurgien, François Quesnay se tourne dans les années 1750 vers l’économie. Il forme l’école des Physiocrates ou Economistes dans laquelle le rejoignent des personnalités comme Mirabeau (le père) ou encore Pierre Samuel du Pont de Nemours. Ses principaux écrits sur l’économie sont d’abord des articles de l’Encyclopédie (Fermiers, Grains,  Hommes), puis des livres intitulés Le Tableau économique (1758), Maximes générales du gouvernement économique d’un royaume agricole (1758) ou ce rare Essai sur l’administration des terres de 1759.

Préface de l’ouvrage:  

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La thèse principale de Quesnay est que seule l’agriculture est productrice de richesses nouvelles, richesses qui sont ensuite réparties entre les différents groupes sociaux et qui, en circulant, permettent à ces derniers de vivre. Ces richesses se diffusent dans l’ensemble des classes de la société par le biais des dépenses des agriculteurs et des prélèvements effectués par les propriétaires de la terre, par le souverain et par les bénéficiaires de la dîme. Ces prélèvements, à leur tour, sont dépensés notamment en commandes auprès d’artisans et de commerçants… La thèse est évidemment fausse, mais, à l’époque, dans une société où la population active était agricole aux neuf dixièmes, elle n’était pas absurde… Quesnay en tira une conséquence subversive : si les agriculteurs sont les seuls vrais producteurs de richesses, les prélèvements – notamment fiscaux, mais aussi la rente du sol versée aux propriétaires fonciers – qui pèsent sur eux risquent de les décourager ou de les assommer dès lors qu’ils deviennent excessifs : leur rôle est de permettre que la puissance productive du sol alimente d’autres activités de transformation, mais il faut veiller à ce que, sous prétexte de financer le train de vie des puissants, ils n’étouffent pas la poule aux ?oeufs d’or. Quesnay suggère donc que la richesse et la puissance de la nation ne dépendent pas de celles du souverain (et de la classe dominante qui l’entoure), mais de la capacité des producteurs à produire et à vendre sans entrave : c’est le premier économiste de l’offre, dirions-nous aujourd’hui. Dans sa lignée, Vincent de Gournay sera d’ailleurs l’auteur de la maxime qui résume le mieux la pensée libérale : « Laissez faire, laissez passer. »

 Alternatives Economiques Poche n° 21 – novembre 2005

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