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( 19 juin, 2015 )

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La bibliothèque du presbytère ouvre ses livres et présente les plus belles gravures qui illustrent ses éditions anciennes d’auteurs français du XVIe au XVIIIe siècle.

Vous trouverez dans ce blog des articles sur des sujets très divers et écrits au gré des acquisitions de livres.

Ce site a été créé suite à une exposition réalisée dans le presbytère en 2012 qui présentait les principaux auteurs de la littérature française.

Ces articles contiennent parfois des bandes sonores pour écouter des extraits ou des explications, mais ils sont surtout une source iconographique concernant un choix d’éditions de grands auteurs français des siècles qui ont précédés la révolution.

 

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sont une source inépuisable

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( 18 juin, 2015 )

Fables de la Fontaine imprimées pour le dauphin de France- 1788- DIDOT

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Brevet qui ordonne l’impression pour l’éducation du dauphin de France:

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Album : brevet

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dédicace au dauphin:

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Album : dedicace

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Attaché à la pureté et à la correction, plus encore qu’à l’élégance des éditions sorties de ses presses, François Ambroise Didot réalisa de belles éditions avec les types élégants gravés par son fils Firmin Didot. Louis XVI le chargea de réimprimer, pour l’éducation du dauphin, une Collection de classiques français, dans les trois formats in-18, in-8° et in-4°. Il en a donné successivement 18 volumes in-18°, 17 in-8° et 12 in-4°. Cette dernière collection a été continuée et portée à 31 volumes par son fils Pierre Didot. Éditions remarquables par la correction du texte, la beauté de l’impression et la qualité des papiers utilisés (vélin). Ces éditions furent recherchées de toute l’Europe. Voici la liste des œuvres, et en gras celles que vous pourrez trouvez dans la bibliothèque du presbytère:

FRANCOIS AMBROISE DIDOT (1730-1804), dit Didot l’ainé (Cf page de titre de cet ouvrage):

- 1783, Fénelon, les Aventures de Télémaque, 1 volume in-4° (200 exemplaires), 2 volumes in-8° (350 exemplaires), et 4 volumes in-18° (450 exemplaires).

- 1784, Racine, Œuvres, 3 volumes in-4° (200 exemplaires), 3 volumes in-8° (350 exemplaires), et 5 volumes in-18° (450 exemplaires).

- 1784, Bossuet, Discours sur l’Histoire universelle, 1 volumes in-4° (200 exemplaires), 2 volumes in-8° (350 exemplaires), et 4 volumes in-18° (500 exemplaires).

- 1785, Biblorum sacrorum vulgatae…, 2 volumes in-4° (250?exemplaires), et 8 volumes in-8° (350 exemplaires).

- 1787 à 1788, La Fontaine, Fables, 1 volumes in-4° (250 exemplaires), 2 volumes in-8° (350 exemplaires), et 2 volumes in-18° (450 exemplaires).

- 1788, Nicolas Boileau-Despréaux, Œuvres, 2 volumes in-4° (250 exemplaires), 3 volumes in-18° (500 exemplaires).

- 1789, Jean-Baptiste Massillon, Petit Carême, 1 volume in-4° (250 exemplaires).

- 1790, Jean-Baptiste Rousseau, Odes, Cantates, épitres et poésies diverses, 1 volume in-4° (250 exemplaires).

PIERRE DIDOT (1760-1853):

- 1790, Voltaire, la Henriade, 1 volume in-4° (250 exemplaires).

- 1791-94, Molière, Œuvres, 6 volumes in-4° (250 exemplaires).

- 1795, Corneille, Théâtre, 10 volumes in-4° (250 exemplaires).

- 1796, François de La Rochefoucauld, Pensées et Maximes, 1 volume in-4° (200 exemplaires).

- 1797, François de Malherbe, Poésies, 1 volume in-4° (250 exemplaires).

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Restauration de l’ouvrage. Les gardes sont changées:

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Seule partie réutilisable de l’ancienne reliure, le dos en cuir noir, qui nécessitera quelques rajouts de cuir :

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Le dos est renforcé avec une toile fine:

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Puis ajusté sur les nouveaux plats identiques a ceux d’origine: 

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( 3 mars, 2015 )

Livre d’oraisons du père Coton

En 1603, Pierre Coton obtient d’ Henri IV, que soit révoquée l’expulsion des jésuites de France décrétée par le parlement de Paris en 1594 (voir l’autre article de la catégorie XVI e- Jésuites-explusion). Ayant la faveur du roi, les jésuites reviennent en France, et fondent ça et là des institutions d’enseignement. Après cette date, Coton est donc «Prédicateur du roi», et en 1608, grâce à la protection de Marie de Médicis, Henri IV le prend  comme confesseur et conseiller, et lui confie même l’éducation du dauphin, le futur Louis XIII. Coton est entré dans l’histoire sous la forme d’une boutade: «Le roi a du coton dans les oreilles !»

Les ouvrages des jésuites rentrent progressivement en France en ce début de 17ème siècle. D’abord, avant Coton, le père Richeome, avait produit quelques ouvrages de piété jésuite, comme son Adieu de l’âme dévote, ou encore sa défense des pèlerinages.Bientôt les écrits du père Coton viennent s’ajouter à ces ouvrages destinés au grand public. Les Oraisons dévotes…, commandées par la reine Marie de Médicis, sont imprimées à Paris dès 1611, mais aussi dans d’autres villes, comme cette très rare édition de Troyes.

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Plusieurs petits textes suivent:

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Les quinze effusions du sang… par Maître François Grandin, Angevin et curé de l’église collégiale de Saint-Jean Baptiste d’Angers. Son nom figure dans les recherches historiques sur l’Anjou et ses monumens par J.F. Bodin (Saumur-1823) et dans les bibliothèques françoises de la Croix du Maine et de du Verdier (Paris -1772). Il semble avoir écrit vers 1558-1570. Plusieurs éditions des effusions vers 1582…

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Fermoir en bronze

 

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A propos de cette édition:

Imprimée par (ou pour) Pierre de Villiers, vers 1628-29 (?). Je n’ai trouvé que très peu d’informations sur cet imprimeur. DAns l’édition de 1839 de Recherches sur l’établissement de l’imprimerie à Troyes , il n’est pas fait mention de cet imprimeur, ni de ce titre! Seule l’édition de 1851 de Conrad de Breban note pages 78-79: « De Villiers: On trouve sous son nom, dans d’anciens catalogues, le titre Brieve narration de la généalogie de la maison de Gonzague par Nicolas Baillot, avocat (1629, In 12).

( 27 janvier, 2015 )

Portraits des rois de France.Vers 1839. Gravures sur bois

Jusqu’au milieu du  19ème siècle, la bibliothèque bleue connaît un succès très important, et les ouvrages d’information forment à peu près un petit tiers de la production totale, après les ouvrages religieux et ceux de littérature ou de fiction. Cet exemple d’ouvrage « compilateur » d’informations très diverses, historiques, médicales, géographiques, politiques, économiques… nous montre ainsi une série de portraits des rois de France, de Pharamond à Louis-Philippe. Cet exemplaire est imprimé à Limoges chez F. Chapoulaud.

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Les portraits sont assez stéréotypés , figés depuis le début du 16ème siècle, et il suffit de comparer les portraits (en premier celui de Pharamond) avec les gravures sur bois des Anciennes et modernes généalogies (1527) pour s’en convaincre.

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( 22 novembre, 2014 )

La Littérature de colportage

Du 16 au 19ème siècle, nombre d’imprimeurs vont produire des textes issus de la tradition médiévale, notamment des romans de chevalerie, des ouvrages de piété et également des brochures plus « pratiques » : almanachs, prédictions, livres d’heures, abécédaires…

La volonté de toucher le plus large public pousse les imprimeurs à abaisser les coûts de production, en raccourcissant les textes et en négligeant la qualité de l’impression, caractères usés, illustrations réalisées à l’aide de bois gravés, qui n’ont parfois qu’un rapport lointain avec le texte et couverture muette de papier souvent bleu-gris (papier servant à emballer les pains de sucre). Les premiers succès populaires concernent sans doute les romans de chevalerie : L’Histoire des quatre fils Aymon, Huon de Bordeaux ou encore La Grande Danse macabre.

Troyes, qui est la capitale de la production des livrets de colportage (bibliothèque bleue), comprend plusieurs imprimeurs de renom, comme les Garnier, Oudot ou encore Baudot au 19ème siècle. D’autres centres de production vont voir le jour (Caen, Montbelliard, limoges…)

Faisons un tour d’horizon des types de production ce ces livrets. On peut distinguer trois grandes catégories. 

Les types de livrets produits 

Les ouvrages liés à la religion. 

Ils représentent la part la plus importante de la production au vu des inventaires après décès : Histoire Sainte, cantiques et noëls, textes d’instruction religieuse…

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Les ouvrages de fiction et de littérature. 

Ils empruntent au fonds ancien des romans de chevalerie, mais aussi aux contes de fées, au début du XVIIIe siècle (contes de Perrault, de Mme d’Aulnoye). A cela s’ajoutent nombre de récits aux héros populaires (le Juif errant, Gargantua, Jean de Calais, Scaramouche, ortunatus…), facéties, récits burlesques, satires des sexes et des conditions sociales (malice et méchanceté des hommes et des femmes, misères des domestiques, des chirurgiens, des garçons boulangers…), ainsi que quelques pièces de théâtre. 

-ouvrages d’origine ancienne:

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-ouvrages de littérature 17-18ème s:

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-ouvrages de facéties populaires:

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 -Les ouvrages d’instruction. 

 

Leur nombre est sensiblement identique à celui des ouvrages de fiction, mais cette catégorie est aussi la plus disparate : brochures utilisées pour les apprentissages premiers (abécédaires, arithmétiques…) ou pour un enseignement plus avancé (les civilités, avec ouvrages moralisants, modèles épistolaires, règles de conduite et de bienséance…) ; histoire (peu représentée, elle le sera surtout avec Napoléon) ; information et politique (surtout dans les almanachs) ; faits divers (peu présents à l’exception de trois bandits notoires : Cartouche, Mandrin et Guilleri) ; ouvrages pratiques et techniques (recueil de botanique, guides de jardinage, de médecine, de cuisine) ; remèdes (fréquemment mêlés de pratiques magiques, ils ouvrent la voie à toute une série de brochures sur l’astrologie, les sciences occultes… dont le Calendrier des Bergers représente une sorte de condensé) ; recueils de chansons.

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-Les Almanachs et autres livrets de prédictions.

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Diffusion des livrets 

L’idée est d’aller au-devant de la clientèle. Ainsi naît le commerce ambulant par colportage. Transportés dans les ballots des marchands, ils doivent être légers, d’où leur format réduit et l’absence de reliure. Activité d’abord urbaine, le colportage part à la conquête des campagnes où il fait partie intégrante du paysage à la fin du XVIIIe siècle.

Annoncés par leurs cris, les colporteurs étalent leurs brochures lors des foires et des marchés, voire parfois à la porte des églises. Intermédiaires entre le fabricant et l’acquéreur, les colporteurs pouvaient se faire l’écho des goûts de la clientèle auprès des imprimeurs.

Des règlements n’ont cessé de tenter de contrôler cette pratique (en concurrence avec les libraires), mais leurs fluctuations montrent bien leur échec. De 45 colporteurs autorisés en 1611, on passe à 120 en 1712. En 1723, on exige qu’ils sachent lire et écrire. En 1725, ils doivent porter une plaque spéciale. En 1757, un édit punit de mort le colportage de livres clandestins. La censure est supprimée en 1788, mais la Convention remet le colportage sous surveillance. A la fin du règne de Louis-Philippe, un rapport de la commission de colportage estime à 3500 le nombre de colporteurs circulant en France, où ils distribuent chaque année 9 millions de volumes : c’est l’apogée du colportage. Le développement des communications (trains…) et une réglementation plus stricte du colportage provoquent la disparition de la profession dans la seconde partie du 19ème siècle.

( 19 juillet, 2014 )

Un artiste méconnu

Le 18ème siècle n’est pas le siècle de la gravure sur bois, et pourtant elle est toujours présente, non pas pour illustrer le texte, mais pour décorer les livres de bandeaux, vignettes et autres ornements. Le graveur, dont je veux vous présenter quelques œuvres, fait partie des artistes dont on croise le travail dans nombre d’ouvrages anciens du 18ème siècle et qui participe à l’embellissement de la composition et de l’harmonie des pages d’un livre. Le graveur sur bois en question est Jean Beugnet. L’ouvrage Les graveurs du dix-huitième siècle du  baron Roger Portalis et d’ Henri Béraldi (consultable sur Gallica) n’en parle pas. J’ai eu beaucoup de mal à trouver quelques renseignements sur cet artiste. Par contre, son professeur est plus connu, il s’agit de Jean-Michel Papillon (1698-1776- Egalement auteur d’un livre sur l’histoire et la technique de la gravure sur bois).

Voici deux albums de quelques réalisations de Papillon. Toutes sont signées PAPILLON, et datées des années 60 et 70 :

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Album : oeuvres de papillon

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Album : papillon 2

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On connaît la date de décès de Jean beugnet, 1803, et on sait qu’il travailla essentiellement à Paris. Dans l’Almanach du voyageur à Paris de Mr Thiéry (1784), il est dit que le « sieur papillon était un des artistes les plus distingués dans cet art (graveur en bois); aujourd’hui c’est le sieur Beugnet ». Il signe ces œuvres de son nom complet, BEUGNET, ou d’un B, mais ne les date pas, contrairement à son maître. 

Je vous présente, glanées dans la bibliothèque, une série d’une vingtaine de gravures de Jean Beugnet. Comme pour les gravures de Papillon, celles-ci sont prises dans des Almanachs, pièces de théatre, oeuvres historiques ou littéraires … bref elles décoraient un évantail très large de types de livres):

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Album : Beugnet

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Autre gravure de Beugnet pour une page de titre de la grande édition de l’histoire naturelle des oiseaux de 1771 (Imprimerie Royale):

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Autre élève de Papillon, Nicolas Caron (1700-1768):

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Album : Caron

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(Dans cet album, le premier bandeau date de 1785- ouvrage de Fabre du Bosquet- , le second de 1777, dans une édition d’amsterdam de la Henriade de Voltaire)

 

 

 

 

( 31 mai, 2014 )

les frères Deckherr

Histoire d’une association

Originaire de Spire en Allemagne, Jean-Théophile Deckherr est imprimeur à Montbéliard depuis qu’il a racheté le fond de Becker en 1796. En 1803, l’un de ses fils Théophile-Frédéric reprend la boutique de son père. Son imprimerie est d’abord établie à Porrentruy puis à Montbeliard en 1813.

Cette même année commence une association (formée pour 20 ans par contrat du 26 oct. 1812) entre ce même Théophile-Frédéric, à ses deux frères, Rodolphe-Henri, alors marchand quincaillier en détail et fabricant de cartes à jouer, et Léopold-Hermann, libraire à Porrentruy.

Les trois frères publient sous le nom de « Frères Deckherr », « Deckherr frères » ou simplement « imprimerie Deckherr » jusqu’en 1832. Après cette date, l’association ne semble s’être reformée que ponctuellement. Théophile-Frédéric et Rodolphe-Henri se partagent le matériel de l’imprimerie tandis que Léopold-Hermann reçoit la librairie.

Les Deckherr sont spécialisés dans l’édition populaire et proposent trois types de production : les almanachs, les livres de dévotion et les livrets de la bibliothèque bleue.

Une constante dans leur production, l’utilisation d’un papier assez grisâtre, et une composition pas toujours très soignée ! L’illustration se compose de bois assez grossiers.

Je vous propose quelques exemples de leur production, avec des œuvres de Mme d’Aulnoy, de Charles Perrault,  Daniel De Foe, ou encore l’un des titres de la bibliothèque bleue, le bonhomme misère :

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( 5 mai, 2014 )

Privilèges, permissions, censures et approbations

Permissions, approbations, privilèges, censure avant la Révolution française : l’édition sous contrôle

Le privilège (ou extrait de privilège) et l’approbation peuvent se trouver dans un livre à la fin des pièces liminaires ou sur le dernier verso du livre.

Il y a en matière de privilège un avant et un après « Révolution française ».

En ce qui concerne l’imprimerie typographique les autorités civiles et religieuses n’ont pas tardé à mettre leur nez dans ce qui était publié. L’imprimerie permettait en effet une multiplication rapide et à grande échelle des écrits. Il fallait contrôler l’ensemble, et pour cela il existe deux façons d’intervenir : accorder à l’éditeur un monopole sur un texte pour une durée limitée (le privilège) et la censure (avant avec l’examen du manuscrit et après publication).

Le Privilège du Roi, tout en accordant une protection contre la contrefaçon, permettait le contrôle du texte puisqu’il nécessitait une approbation des censeurs royaux (religieux ou laïcs selon le texte) pour être protégé. Le texte manuscrit était remis avec son approbation au Garde des Sceaux. De plus le privilège demandait à ce que l’impression se fasse dans “notre bon royaume”, en “bon papier & en bons caractères” et que deux exemplaires soient remis “dans notre bibliothèque publique” (le fameux dépôt légal). Le privilège assure un monopole sur l’ouvrage pendant un temps déterminé (théoriquement) mais il est souvent renouvelable. Cela au bénéfice des libraires parisiens, proches du pouvoir, même si en province les Parlements délivraient également des privilèges ou permissions.

deux privilèges dans des livres 16ème s.:

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La censure s’exerce principalement contre les critiques du Roi, du pouvoir royal, de l’Eglise et de la morale ; au 18e siècle sur les livres érotiques et les livres philosophiques (se réclamant des Lumières). L’approbation était obligatoire (1701 pour les livrets de plus de deux feuilles)  pour avoir le droit d’imprimer un texte. Relativement sobre l’approbation rappelle le titre de l’ouvrage et le nom de l’auteur accompagnés d’une formule type : “nous n’avons rien trouvé de gênant …”. Approbation et privilège doivent être présents dans le livre (au début ou à la fin).

La censure s’exerçait également après la publication de l’ouvrage. La police du livre était chargée de saisir les stocks des libraires écoulant des ouvrages prohibés ou contrefaits, de surveiller les transports de livres, les importations provenant de l’étranger… L’incriminé pouvait se retrouver avec une amende, la saisie de son fonds voire la prison. Les cas sont cependant assez rares, la rivalité entre la direction de la Librairie (qui accorde les privilèges) et la police et la justice (infractions) expliquant en partie cette inefficacité.

La censure entraîne la contrefaçon ou l’impression d’éditions interdites, qu’elles soient provinciales (Avignon) ou étrangères (Genève, Neuchâtel et sa Société typographique, les Provinces-Unies, Liège, Bouillon…), favorisées par une absence de législation internationale et une politique libérale en matière d’édition. La censure permet aussi à un livre condamné d’avoir un beau succès de librairie.

Deux voies étaient possibles pour un imprimeur-libraire qui désirait imprimer un livre : la voie légale (avec des variantes : approbation, privilège) et la voie illégale (fausse adresse…). La multiplication des éditions clandestines et des contrefaçons a conduit à la mise en place des permissions simples (1701, revue en 1777) puis des permissions tacites (1709) au début du 18e siècle.

La permission simple, mise en place à partir de 1701, moins chère qu’un privilège, est accordée aussi par lettres patentes de grand sceau, pour une durée de 3 ans (5 ans à partir de 1777).Elle n’accorde pas de privilège dans l’édition.

La permission tacite, elle, consistait à permettre officieusement l’impression d’un ouvrage en France, ou encore à fermer officiellement les yeux sur l’impression d’un ouvrage. Elle pouvait être accordée simplement oralement ou par écrit. Pour obtenir une permission tacite, il fallait faire lire le manuscrit par la censure, au rapport de laquelle le directeur de la librairie était censé connaître son contenu. Le livre était alors publié généralement sans nom d’auteur et portait en principe sur la page de titre un lieu fictif de publication, hors de France : le but était que le livre ressemble à un livre clandestin, afin que le gouvernement ne soit pas tenu pour responsable des idées qu’il pouvait contenir. La permission tacite n’apporte aucun monopole dans l’édition bien sûr !

Face à une situation catastrophique dans les années 70, où les contrefaçons et les importations de l’étranger sont légion, le pouvoir royal décide d’améliorer l’état de l’imprimerie en France. L’arrêt du 30 août 1777 du Conseil d’État du Roi “portant règlement sur la durée des privilèges en librairie” met fin à la perpétuation des privilèges : un imprimeur peut alors imprimer librement les anciennes éditions non augmentées si le privilège est expiré et l’auteur mort. Une permission simple (remaniée) est alors accordée moyennant finances et sans garantie de non-concurrence (pas de privilège). La durée des nouveaux privilèges est aussi limitée à 10 ans maximum. Une mesure qui ne fut pas très efficace contrairement à la légitimation des contrefaçons, arrêt rendu le même jour que celui sur les privilèges.

La Révolution française viendra bouleverser tout cela en 1789.

L’approbation du roi, des censeurs ou des théologiens, selon le sujet du livre:

Les livres étaient soumis en France à la censure, notament de la faculté de théologie de la Sorbonne. Un ou deux censeurs vérifiaient la conformité de l’ouvrage avec la doctrine catholique . Leur avis était imprimé en tête de l’ouvrage.Pour  le livre « De la fréquente communion » d’Arnauld , 20 pages d’approbations diverses, en plus du privilège se trouvent en début de livre!!

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( 1 mai, 2014 )

Oeuvres de Buffon- edition de 1799- Sonini

Charles-Nicolas-Sigisbert Sonnini de Manoncourt est un naturaliste français. A ce titre, il entreprend une nouvelle édition de l’Histoire naturelle, avec un 1er volume edité en juin 1799, et le 127e en 1808, avec les additions de Buffon (de différentes époques) et ses découvertes particulières, avec en plus de multiples observations, soit l’entreprise sans doute la plus vaste après l’Encyclopédie, dans une bibliothèque très complète sur le sujet. Il intègre dans cette suite de l’œuvre de Buffon, l’Histoire naturelle des Poissons (1798-1803) et l’Histoire naturelle des Cétacés (1804) comprenant les parties qu’il avait rédigées pour Lacépède. On lui doit indépendamment une Histoire naturelle des Reptiles (1802).

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Deux pages de titre du premier tome de l’édition de Sonini, l’une pour 1799 (juin) l’autre pour 1800. les trois premiers tomes comprennent « les Epoques de la nature » et les Discours sur les « théories de la terre ».Le premier volume est orné des gravures suivantes:

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( 29 avril, 2014 )

L’an 2440- La bibliothèque du roi – Sur l’Encyclopédie

Petit enregistrement d’un extrait de « la bibliothèque du roi », chapitre de l’an 2440 de Mercier (1770).

Cet extrait concerne la forme de l’Encyclopédie (dictionnaire raisonné des…), jugée difficile d’accès et impropre pour une consultation efficace.

On dit souvent que Mercier était un peu visionnaire, et il l’est concernant le dictionnaire de Diderot puisque Panckoucke reprendra quelques années plus tard la publication de ce monument mais par « ordre des matières » (Encyclopédie méthodique) comme le montre la photo d’une page de titre d’un volume de gravures de cette publication qui s’étalera de 1782 à …..1832, soit 210 volumes!

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