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( 20 octobre, 2014 )

Avis aux contrefacteurs

Au 18ème siècle, à l’époque des extraits que vous allez pouvoir lire plus bas, certains philosophes s’interrogent sur le fait de contrefaire un livre. L’Allemand Kant publie en 1796 Qu’est-ce qu’un livre et en 1785, De l’illégitimité de la reproduction des livres.

Il faut, dit-il, clairement définir en quoi les contrefacteurs font une infraction. Pour ce faire, il sépare l’éditeur légitime de l’illégitime (le contrefacteur) : le premier a la permission de l’auteur pour parler en public en son nom, le second pas (dans le livre contrefait, l’auteur parle au public en son nom mais passe par une tiers instance avec laquelle il n’a pas passé contrat). Celui qui perd de l’argent en se faisant contrefaire des livres  pour lesquels il a un privilège  en France (et seulement en France, c’est d’ailleurs le problème), c’est l’éditeur et non l’auteur. Car jusqu’en 1791, les droits d’auteur n’existent pas. Ils sont reconnus à cette date par l’assemblée constituante. Beaumarchais avait crée une société pour défendre les droits des auteurs dès 1777. On voit a quel point les vingt dernières années du 18ème siècle sont importantes pour les auteurs. D’ailleurs, la fin du  18ème voit l’ apparition d’un nouveau type de littérateur, l’auteur qui espère tirer sa subsistance de la valeur commerçante de ses reproductions.

Parmi les trois Avis aux contrefacteurs qui suivent, cris d’auteurs face à ces pilleurs d’oeuvre, le plus intéressant est celui de Restif de la Bretonne (le troisième).

1-Dans les comptes-faits de François Barrême (1755): 

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2-Avis en première page de l’édition de Lyon du Mariage de  figaro- 1785 (vous trouverez la page de titre de l’édition d’Amsterdam dont il est question dans cet Avis dans la catégorie « XVIII e-  Beaumarchais ».

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3-Avis contenu dans la sixième partie des Nuits de Restif de la Bretonne- 1788

il s’agit dun véritable cri adressé aux lecteurs. On peut faire un parallèle avec l’industrie du disque et les copies pirates sur internet.

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4-Avis dans l‘Avis au peuple sur sa santé de Tissot (1777).

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( 14 juin, 2014 )

Le Palais royal de Restif de la Bretonne

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Le « Palais-Royal », rédigé par Restif de la Bretonne de septembre 1789 à mars 1790, est une description d’un lieu  devenu, dans les dernières années de l’Ancien Régime, le centre de Paris. L’ouvrage que je vous présente sort en 1790 avec une adresse on ne peut plus vague , « Au palais Royal d’abord, puis Partout ». Cafés, salles de spectacles, jardins attirent les curieux, les amateurs de plaisirs divers et tout particulièrement de jolies femmes.

Madame Janus est une matrone bien particulière puisqu’elle « restaure » les vieillards grâce à ses « Sunamites», prostituées originales, puisque ces Sunamites sont de jeunes vierges qui couchent avec des vieillards pour leur redonner vitalité par le contact de leur corps et la fraîcheur de leur haleine. L’état de sunamite est provisoire puisqu’elles deviennent, selon leurs aptitudes, soit des« berceuses », soit des « chanteuses », ou encore des « converseuses ».Ce sont les histoires de ces converseuses qui forment le troisième volume. Leur corps n’est plus en jeu dans ces relations, seul compte leur esprit.

Dans l’état d’ « ex-Sunamites », les « berceuses » sont chargées d’endormir les vieillards par l’agrément de leur conversation, les « chanteuses » de soulager par la qualité de leur voix les maux de la vie, et enfin  les « converseuses »,  de faire de même par leur talent à raconter des histoires. Ces « ex-Sunamites », cessent d’être des filles publiques et deviennent des citoyennes.

Dans cette troisième et dernière partie, le Palais-royal devient un monde où la parole seule est  souveraine et devient Le remède à toutes les infortunes et les frustrations de la vie. Converser c’est conserver, raconter des histoires devient une fonction salvatrice. Il s’agit de la célébration de l’écrivain. Le vice  et la débauche du palais royal de l’ancien régime fait place à  la vertue et aux bonnes moeurs comme nous le montre le tout dernier paragraphe du livre (cf photo après la lecture).

Lecture du début du dernier volume:

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( 14 mai, 2014 )

La mode extravagante des robes à paniers

Dès le début du règne de Louis XV, l’exubérance  des tenues provoque chez les femmes une surenchère d’extravagances. Ainsi, les robes à « paniers » que vous pouvez admirer sur quasiment toutes les gravures de Louis Binet en sont un bon exemple (Voir la catégorie XVIII e- Restif de la Bretonne).

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Sorte de jupon à cerceaux composé de plusieurs rangs de baleines horizontales, il se porte sous les autres jupons pour donner sa « forme » à l’ensemble. Les arceaux sont le plus souvent ovales pour donner ces deux énormes protubérances de part et d’autre de la taille. Cet accessoire incroyable marque la taille des femmes, et c’est d’ailleurs à cet effet que les comédiennes du milieu du 17ème siècle l’auraient inventé. Il sert autant à cacher l’embonpoint qu’à reposer ses bras de chaque coté, ou encore à « aérer » en cas de forte chaleur ! Le plus dur était de s’asseoir, de franchir les portes, à moins d’imiter le crabe, ou encore de se croiser dans des couloirs trop exiguës ! Les excès d’ampleur que les femmes donnent à leur toilette deviennent des sujets de moqueries et de nombreux sobriquets sont donnés à celles qui portent ces sortes de robe. Le ministre Fleury fut même obligé de rendre un arrêté pour laisser des places libres autour de la reine lors des représentations théâtrales afin que celle-ci ne soit pas cachée par ses voisines trop volumineuses !   

( 28 avril, 2014 )

Sixième partie des nuits de Paris de Restif de la bretonne.1788

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l’extrait  suivant correspond au frontispice

 

( 29 mars, 2014 )

La typographie de Monsieur Nicolas -1794

Apprenti chez l’imprimeur Fournier à Auxerre, Restif de la Bretonne débute donc sa « carrière littéraire » dans l’atelier de Fournier, au milieu de 32 autres ouvriers qui s’agitent en tous sens pour composer, corriger, encrer et imprimer les feuillets un à un. Trente cinq ans plus tard, à partir de 1790, l’homme devenu auteur, se voit contraint d’imprimer lui-même ses livres. L’œuvre majeure de Restif de la Bretonne est sa vaste autobiographie, Le cœur humain dévoilé, ou Monsieur Nicolas, en huit volumes dont la sortie des presses s’échelonne de 1794 à 1797. Ici sont présentés les quatre premiers volumes, ceux retraçant son enfance, avec des gros plans sur les « originalités » typographiques de Restif.

Clairement, la composition est au service du texte et de l’auteur, les tailles des caractères se succèdent au gré de l’importance du texte, les manchettes sont utilisées, les abréviations, si communes au 15 et 16ème siècles sont monnaie courante, les renvois en bas de page et l’orthographe singulière font de ce livre, outre l’intérêt de son texte, quelque chose d’unique qu’il est très émouvant d’avoir en main.

 

LE LIVRE:

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LA TYPOGRAPHIE:

 

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Mention du lieu d’impression « imprimé à la maison ». 

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Manchette « inversée ». En typographie, on appelle manchette une note placée non pas en bas de page, mais dans la marge du texte. Ici, Restif l’emploie en bas de page. Le A de auteur n’est pas de la même taille que le reste du mot!

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Orthographe des mots: « Mon Kalendrier »

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Plusieurs polices (manuscrite pour la signature RESTIF) et tailles de caractères dans  la même page.

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Abréviations diverses: « MONSr »

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( 20 février, 2014 )

les contemporaines- 11ème volume

Immense galerie de portraits féminins, des modes, des costumes, des métiers de l’ancien régime, avec un idéal féminin sorti de l’imagination de l’auteur: tailles de guêpe, pieds « mignon », fétichisme de la chaussure, exagérations dans la finesse de la taille et des pieds.. Une des plus jolies suites d’illustrations du XVIIIe siècle, sans doute exécutée au dépens du fameux gastronome Grimod de la Reynière, ami de l’auteur, les frais ayant été considérables. Les figures, souvent non signées, sont la plupart de Binet ou de ses élèves, sous la direction de Restif, et gravées par Berthet

Cette oeuvre monumentale à la fois disparate et cohérente propose une véritable étude sociale et morale de la société française du XVIIIe siècle et en particulier des femmes. Les nouvelles sont souvent tirées d’anecdotes parfaitement véridiques, à tel point dit-on, que certaines femmes en vue, qui s’étaient reconnues dans le récit de leurs aventures libertines, moururent de chagrin

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( 19 février, 2014 )

les contemporaines- second volume

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( 19 février, 2014 )

les contemporaines

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( 19 février, 2014 )

les contemporaines- 10ème volume

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( 19 février, 2014 )

les contemporaines

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