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( 19 juin, 2015 )

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La bibliothèque du presbytère ouvre ses livres et présente les plus belles gravures qui illustrent ses éditions anciennes d’auteurs français du XVIe au XVIIIe siècle.

Vous trouverez dans ce blog des articles sur des sujets très divers et écrits au gré des acquisitions de livres.

Ce site a été créé suite à une exposition réalisée dans le presbytère en 2012 qui présentait les principaux auteurs de la littérature française.

Ces articles contiennent parfois des bandes sonores pour écouter des extraits ou des explications, mais ils sont surtout une source iconographique concernant un choix d’éditions de grands auteurs français des siècles qui ont précédés la révolution.

 

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( 28 octobre, 2014 )

L’Emile de Rousseau- 1762

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Il y a 250 ans, Jean jacques Rousseau fait imprimer son ouvrage Emile ou de l’éducation (ou Emile est le prénom que Rousseau a choisi pour désigner l’élève). C’est d’abord un traité philosophique qui remet en cause l’éducation classique en vigueur en France depuis le 16ème siècle, avec comme matières principales, la philosophie et la rhétorique, et où la mémorisation par coeur  était au centre des méthodes d’apprentissage. Il commence à l’écrire vers 1758 alors qu’il est installé chez Louise d’Epinay, à l’Hermitage, non loin de la maison des oratoriens dans laquelle on formait les professeurs.

A cette époque, pour ses contemporains, Jean-Jacques est d’abord un homme de musique, auteur du devin du village, au succès important tant à la cour que dans toute l’Europe. Mais il s’est toujours intéressé à la formation de l’être, à l’éducation (Dès 1731, il est  précepteur). Au 18ème siècle, on redécouvre l’histoire, la géographie, les sciences avec la physique ou l’optique…mais l’enseignement reste toujours classique et basé sur la transmission verticale de savoir (du maître vers l’élève). Ce type d’éducation, Jean-Jacques la rejette. « Emile n’apprendra jamais par cœur » dit-il, il faudra qu’il fasse la découverte de ce qu’il saura. Peu de livres lui seront nécessaires. Il est vrai que dès son premier Discours en 1750, Rousseau rejette cette culture qui a perverti la société.

Le livre est condamné par le parlement et la Sorbonne, et brûlé en place publique. Rousseau doit s’exiler  et subir les attaques des philosophes français, Voltaire en tête. Seuls les philosophes Allemands s’intéresseront à ses théories. Kant parle d’une « surprenante nouveauté d’idées », et c’est là que survivra cet ouvrage, dans la recherche de son application , de sa mise en œuvre pratique.

 

 

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EXPLICATION DES CINQ GRAVURES DE L’EMILE (gravées d’après les dessins de Charles EISEN). Une gravure par livre (il y en a 5)

L’exemple le plus connu de traité sur l’éducation au XVIII e, est Emile ou de l’éducation de Rousseau. Après La Nouvelle Héloïse (1761), roman épistolaire de la famille idéale, l’Emile décrit une éducation idéale en marge des institutions. Les nombreuses illustrations des différentes éditions  montrent le réel engouement des artistes. L’éducation à la campagne, avec les paysans, est une source d’inspiration privilégiée pour les artistes proches des sujets de genre. Rousseau définit le cadre et donne aussi à de nombreuses reprises des exemples de situations concrètes d’éducation. Après le choix de Rousseau des allégories pour l’édition de 1762 (meme illustrations que celles présentées), les dessinateurs opteront pour des scènes de genre, plus proches du texte. Les scènes d’éducation peuvent s’insérer plus évidemment dans un contexte social. Néanmoins Rousseau éduque l’enfant non pour la société mais pour l’espèce : il faut se conformer en tous points à la nature. Ce sont les dessinateurs qui inscrivent les propos de l’auteur dans un contexte social, associant de ce fait les idées développées par Rousseau au milieu représenté. Ce qui a pour autre conséquence de les montrer en exemple, alors même que Rousseau dénonce leurs procédés éducatifs.

C’est dans l’Emile que se trouve la profession de foi du vicaire Savoyard, ou il fait l’éloge de la liberté de penser. Ses idées religieuses (déisme) sont condamnées, et notamment par Mr de Beaumont. Il lui répond dans une lettre:

♥ plaisir de lire:

Album comprenant l’arrêté du Parlement condamnant l’Emile:

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Album : emile

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Voir l'album
( 2 août, 2014 )

le dernier des mutins

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Vous connaissez tous l’histoire de la Bounty, grâce à la nouvelle de Jules Verne, parue en 1879, et au film de Lewis Milestone, sorti en 1962, avec le ténébreux Marlon Brondo.

Ce navire, la Bounty, chargé d’aller chercher  des arbres à pain à Tahiti puis de les emmener aux Indes Occidentales afin de nourrir les esclaves des planteurs, est commandé par William Bligh et prend la mer le 23 décembre 1787. Suite au comportement tyrannique du capitaine, Christian Fletcher (un officier) et une partie de l’équipage se mutinent en 1789 et après de multiples péripéties, les mutins se retrouvent finalement sur l’île de Pitcairn (Elle est située plus de 2000 Kms de Tahiti, en plein océan Pacifique, à mi-distance entre l’Amérique du sud et l’Australie).

La suite de l’histoire est moins célèbre. Ce n’est qu’en 1808 que le destin de ces hommes fut connu dans les journaux et notamment en France par cet exemplaire du Messager boiteux daté de 1824 (voir la catégorie XVIII e-Colportage -almanach pour d’autres images de cet almanch).

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Cette gravure nous montre John Adams (à gauche), dernier survivant des mutins, accompagné d’une femme (il en avait plus de 10 !)  découvert par les officiers du baleinier américain Topaz. (Le récit de John Adams ne paraîtra qu’en 1825)

Pour la petite histoire, cet homme posa les fondements d’une communauté pieuse, encore aujourd’hui présente sur l’île.

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Voici ce que nous dit le Messager boiteux à propos de cette découverte :

( 21 juillet, 2014 )

Tout est bien qui finit bien…ça reste à voir

Le cultissime roman de Bernardin de Saint-pierre Paul et Virginie fut accueilli dès 1784 avec un enthousiasme extraordinaire. Il devient rapidement l’un des romans exotiques et romantiques les plus lus surtout par la gente féminine. Dans l’ Avis sur cette édition, en début de livre, on peut lire les lignes suivantes : « J’ai fait, sans souscription, cette édition In 18 , en faveur des dames qui désirent mettre mes ouvrages dans leur poche ». Les aventures des deux héros sont un succès sans précédent. Preuve en est, un grand nombre de pères et surtout de mères firent porter à leur enfant venant au monde les surnoms de Paul et de Virginie. La réputation de cette pastorale s’étendit à toute l’Europe.

Bernardin de saint-Pierre nous conte l’histoire de deux enfants ,puis amants dans l’île de France (île Maurice). Il dit lui-même pour expliquer le lieu de son roman que « nos poètes ont assez reposé leurs amants sur les bords des ruisseaux, dans les prairies…j’en ai voulu asseoir sur le rivage de la mer, au pied des rochers, à l’ombre des cocotiers, des bananiers et des citronniers en fleur ». Paul et Virginie fait partie d’abord des Etudes de la nature (4ème photo ci-dessous) : « J’ai taché d’y peindre un sol et des végétaux différents de ceux de l’Europe »

La scène du frontispice nous montre Paul enfant, abrité sous le jupon de Virginie, pour se protéger d’une ondée de pluie.

Cette gravure est dessinée par J. M. Moreau et se rapporte à l’extrait suivant. Le narrateur :«  J’aperçus à l’extrémité du jardin, Virginie qui accourait vers la maison, la tête couverte de son jupon qu’elle avait relevé par derrière, pour se mettre à l’abri d’une ondée de pluie. De loin je la crus seule; et m’étant avancé vers elle pour l’aider à marcher, je vis qu’elle tenait Paul par le bras (…) »

Paul et Virginie est imprimé séparément des Etudes en 1789 sous les presses de Didot dans l’imprimerie de Monsieur (Monsieur est le frère de Louis XVI et comte de Provence, ce sera le futur Louis XVIII.

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Début du même texte dans les Etudes de la nature, ici édition datée de 1791

 

( 1 juin, 2014 )

Les bois de réemploi

Certains éditeurs de la fin du 18ème siècle et du début du 19ème siècle se sont fait une renommée dans la littérature de colportage. Les plus connus sont ceux de Troyes, avec en tête de liste les dynasties des Oudot et les Garnier. Ces ouvrages contiennent souvent des bois de petite taille placés en page de titre ou en fin d’ouvrage. On appelle  »bois » (ou xylogravure), une gravure qui a été réalisé grâce à une matrice réalisée dans un morceau de bois dur, comme le buis.

Chapolin et Baudot éditent au début du 19ème siècle à Caen et Troyes des livrets de quelques pages dont vous pourrez trouver les titres dans la catégorie « XVIII e- Colportage (facéties populaires ou religion) ».

Ces éditeurs utilisent des bois dits bois de réemploi car ils ont été acquis après la vente du matériel typographique de tel ou tel imprimeur, lorsque ceux-ci ont cessé leur activité. Souvent même, vu l’ancienneté de certains bois, ce matériel provient de ventes successives et est certainement passé de mains en mains. Ces bois ont été fabriqués au 16 ou 17ème s pour illustrer des éditions diverses, Bibles, livres de littérature… et ne se retrouvent dans ces livrets que pour combler des pages vides ou, lorsqu’il s’agit d’ornements typographiques, à entourer les pages de titre. 

Je me suis « amusé » à essayer de retrouver les éditions d’ou ces gravures provenaient.

1- Le premier est assez simple, il s’agit d’un buste drapé, tête barbue de profil dans un triple cercle:

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 (Illustre les amours de Lucas et Claudine chez Godrefe à Lelis -Sillé )

Résultat : il s’agit de la tête de Thémistocle dans les éditions des Vies parallèles de Plutarque traduites par Jacques Amyot (voir catégorie « XVI e- Amyot jacques »). Il s’agit d’un bois des années 1580-1620)

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2- Deuxième exemple pris dans des livrets de colportage: Des bois ornementaux représentant des corbeilles tressées remplies de feuillages, de fruits….

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Ces bois sont typiques du 17 ème siècle et du début du 18ème siècle. Dans l’édition de Boileau imprimée chez Fabri à Genève en 1716, on en trouve plusieurs du même style (voir catégorie « XVII e- Boileau) :

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3- Pour le bois suivant (en fin des misères des plaideurs), je n’ai pas encore retrouvé l’édition exacte dans laquelle il se trouvait mais le style laisse à penser à une gravure du milieu du 16ème s, provenant d’une bible. Le sujet semble être l’adoration du veau d’or. Le style peut faire penser aux bois de Pierre Vase de Lyon?

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une gravure similaire se trouve dans les figures de la bible illustré par cet artiste et imprimé à Lyon en 1564 chez Guillaume Rouille:

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4- Plus difficile, ces bois religieux provenant du médecin des pauvres chez Baudot à Troyes (début 19ème siècle) pour le premier et des Noels nouveaux chez Garnier pour le second:

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Le premier représente le christ lavant les pieds et le second une vierge à l’enfant. Le christ semble être issu d’une bible assez ancienne (première moitié du 16ème s.

5- Autre exemple de réemploi d’un élément typographique très présent dans les livres du début du 16ème s et abandonné depuis le milieu du siècle; La feuille. Les deux feuilles ici photographiées se trouvent dans la composition de la page de titre des béquilles du diable boiteux. La seconde image est issue des Illustrations de Gaulle et singularités de Troye de Jean Lemaire de Belges (1540):

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6- Le dernier exemple, l’homme zodiacal présenté également dans les béquilles du diable boiteux, nous montre un bois qui a toutes les apparences d’un bois sorti d’une édition plus ancienne, pour la simple raison qu’il n’a aucun rapport avec les texte imprimé.

Le dessin frustre et mal imprimé montre les correspondances entre les signes du zodiaque et les organes de l’homme, entre les planètes et le corps humain. Il représente l’influence des astres sur le corps.La nomination des douze signes sur les corps humains sont : Aries qui gouverne la tête avec ses parties (Bélier), Taurus, le col et les épaules (Taureau), Gémini, les bras et les mains (Gémeaux), Cancer, la poitrine et le poumon, Léo, le coeur, le foie et l’estomac (Lion), Virgo, la rate, le ventre et les intestins (Vierge), Libra, l’épine du dos, les roignons et les fesses (balance), Scorpius, les hanches et les parties honteuses (Scorpion), Sagitarius, les cuisses (Sagittaire), Capricornus, les deux genoux (Capricorne), Aquarius, les jambes (Verseau), Pisces, gouverne les pieds (poissons).

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( 14 mai, 2014 )

La mode extravagante des robes à paniers

Dès le début du règne de Louis XV, l’exubérance  des tenues provoque chez les femmes une surenchère d’extravagances. Ainsi, les robes à « paniers » que vous pouvez admirer sur quasiment toutes les gravures de Louis Binet en sont un bon exemple (Voir la catégorie XVIII e- Restif de la Bretonne).

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Sorte de jupon à cerceaux composé de plusieurs rangs de baleines horizontales, il se porte sous les autres jupons pour donner sa « forme » à l’ensemble. Les arceaux sont le plus souvent ovales pour donner ces deux énormes protubérances de part et d’autre de la taille. Cet accessoire incroyable marque la taille des femmes, et c’est d’ailleurs à cet effet que les comédiennes du milieu du 17ème siècle l’auraient inventé. Il sert autant à cacher l’embonpoint qu’à reposer ses bras de chaque coté, ou encore à « aérer » en cas de forte chaleur ! Le plus dur était de s’asseoir, de franchir les portes, à moins d’imiter le crabe, ou encore de se croiser dans des couloirs trop exiguës ! Les excès d’ampleur que les femmes donnent à leur toilette deviennent des sujets de moqueries et de nombreux sobriquets sont donnés à celles qui portent ces sortes de robe. Le ministre Fleury fut même obligé de rendre un arrêté pour laisser des places libres autour de la reine lors des représentations théâtrales afin que celle-ci ne soit pas cachée par ses voisines trop volumineuses !   

( 23 mars, 2014 )

Les livres par Questions /Réponses- Education

Premier livre par questions /réponses, celui de Formey: L’encyclopédie ou abrégé de toutes les sciences (1784).

Quelques gravures sur les sept merveilles du monde, les dieux, le dessin, l’héraldique…

C’est en 1757 que ce petit manuel des connaissances nécessaire à l’enseignement des enfants parut pour la première fois  sous le titre d’Abrégé de toutes les sciences. Il appartient à l’abondante production pédagogique du pasteur Formey (1711-1797), d’origine huguenote, qui possédait au demeurant de nombreux centres d’intérêt. Le succès du livre fut considérable, et on compte environ vingt éditions françaises simplement au cours du XVIIIe siècle. Les traductions en d’autres langues furent également nombreuses.

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Second livre, classique du XVIIIeme s, « Connaissance de la mythologie ».

Ici le titre annonce clairement « par demandes et par réponses ». Cette méthode est très en vogue au 18ème s , plusieurs ouvrages dont la Méthode raisonnée du blason, L’art de l’accouchement à l’usage des sages-femmes ou des livres de géographie sont réalisés selon le même principe pédagogique.

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