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( 11 avril, 2020 )

Lara Croft et la physique amusante de l’abbé Nollet.

En zappant entre les différentes chaînes de la télévision, ne sachant que regarder devant la qualité des programmes télévisuels, je tombe sur un passage du film Tomb raider, où Lara Croft se trouve devant un espèce de pont, formé de deux barres parallèles en métal qui remontent légèrement et distantes d’environ 1 mètre, qu’elle doit franchir sans ameuter tout le quartier, vu que plus bas, il y a plein de méchants. Et là, je n’en crois pas mes yeux ! Grand écart facial, chacune des barres au niveau des tibia, les  bras alourdis par les armes qu’elle sert contre elle, elle se met à rouler vers l’avant tout en gardant le grand écart, et remonte ainsi les barres et réussi à franchir le pont!!! Énorme, c’est exactement l’expérience de physique décrite par l’abbé Nollet dans le tome 1 de sa physique amusante! Je sors le livre de la bibliothèque pour vérifier, Lara à bel et bien Nollet comme livre de chevet! Explications:

Jean-Antoine Nollet, dit Abbé Nollet (1700-1770), fut un physicien associé aux travaux de Dufay et de Réaumur et se fit un nom dans la vulgarisation de la science par le biais de ses cours de physique et ses expériences en public (le frontispice du Tome I représente Nollet devant son « public »). Il entra à l’Académie des sciences en 1739 et appelé à une chaire de physique expérimentale créée pour lui au collège de Navarre, puis il fut également nommé maître de physique et d’histoire naturelle des enfants de France. Son ouvrage le plus connu, celui qui est présenté ici a pour titre : Leçons de physique expérimentale, (EO en 1743 Chez le même libraire que cette 3ème édition: Guerin). Nollet a beaucoup contribué à répandre en France le goût et l’étude de la physique par des expositions claires et attrayantes. Ses livres contiennent de nombreuses gravures (environ 20 par tome), toutes dépliantes, placées après le texte des expériences et construites de manière à ce que l’on puisse les déplier et avoir le texte et la gravure sous les yeux.

Une partie de la préface:

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Petite expérience de Nollet: 

Image de prévisualisation YouTube

Gravures originales de cette expérience de Nollet:

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Explications:

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Album : Nollet

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-Première expérience avec le cylindre (posé à gauche du rail) :

Le sommet du cylindre reste, durant sa course, parallèle au plan incliné formé par le rail. Son centre de gravité descend. En conséquence, le cylindre descend.

-Seconde expérience avec le bicone (posé à droite du rail):

Le sommet du bicone s’affaisse progressivement car les points de contact avec le rail sont de plus en plus bas. Le centre de gravité suit une trajectoire légèrement descendante. En conséquence, le bicone monte le rail.

( 24 avril, 2015 )

Oeuvres de Molière par Didot (1791-94)

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Le Moulin de la Courade, d’où provient le papier qui a servi a imprimer cette superbe collection des œuvres de Molière, est une ancienne papeterie du département de la Charente. Il est situé sur la Boëme, affluent de la Charente et dans la commune de La Couronne, au sud-ouest de l’agglomération d’Angoulême. Ce moulin est inscrit aux Monuments historiques depuis 2009.

Dès 1641, un moulin à papier existait à cet emplacement. Le principe était de broyer des chiffons avec de gros maillets en série, les martinets, dans de grosses cuves. A partir de 1740, le moulin fait partie de la manufacture royale d’Angoulême, créée par le négociant parisien Henry, et reste la propriété de la famille Henry jusqu’au 20e siècle. En 1785, le petit-fils de ce négociant, Henry de Villarmain, y installe les premières piles hollandaises de l’Angoumois (nouveau système à base de cylindre en rotation, appelé pile hollandaise, mis au point en 1682 en Angleterre et en Hollande). Son frère, Henry La Courade, exploitant du moulin en 1818, porte le nombre de cuves à quatre. La construction du nouvel atelier de fabrication mécanique date de 1837. En 1904, Henry La Courade transforme l’usine en cartonnerie. Le dernier fabricant, à la fin des années 1970, est Guillaud.

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Les quatre premiers tomes portent la date de 1792. Le cinquième tome celle de 1793 (An II de la république) et le dernier tome, la date de 1794 (an III de la république):

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Dans le tome III, se trouve la pièce de 1666, le Médecin malgré lui.

Petit amusement! L’acte I nous est ici lu par des élèves de 6ème 6 du collège M. Genevoix de Romorantin.

 Scène I :

Gravure de François Chauveau pour la scène VI de l’acte I, lorsque Valère et Lucas rencontre Sganarelle. A noter que sur cette gravure, les deux bâtons qui vont servir à battre Sganarelle, afin qu’il reconnaisse ses « talents » de médecin sont encore au sol, contrairement au frontispice de l’édition originale, ou les deux valets les ont déjà en main.

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scène II: 

scène III:

scène IV: 

scène V :

scène VI:

Quelques gravures de pièces, d’après François Boucher:

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A propos de la comédie: L’équilibre fragile qui s’était instauré entre l’Église et le théâtre est brutalement remis en cause par les jansénistes qui, avec La Fréquente Communion d’Arnauld (voir  XVII e- Jansenisme), puis la polémique de pierre Nicole adoptent une attitude beaucoup plus radicale sur la question. (le traité de la comédie se trouve dans le Tome III des œuvres morales de Nicole)

C’est «l’affaire du Tartuffe» qui permet aux dévots et donc à la puissante Compagnie du Saint-Sacrement de ranimer ce conflit doctrinal ancien qui, avant 1666, n’avait pas encore touché Molière. L’abbé d’Aubignac déplore que «le théâtre se laisse retomber peu à peu à sa vieille corruption, mais il essaie de calmer les esprits en suggérant l’intervention d’une censure susceptible de moraliser la scène. Les dévots ne désarmeront pas : Pascal se dira convaincu que «de tous les divertissements, le plus dangereux est la comédie», et Pierre Nicole accusera le théâtre d’être «un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes des fidèles.» Pour lors, le parti des dévots attaque à coups redoublés : Conti, autrefois protecteur de Molière, soudainement revenu à la religion, publie son Traité de la comédie et des spectacles, selon la tradition de l’Église tirée des conciles, et son aumônier, l’abbé de Voisin, rédige ensuite pour sa part une Défense du Traité de Monseigneur le prince de Conti. Bien qu’ils s’en prennent aux comédiens et à divers damaturges, dont Pierre Corneille, ces ouvrages visent essentiellement Molière, écrivain accusé non seulement d’obscénité, depuis la querelle de L’École des femmes, mais surtout d’athéisme et d’ingérence dans les choses de la religion, depuis Dom Juan. Alors que des prédicateurs, comme Bourdaloue ou le père Maimbourg, se déchaînent en chaire contre le dramaturge, il est décevant de constater que ceux qui auraient dû s’allier naturellement à lui pour le soutenir, l’abbé d’Aubignac, Corneille, Racine, l’abandonnent à son triste sort. Molière ne peut que faire remarquer en vain, dans la préface du Tartuffe : «Je ne puis pas nier qu’il n’y ait eu des Pères de l’Église qui ont condamné la comédie; mais on ne peut pas me nier aussi qu’il n’y en ait eu quelques-uns qui l’ont traitée plus doucement.»

 

 

 

 

( 10 février, 2015 )

Monnaies françaises

Des planches de l’ouvrage de François Le Blanc, numismate français du 17ème siècle, récemment acquises me donnent l’occasion de faire une petite histoire rapide du monnayage royal français et surtout d’admirer les gravures de F.Ertinger contenues dans le Traité historique des Monnaies de France (Edition originale de 1690).

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On distingue d’abord chez les Mérovingiens (6-8ème siècle) deux sortes de monnaies, basées sur le sou d’or romain et ses sous divisions (semis). Les unes autorisées par le nom du roi et les autres par le nom du monétaire. Les premières sont rares, tandis que les secondes sont en comparaison assez communes.

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monnaies mérovingiennes

Les espèces royales et celles des monétaires ne diffèrent point entre elles : toutes représentent d’un côté une tête, et au revers une croix ou diverses figures, telles que l’alpha et l’oméga, un calice, des croisettes…

Il est vrai que ces artistes mérovingiens ont oublié l’art monétaire que les Grecs et les Romains avaient poussé au plus haut degré de perfection.

Pour unifier son royaume et y faciliter les échanges, Charlemagne, second roi carolingien après Pépin le bref, décide en 781 de remplacer les pièces anciennes mérovingiennes par une nouvelle monnaie. Cette monnaie sera frappée en argent, seul métal précieux relativement abondant chez les Francs. L’unité de base sera le denier, mais un nouvel étalon de change apparaît, la livre (240 deniers). Le sou, dont le prestige demeure grand,  n’a plus d’existence propre mais devient un multiple du denier. Ce nouveau système monétaire restera en vigueur dans de nombreux pays européens pendant près de mille ans. (1 livre vaut 20 sous et 1 sou vaut 12 deniers).

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monnaies de Charlemagne sans portrait (CAROLUS )

A la fin des règnes de Charlemagne et de son fils Louis, le portrait disparaît de la face des monnaies. Il ne reviendra qu’au début du 16ème  siècle.

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Monnaies de Louis le débonnaire avec portrait

Sous le règne de Charles le Chauve (840-877) apparaît la formule latine GRATIA DEI REX (roi par la grâce de Dieu) qui perdurera jusqu’au 18ème siècle. Le revers comporte le nom de la ville émettrice (ici Paris). 

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Monnaies carolingiennes de charles le chauve  (PARISII)

Après l’éclatement de l’Empire carolingien, les Capétiens s’attachent à imposer leur pouvoir politique et économique progressivement sur tout le royaume. Les premiers rois capétiens ont fait forger des espèces tout à fait disparates dans les différentes villes de leur domaine.

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Monnaies des premiers capétiens (ici Hugues Capet)

 Philippe Auguste (1180-1223) essaya de centraliser la monnaie, en la ramenant à un type uniforme et impose le denier Parisis frappé à son nom comme seule monnaie. Ces deniers comportaient les noms des villes d’où ils étaient émis

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Denier tournois de Philippe auguste frappés à Orléans (Aurelanis)

Si le système monétaire hérité de Charlemagne s’est maintenu avec ses subdivisions en livres, sous et deniers, il connut des vicissitudes, parce que l’unité de poids n’était pas la même d’une province à l’autre, on vit ainsi coexister deux systèmes: les deniers parisis et les deniers tournois (liées à l’atelier de Tours). Les premières valaient les quatre cinquièmes des secondes. Ces deux systèmes de monnaies de compte devaient coexister jusqu’à la suppression du denier parisis sous Louis XIV.

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denier Tournois (Turonus civis)

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Deniers parisis (parisius civis)

Pour unifier le système monétaire, Saint Louis fait frapper en plus des petits deniers, les gros tournois d’argent (12 deniers) qui furent la première matérialisation du sou dans l’histoire monétaire française. Il crée en même temps l’écu d’or d’une valeur de 10 sous tournois (rare connu a quelques exemplaires). Il fit donc disparaître de ses pièces les noms des ateliers locaux, à l’exception de Paris et Tours sur les deniers.

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Gros tournois de Louis X . Ainsi le gros d’argent, frappé en 1266 pour une valeur de 12 deniers tournois, vit sa valeur portée par Philippe le Bel, surnommé le « roi faux monnayeur », à 13 deniers en 1290, 15 en 1295, 20 en 1301 puis 39 en 1303. De 1355 à 1360, on ne compte pas moins de 52 mutations. Si le gros de Louis IX -saint louis- comporte douze lis sur le pourtour du revers, celui-ci en comporte treize, représentant les 13 deniers de sa valeur)

Au 14ème et 15ème siècles, les types se multiplient, mais toujours sur le même système de la livre.

Les monnaies d’or se nomment Écu, Chaise, Royal ou Mouton….

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Le roi assis tenant UN ÉCU

 

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Le personnage ROYAL debout

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Le roi à cheval. Franc pour « libre ». monnaie crée pour la libération de Jean II le bon en 1360.

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Double royal (double valeur du royal)

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ANGE de face avec écu

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Le roi sur sa CHAISE

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Le roi avec un PAVILLON derrière lui (ou dais)

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Le roi assis avec un LION a ses pieds

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REINE d’or (la reine debout)

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AGNEL d’or

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MASSE tenue par le roi dans sa main droite

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MOUTON

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SALUT avec l’ange et la vierge

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ANGELOT de face

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NOBLE roi dans une nef

Quelques monnaies d’argent:

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Blanc

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Grand Blanc

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Léopard d’argent

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Blanc au grand L

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Blanc aux trois couronnes

Sous Louis XII et François 1er, on commença à représenter la tête du roi sur quelques-unes de ses monnaies, notamment les testons et sous divisions. Les graveurs étudièrent et allèrent jusqu’à imiter les beaux types de la numismatique romaine. Les profils sont  laurés, couronnés ou têtes nues et rivalisent de beauté. 

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( 7 janvier, 2015 )

Les amours pastorales de daphnis et Chloé

Il y a peu de temps, j’achetais un exemplaire des Amours pastorales de Daphnis et Chloé, traduit du grec de Longus  en français par  Jacques Amyot (1559) et imprimé en 1796 à Paris. Le texte imprimé est assez bien réalisé, soigné,  mais mon exemplaire ne comportait pas les fameuses gravures du régent de France (Philippe d’Orléans), réalisées pour l’édition de 1718 et à nouveau reproduites dans cette édition de la fin du 18ème siècle.

J’ai acquis à peu de frais l’édition de 1947 reproduisant sur beau papier vélin ces gravures, je les ai déreliées puis réintégrées dans la reliure. Le résultat est très satisfaisant, d’autant que les deux papiers (1796 et 1947) ont exactement  la même teinte de couleur.

Je pense qu’on se demandera, dans une centaine d’année, l’origine de cet exemplaire pour le moins composite.

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( 5 décembre, 2014 )

Gravures sur bois pour la Fontaine

Cette édition des fables de la Fontaine, imprimée en 1799 à Paris, contient des gravures sur bois d’un style assez naïf. Voici une sélection de 60 gravures sur les quelques 250 que comporte cette édition. A noter que plusieurs artistes ont certainement réalisés les bois de cette série. En effet, plusieurs styles sont repérables (au livre VIII, les gravures sont assez minimalistes, presque de simples dessins). Je place a la suite de certaines gravures les illustrations de François Chauveau, premier illustrateur de La Fontaine (dès 1668) de Oudry (illustrateur 18ème s). L’artiste qui a dessiné cette série s’est parfois inspiré très fortement des dessins de Chauveau et plus rarement de Oudry.

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Illustration de Chauveau

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Illustration d’Oudry

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Illustration de Chauveau

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Illustration de Chauveau

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Illustration de Chauveau

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Illustration de Chauveau

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Illustration de Chauveau

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Illustration de Chauveau

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Illustration de Chauveau pour la première édition des Fables  (1668).Gravure sur cuivreIMGP7221 IMGP7222 IMGP7223 

la tortue

 

Illustration de Chauveau

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( 28 octobre, 2014 )

L’Emile de Rousseau- 1762

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Il y a 250 ans, Jean jacques Rousseau fait imprimer son ouvrage Emile ou de l’éducation (ou Emile est le prénom que Rousseau a choisi pour désigner l’élève). C’est d’abord un traité philosophique qui remet en cause l’éducation classique en vigueur en France depuis le 16ème siècle, avec comme matières principales, la philosophie et la rhétorique, et où la mémorisation par coeur  était au centre des méthodes d’apprentissage. Il commence à l’écrire vers 1758 alors qu’il est installé chez Louise d’Epinay, à l’Hermitage, non loin de la maison des oratoriens dans laquelle on formait les professeurs.

A cette époque, pour ses contemporains, Jean-Jacques est d’abord un homme de musique, auteur du devin du village, au succès important tant à la cour que dans toute l’Europe. Mais il s’est toujours intéressé à la formation de l’être, à l’éducation (Dès 1731, il est  précepteur). Au 18ème siècle, on redécouvre l’histoire, la géographie, les sciences avec la physique ou l’optique…mais l’enseignement reste toujours classique et basé sur la transmission verticale de savoir (du maître vers l’élève). Ce type d’éducation, Jean-Jacques la rejette. « Emile n’apprendra jamais par cœur » dit-il, il faudra qu’il fasse la découverte de ce qu’il saura. Peu de livres lui seront nécessaires. Il est vrai que dès son premier Discours en 1750, Rousseau rejette cette culture qui a perverti la société.

Le livre est condamné par le parlement et la Sorbonne, et brûlé en place publique. Rousseau doit s’exiler  et subir les attaques des philosophes français, Voltaire en tête. Seuls les philosophes Allemands s’intéresseront à ses théories. Kant parle d’une « surprenante nouveauté d’idées », et c’est là que survivra cet ouvrage, dans la recherche de son application , de sa mise en œuvre pratique.

 

 

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EXPLICATION DES CINQ GRAVURES DE L’EMILE (gravées d’après les dessins de Charles EISEN). Une gravure par livre (il y en a 5)

L’exemple le plus connu de traité sur l’éducation au XVIII e, est Emile ou de l’éducation de Rousseau. Après La Nouvelle Héloïse (1761), roman épistolaire de la famille idéale, l’Emile décrit une éducation idéale en marge des institutions. Les nombreuses illustrations des différentes éditions  montrent le réel engouement des artistes. L’éducation à la campagne, avec les paysans, est une source d’inspiration privilégiée pour les artistes proches des sujets de genre. Rousseau définit le cadre et donne aussi à de nombreuses reprises des exemples de situations concrètes d’éducation. Après le choix de Rousseau des allégories pour l’édition de 1762 (meme illustrations que celles présentées), les dessinateurs opteront pour des scènes de genre, plus proches du texte. Les scènes d’éducation peuvent s’insérer plus évidemment dans un contexte social. Néanmoins Rousseau éduque l’enfant non pour la société mais pour l’espèce : il faut se conformer en tous points à la nature. Ce sont les dessinateurs qui inscrivent les propos de l’auteur dans un contexte social, associant de ce fait les idées développées par Rousseau au milieu représenté. Ce qui a pour autre conséquence de les montrer en exemple, alors même que Rousseau dénonce leurs procédés éducatifs.

C’est dans l’Emile que se trouve la profession de foi du vicaire Savoyard, ou il fait l’éloge de la liberté de penser. Ses idées religieuses (déisme) sont condamnées, et notamment par Mr de Beaumont. Il lui répond dans une lettre:

♥ plaisir de lire:

Album comprenant l’arrêté du Parlement condamnant l’Emile:

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Album : emile

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( 27 septembre, 2014 )

Le songe de poliphile- Edition Française de 1600

Le livre suivant représente Le livre emblème de la renaissance italienne et Française. D’abord car il est imprimé à Venise par Alde Manuce pour l’EO, puis pour la beauté et l’esthétisme de ses gravures, leur mystère,  et enfin sur pour l’influence qu’il a eu au 16ème siècle et après.

L’histoire de Poliphile:

http://www.dailymotion.com/video/x15i8im

 

Numérisation d’un exemplaire:

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_4023Index.asp

Le Tableau des riches inventions couvertes du voile des feintes amoureuses : qui sont representees dans le Songe de Poliphile / desvoilees des ombres du Songe, & subtilement exposees par Beroalde. A Paris : Chez Mathieu Grillemot, au Palais, en la gallerie des prisonniers, 1600. Plus simplement appelé le songe de poliphile, ce livre mythique est attribué à Francesco Colonna, l’ouvrage parut à Venise chez Alde Manuce en 1499. La première édition française date de 1546 publiée par Jacques Kerver. Il s’agit ici pour cette édition du 4° tirage des bois de Kerver.

Cette édition de 1600 ouvre un nouveau volet de la carrière de l’Hypnerotomachia Poliphili (titre original), déjà devenu, pour les lecteurs français, le Poliphile, depuis la traduction de Jean Martin parue chez Kerver en 1546, 1554 puis enfin 1561. Cette nouvelle version est préparée par François Béroalde de Verville, qui imprime sa marque sur le texte de Colonna dès le titre, puisqu’il n’est plus question ni d’Hypnerotomachia Poliphili ni même du simple Songe de Poliphile de Martin, mais du Tableau des riches inventions couvertes du voile des feintes amoureuses, qui sont représentées dans le Songe de Poliphile, desvoilées des ombres du songe et subtilement exposées. Ce titre est à lui seul une déclaration d’intentions : plutôt qu’une simple traduction de l’Hypnerotomachia, Béroalde affirme présenter au public une nouvelle lecture du texte, en quelque sorte la seule véridique qui en découvre le sens caché.

La traduction de Jean Martin, élaborée comme un élément d’une série de traductions de textes italiens ou latins d’architecture, valorisait l’importance des « fantaisies » sur l’antique, au point de générer une tradition d’études du texte comme manuel d’architecture ou d’art des jardins qui n’est pas dans l’esprit de l’original, quelle que soit la place réelle de ces descriptions.

L’essentiel de cette nouvelle interprétation de Beroalde est contenu dans les liminaires qui précèdent le texte proprement dit. Béroalde avoue avoir été principalement attiré par les discours cachés, notamment quand ils prennent la forme dans le Poliphile des compositions hiéroglyphiques présentées dans certaines illustrations. Il ouvre ainsi la voie à une interprétation du livre comme discours à clef philosophique et secrète.

Si l’on regarde pourtant la matière même du livre, on constate tout d’abord que les illustrations sont celles de l’édition Kerver, reprises à l’identique aux mêmes endroits du texte. On voit aussi que Béroalde, contrairement à ses affirmations des pièces liminaires, n’a pas véritablement retraduit le texte, et n’a sans doute guère confronté la traduction de Jean Martin avec l’original. Son texte est en fait un toilettage de la traduction de 1546 : de-ci de là, il gomme une expression vieillie, ou une tournure lourde, tente de rendre la lecture plus fluide dans une langue pour la pratique de laquelle cinquante ans d’écart représentent encore une variable forte. Par ce traitement de second éloignement de l’original, la version de Béroalde devient véritablement ce qu’il en dit lui-même, « non plus que le tout n’est qu’une imitation », plus qu’une véritable traduction.

Le Tableau des riches inventions de Béroalde, s’il n’est évidemment pas totalement étranger à l’Hypnerotomachia Poliphili de Francesco Colonna, en est donc plus un nouvel avatar qu’une fidèle image : à partir de la construction alchimiste du frontispice, s’ouvre une nouvelle carrière pour le livre, celle du « discours secret », qui ne va que renforcer de plus belle sa réputation d’obscurité et d’inaccessible, et générer de nouvelles études frôlant parfois l’extravagance. À la critique moderne le devoir de remettre en perspective dans l’histoire du texte ces lectures non tant dévoyées que fabriquées, à partir des goûts et des modes de leur temps.

Texte tiré du « Centre d’Études Supérieures de la Renaissance « -Université François-Rabelais, Tours.

 

 

 

 

( 22 septembre, 2014 )

Bible de Luther- 1724

Dès 1517 Martin Luther entreprend la traduction des psaumes en langue allemande. C’est en 1521 alors qu’il est enfermé à la Wartburg, qu’il commence la traduction du Nouveau Testament. La traduction complète de la Bible est achevée en 1534.

Voila ce que dit Luther : « Dans ma traduction de la Bible, je me suis efforcé de parler un allemand pur et intelligible.… Aussi n’ai-je pas travaillé seul : partout j’ai recruté des auxiliaires. J’ai tâché de parler allemand, non grec ou latin. Or pour parler allemand, ce n’est pas des textes de langue latine qu’il faut interroger. La femme dans son ménage, les enfants dans leurs jeux, les bourgeois sur la place publique, voici les docteurs qu’il faut consulter : c’est de leur bouche qu’il faut apprendre comment on parle, comment on interprète : après cela ils vous comprendront et il sauront parler votre langue » (Luther, Epître sur l’art de traduire et sur l’intercession des saints, 1530).

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En 1521, pendant son séjour forcé à la Wartburg (voir la photo ci-dessus), Luther traduit le Nouveau Testament, d’après la seconde édition établie par Érasme (1517) du texte original grec.

Puis avec un collège de traducteurs il traduit tous les autres livres de l’Ancien Testament. L’immense travail est achevé en 1534. Parmi les éditions du vivant de Luther, l’une fut illustrée par Albrecht Dürer et une autre par Lucas Cranach l’Ancien. En 1546, 500.000 exemplaires de la Bible complète, édités dans 93 villes, sont en circulation.

La traduction de Luther, par ses qualités linguistiques, fut un grand succès et un vecteur essentiel de la Réforme dans les pays de langue allemande.

Je vous présente ici un exemplaire imprimé 190 ans après l’édition définitive à Tubingen dans une somptueuse reliure pleine peau typique des reliures d’outre Rhin.

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Motifs à base d’oiseaux sur la reliure:

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Quelques gravures de l’ancien testament:

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Album : luther ancien testament

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Page de titre de l’ancien testament:

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Page de titre du nouveau testament:

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( 3 août, 2014 )

Ambroise Paré « De la génération »

Les gravures que je vous présente font partie du livre « De la génération » d’Ambroise Paré. (Ce livre est d’abord paru séparément en 1573, chez André Wechel à Paris, puis a fait partie des œuvres complètes après 1585).

 

Les premières (Photos 1, 2 et 3) montrent des fœtus d’enfants ou de jumeaux dans différentes positions, tête en bas, en siège, têtes bêches…

 

Deux choses me semblent intéressantes et amusantes dans ces premières gravures. D’abord, la représentation même de l’enfant dans le ventre de sa mère, qui paraît avoir déjà 2 ou 3 ans, et qui est caractéristique des illustrations d’enfants de cette époque. Ensuite, la place de l’enfant dans la matrice. L’enfant est certainement représenté au terme de son évolution intra-utérine, et pourtant, il semble avoir assez de place pour faire quelques brasses…

 

L’accouchement se fait longtemps en position assise, au lit, en tenue de jour. La position allongée ne se répand qu’au 18ème siècle. L’image n°4 représente une chaise d’accouchement. Les instruments que présente Ambroise Paré dans ses œuvres (ici dans une édition Parisienne de 1628, chez Buon) font froid dans le dos (voir la légende de la photo 7!), et si l’accouchement était dans les villages une affaire de femmes, on ne doit pas trop regretter ce coté familial et « chaleureux » de cet acte de délivrance. Regardez ces forceps et autres appareils d’extraction de l’enfant, vivant ou mort d’ailleurs… (Notons qu’à cette époque, les naissances hospitalières sont rares et ne concernent que les pauvres ou les filles seules. En tous les cas, l’hôpital n’était pas un centre de soins tel qu’on l’entend aujourd’hui, mais plutôt un lieu d’assistance et d’aide aux démunis. D’ailleurs, si environ 2% des femmes mouraient en couche chez elles, le pourcentage passe à 10 % dans les hôpitaux …et ne parlons pas de la mortalité des nouveaux-nés).

 

J’ai laissé la légende de chacune des gravures afin de comprendre l’utilité de chaque instrument.

 

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( 1 juin, 2014 )

Les bois de réemploi

Certains éditeurs de la fin du 18ème siècle et du début du 19ème siècle se sont fait une renommée dans la littérature de colportage. Les plus connus sont ceux de Troyes, avec en tête de liste les dynasties des Oudot et les Garnier. Ces ouvrages contiennent souvent des bois de petite taille placés en page de titre ou en fin d’ouvrage. On appelle  »bois » (ou xylogravure), une gravure qui a été réalisé grâce à une matrice réalisée dans un morceau de bois dur, comme le buis.

Chapolin et Baudot éditent au début du 19ème siècle à Caen et Troyes des livrets de quelques pages dont vous pourrez trouver les titres dans la catégorie « XVIII e- Colportage (facéties populaires ou religion) ».

Ces éditeurs utilisent des bois dits bois de réemploi car ils ont été acquis après la vente du matériel typographique de tel ou tel imprimeur, lorsque ceux-ci ont cessé leur activité. Souvent même, vu l’ancienneté de certains bois, ce matériel provient de ventes successives et est certainement passé de mains en mains. Ces bois ont été fabriqués au 16 ou 17ème s pour illustrer des éditions diverses, Bibles, livres de littérature… et ne se retrouvent dans ces livrets que pour combler des pages vides ou, lorsqu’il s’agit d’ornements typographiques, à entourer les pages de titre. 

Je me suis « amusé » à essayer de retrouver les éditions d’ou ces gravures provenaient.

1- Le premier est assez simple, il s’agit d’un buste drapé, tête barbue de profil dans un triple cercle:

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 (Illustre les amours de Lucas et Claudine chez Godrefe à Lelis -Sillé )

Résultat : il s’agit de la tête de Thémistocle dans les éditions des Vies parallèles de Plutarque traduites par Jacques Amyot (voir catégorie « XVI e- Amyot jacques »). Il s’agit d’un bois des années 1580-1620)

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2- Deuxième exemple pris dans des livrets de colportage: Des bois ornementaux représentant des corbeilles tressées remplies de feuillages, de fruits….

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Ces bois sont typiques du 17 ème siècle et du début du 18ème siècle. Dans l’édition de Boileau imprimée chez Fabri à Genève en 1716, on en trouve plusieurs du même style (voir catégorie « XVII e- Boileau) :

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3- Pour le bois suivant (en fin des misères des plaideurs), je n’ai pas encore retrouvé l’édition exacte dans laquelle il se trouvait mais le style laisse à penser à une gravure du milieu du 16ème s, provenant d’une bible. Le sujet semble être l’adoration du veau d’or. Le style peut faire penser aux bois de Pierre Vase de Lyon?

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une gravure similaire se trouve dans les figures de la bible illustré par cet artiste et imprimé à Lyon en 1564 chez Guillaume Rouille:

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4- Plus difficile, ces bois religieux provenant du médecin des pauvres chez Baudot à Troyes (début 19ème siècle) pour le premier et des Noels nouveaux chez Garnier pour le second:

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Le premier représente le christ lavant les pieds et le second une vierge à l’enfant. Le christ semble être issu d’une bible assez ancienne (première moitié du 16ème s.

5- Autre exemple de réemploi d’un élément typographique très présent dans les livres du début du 16ème s et abandonné depuis le milieu du siècle; La feuille. Les deux feuilles ici photographiées se trouvent dans la composition de la page de titre des béquilles du diable boiteux. La seconde image est issue des Illustrations de Gaulle et singularités de Troye de Jean Lemaire de Belges (1540):

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6- Le dernier exemple, l’homme zodiacal présenté également dans les béquilles du diable boiteux, nous montre un bois qui a toutes les apparences d’un bois sorti d’une édition plus ancienne, pour la simple raison qu’il n’a aucun rapport avec les texte imprimé.

Le dessin frustre et mal imprimé montre les correspondances entre les signes du zodiaque et les organes de l’homme, entre les planètes et le corps humain. Il représente l’influence des astres sur le corps.La nomination des douze signes sur les corps humains sont : Aries qui gouverne la tête avec ses parties (Bélier), Taurus, le col et les épaules (Taureau), Gémini, les bras et les mains (Gémeaux), Cancer, la poitrine et le poumon, Léo, le coeur, le foie et l’estomac (Lion), Virgo, la rate, le ventre et les intestins (Vierge), Libra, l’épine du dos, les roignons et les fesses (balance), Scorpius, les hanches et les parties honteuses (Scorpion), Sagitarius, les cuisses (Sagittaire), Capricornus, les deux genoux (Capricorne), Aquarius, les jambes (Verseau), Pisces, gouverne les pieds (poissons).

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