( 13 février, 2015 )

La querelle des bouffons (Musique)

Élie Fréron (1718-1776) est un journaliste et considéré comme l’un des premiers critiques littéraires au 18ème siècle. En 1754, Fréron fonda l’Année littéraire, qui fut l’œuvre de sa vie et qu’il dirigea jusqu’à sa mort. Il y critiquait la littérature de son temps et combattait notamment les philosophes des Lumières au nom de la religion et de la monarchie. L’article que je vous propose fait partie d’un volume de l’année 1757. Son sujet correspond à la querelle des bouffons qui agita le milieu de la musique dans ces années de milieu de siècle. Cette querelle est une controverse parisienne qui a opposé les défenseurs de la musique française groupés autour du célèbre Jean-Philippe Rameau et les partisans d’une ouverture vers d’autres horizons, réunis autour du philosophe et aussi musicologue Jean-Jacques Rousseau, partisans d’italianiser l’opéra français (voir le dictionnaire de musique de Rousseau)

Cet article de Fréron attaque l’Encyclopédie, via l’autorité de Rameau en matière de musicologie, à propos d’erreurs contenues dans certains articles rédigés par le novateur Jean-Jacques Rousseau .

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A propos de la querelle de Fréron et de Voltaire:

( 28 octobre, 2014 )

L’Emile de Rousseau- 1762

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Il y a 250 ans, Jean jacques Rousseau fait imprimer son ouvrage Emile ou de l’éducation (ou Emile est le prénom que Rousseau a choisi pour désigner l’élève). C’est d’abord un traité philosophique qui remet en cause l’éducation classique en vigueur en France depuis le 16ème siècle, avec comme matières principales, la philosophie et la rhétorique, et où la mémorisation par coeur  était au centre des méthodes d’apprentissage. Il commence à l’écrire vers 1758 alors qu’il est installé chez Louise d’Epinay, à l’Hermitage, non loin de la maison des oratoriens dans laquelle on formait les professeurs.

A cette époque, pour ses contemporains, Jean-Jacques est d’abord un homme de musique, auteur du devin du village, au succès important tant à la cour que dans toute l’Europe. Mais il s’est toujours intéressé à la formation de l’être, à l’éducation (Dès 1731, il est  précepteur). Au 18ème siècle, on redécouvre l’histoire, la géographie, les sciences avec la physique ou l’optique…mais l’enseignement reste toujours classique et basé sur la transmission verticale de savoir (du maître vers l’élève). Ce type d’éducation, Jean-Jacques la rejette. « Emile n’apprendra jamais par cœur » dit-il, il faudra qu’il fasse la découverte de ce qu’il saura. Peu de livres lui seront nécessaires. Il est vrai que dès son premier Discours en 1750, Rousseau rejette cette culture qui a perverti la société.

Le livre est condamné par le parlement et la Sorbonne, et brûlé en place publique. Rousseau doit s’exiler  et subir les attaques des philosophes français, Voltaire en tête. Seuls les philosophes Allemands s’intéresseront à ses théories. Kant parle d’une « surprenante nouveauté d’idées », et c’est là que survivra cet ouvrage, dans la recherche de son application , de sa mise en œuvre pratique.

 

 

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EXPLICATION DES CINQ GRAVURES DE L’EMILE (gravées d’après les dessins de Charles EISEN). Une gravure par livre (il y en a 5)

L’exemple le plus connu de traité sur l’éducation au XVIII e, est Emile ou de l’éducation de Rousseau. Après La Nouvelle Héloïse (1761), roman épistolaire de la famille idéale, l’Emile décrit une éducation idéale en marge des institutions. Les nombreuses illustrations des différentes éditions  montrent le réel engouement des artistes. L’éducation à la campagne, avec les paysans, est une source d’inspiration privilégiée pour les artistes proches des sujets de genre. Rousseau définit le cadre et donne aussi à de nombreuses reprises des exemples de situations concrètes d’éducation. Après le choix de Rousseau des allégories pour l’édition de 1762 (meme illustrations que celles présentées), les dessinateurs opteront pour des scènes de genre, plus proches du texte. Les scènes d’éducation peuvent s’insérer plus évidemment dans un contexte social. Néanmoins Rousseau éduque l’enfant non pour la société mais pour l’espèce : il faut se conformer en tous points à la nature. Ce sont les dessinateurs qui inscrivent les propos de l’auteur dans un contexte social, associant de ce fait les idées développées par Rousseau au milieu représenté. Ce qui a pour autre conséquence de les montrer en exemple, alors même que Rousseau dénonce leurs procédés éducatifs.

C’est dans l’Emile que se trouve la profession de foi du vicaire Savoyard, ou il fait l’éloge de la liberté de penser. Ses idées religieuses (déisme) sont condamnées, et notamment par Mr de Beaumont. Il lui répond dans une lettre:

♥ plaisir de lire:

Album comprenant l’arrêté du Parlement condamnant l’Emile:

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Album : emile

5 images
Voir l'album
( 25 mai, 2014 )

Le culte de Rousseau sous la révolution

Premier document présenté pour illustrer ce culte, une loi datée de 1791:  

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Marie-Thérèse Le Vasseur avait, pour subsister, le produit de la vente de quelques manuscrits de Jean-Jacques, et les rentes que lui faisaient quelques libraires (Marc Michel Rey notamment). Le 21 décembre 1790, sur les instances de Mirabeau, l’Assemblée nationale, en même temps qu’elle votait une statue à Rousseau, décréta que sa veuve jouirait d’une pension de 1 200 francs, qui fut dans la suite portée à 1 500. Cette pension ne fut pas toujours exactement payée, et Marie-Thérèse, retirée au Plessis-Belleville, tomba dans la misère.

 

Deuxième document: Une édition révolutionnaire du contrat social, datée de l’an II (1794-95), avec un frontispice très explicite:

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Ce frontispice reprend certains éléments d’un frontispice de l’Emile (édition posthume de 1780- date en bas de la gravure) d’après un dessin de Charles Nicolas Cochin, avec notamment la femme et l’enfant au premier plan. Par contre, sur notre gravure du contrat social, un ange laure le grand homme à la place de l’enfant qui rabote sous les yeux et les conseils de son maître. De même la devise de l’auteur sur la colonne a disparu.

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Avec la publication du Contrat social (1762) les acteurs de la Révolution française considèrent Rousseau comme Le grand théoricien politique de la démocratie.

« L’homme est né libre et partout il est dans les fers ». Il s’agit du premier constat du philosophe dans son Contrat social.

Si Rousseau construit la théorie (adressée à la petite République de Genève), les grandes figures de la Révolution française se sont emparées de son texte pour justifier leurs positions.

Ses principales idées (l’homme est né libre et bon, la société l’a corrompu, la naissance du droit de propriété est la source de tous les maux, les inégalités se créent avec le pouvoir …) permettent de justifier la condamnation de l’absolutisme royal et du pouvoir autoritaire et arbitraire.

Rousseau défend l’idée pré-révolutionnaire de la liberté des peuples (du « peuple souverain ») à disposer d’eux-mêmes.

Autre édition révolutionnaire chez Leprieur en 1791, avec le portrait du philosophe:

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( 20 mars, 2014 )

Quelques enregistrements sur diverses oeuvres de Rousseau

( 19 mars, 2014 )

portrait de Rousseau d’après Maurice Quentin de la Tour

( 9 mars, 2014 )

gravure de Moreau le jeune pour rousseau (édition 1790)

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( 12 juillet, 2013 )

La botanique selon Rousseau

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Le recueil de plantes coloriées pour servir à l’intelligence des lettres élémentaires sur la botanique de J.J. Rousseau est publié à Paris, chez Poinçot, en 1789. Cet ouvrage, le tome 38, vient conclure les Œuvres complètes de Rousseau, réalisées par Louis-Sébastien Mercier, François Henri Stanislas de L’Aulnaye, Pierre Prime Félicien Le Tourneur et Gabriel Brizard.

L’ouvrage contient 44 planches, qui ont été coloriées à l’époque (le titre d’ailleurs l’annonce) et dont les couleurs sont magnifiques. Il fût créé pour venir compléter Lettres élémentaires sur la botanique (1782).

Ce volume incarne la passion de Rousseau pour la botanique. Rousseau découvrit la botanique dans les années 1760), puis la délaissa pour s’adonner à la musique et à l’écriture de ses oeuvres, avant d’y revenir vers 65 ans, car il préférait herboriser, ce qui le détendait, plutôt que réfléchir, ce qui le fatiguait et l’attristait, écrit-il dans la septième rêverie du promeneur solitaire. Pourtant ses Lettres sur la botanique lui permettaient de continuer une réflexion sur la culture, au sens large, commencée dans l’Émile, son traité d’éducation, et son roman, La Nouvelle Héloïse, où il s’interrogeait sur l’art du jardin.

Au fil des 44 planches de Jean Aubry, chaque plante est présentée sur le feuillet de gauche avant d’être décrite de façon très pédagogique (et très scientifique) sur le feuillet de droite:

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( 21 février, 2010 )

Charles Eisen pour le Discours sur l’origine de l’inégalité de Rousseau

dsc02851.jpg ilretournechezsesegaux001.jpg page de titre du second volume des « oeuvres complètes » de Rousseau chez Marc Michel Rey en 1769. La célèbre  gravure » il retourne chez ses egaux » illustrait l’édition originale de 1755

( 21 février, 2010 )

Charles Eisen pour le Dictionnaire de musique de Rousseau

( 20 février, 2010 )

Charles Eisen pour la nouvelle Héloise de Rousseau 1769

dsc026691.jpg dsc026701.jpg Analyse de l’image :
    Julie, qui a fixé rendez-vous à Saint-Preux dans un bosquet du jardin de la propriété familiale, lui donne un baiser avant de défaillir; elle tombe dans les bras de sa cousine Claire (NH, Ière partie, L.14). « Le lieu de la Scène est un bosquet. Julie vient de donner à son ami un baiser cosi saporito, qu’elle en tombe dans une espèce de défaillance. On la voit dans un état de langueur se pancher, se laisser couler sur les bras de sa Cousine, et celle-ci de la recevoir avec un empressement qui ne l’empêche pas de sourire en regardant du coin de l’œil son ami. Le jeune homme a les deux bras étendus vers Julie; de l’un, il vient de l’embrasser, et l’autre s’avance pour la soutenir: son chapeau est à terre. Un ravissement, un transport très-vif de plaisir et d’allarmes doit régner dans son geste et sur son visage. Julie doit se pâmer et non s’évanouir. Tout le tableau doit respirer une ivresse de volupté qu’une certaine modestie rend encore plus touchante. Inscription de la 1e estampe. Le premier baiser de l’amour.

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