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( 28 janvier, 2015 )

Le Tableau de l’amour conjugal du docteur Venette

Premier traité de sexologie en Occident.

Médecin natif de La Rochelle (chirurgien de la marine royale), sexologue et écrivain français, Nicolas Venette marqua l’histoire de la sexologie française, en publiant en 1686 un ouvrage sur l’amour conjugal : Tableau de l’amour conjugal, ou l’Histoire complète de la génération de l’homme, véritable mélange de propos sérieux et légers (certains parleront de littérature érotique…). L’objectif de l’ouvrage est de désamorcer les peurs sexuelles et de modifier les visions « pessimistes » de la sexualité et de l’amour. L’auteur y couvre tout ce qui a trait au sexe : anatomie, reproduction, désir, impuissance, stérilité… Il reprend sur chaque sujet les auteurs antiques et médiévaux, y ajoutant ses propres observations.

Le livre est d’abord publié sous le pseudonyme de Salocini, Vénitien (anagramme de Nicolas Venette). Véritable best-seller, il a connu 33 rééditions jusqu’en 1903, et a été traduit en anglais, espagnol, allemand et néerlandais. Ici, une édition Parisienne de 1832, chez les marchands de nouveautés.

Le terme « marchands de nouveautés » utilisé en bas des pages de titre est assez amusant car si il y a un livre qui n’est pas nouveau, c’est bien celui-ci. En 1832, il a déjà 146 ans ! Comme nouveauté, on fait mieux, mais cela montre à quel point ce livre a une importance capitale dans l’éducation sexuelle des populations.

Il semble qu’on retrouve cette dénomination « Chez les marchands de nouveautés » de 1763 à 1928.

 

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Album : venette

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( 27 septembre, 2014 )

Le songe de poliphile- Edition Française de 1600

Le livre suivant représente Le livre emblème de la renaissance italienne et Française. D’abord car il est imprimé à Venise par Alde Manuce pour l’EO, puis pour la beauté et l’esthétisme de ses gravures, leur mystère,  et enfin sur pour l’influence qu’il a eu au 16ème siècle et après.

L’histoire de Poliphile:

http://www.dailymotion.com/video/x15i8im

 

Numérisation d’un exemplaire:

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/CESR_4023Index.asp

Le Tableau des riches inventions couvertes du voile des feintes amoureuses : qui sont representees dans le Songe de Poliphile / desvoilees des ombres du Songe, & subtilement exposees par Beroalde. A Paris : Chez Mathieu Grillemot, au Palais, en la gallerie des prisonniers, 1600. Plus simplement appelé le songe de poliphile, ce livre mythique est attribué à Francesco Colonna, l’ouvrage parut à Venise chez Alde Manuce en 1499. La première édition française date de 1546 publiée par Jacques Kerver. Il s’agit ici pour cette édition du 4° tirage des bois de Kerver.

Cette édition de 1600 ouvre un nouveau volet de la carrière de l’Hypnerotomachia Poliphili (titre original), déjà devenu, pour les lecteurs français, le Poliphile, depuis la traduction de Jean Martin parue chez Kerver en 1546, 1554 puis enfin 1561. Cette nouvelle version est préparée par François Béroalde de Verville, qui imprime sa marque sur le texte de Colonna dès le titre, puisqu’il n’est plus question ni d’Hypnerotomachia Poliphili ni même du simple Songe de Poliphile de Martin, mais du Tableau des riches inventions couvertes du voile des feintes amoureuses, qui sont représentées dans le Songe de Poliphile, desvoilées des ombres du songe et subtilement exposées. Ce titre est à lui seul une déclaration d’intentions : plutôt qu’une simple traduction de l’Hypnerotomachia, Béroalde affirme présenter au public une nouvelle lecture du texte, en quelque sorte la seule véridique qui en découvre le sens caché.

La traduction de Jean Martin, élaborée comme un élément d’une série de traductions de textes italiens ou latins d’architecture, valorisait l’importance des « fantaisies » sur l’antique, au point de générer une tradition d’études du texte comme manuel d’architecture ou d’art des jardins qui n’est pas dans l’esprit de l’original, quelle que soit la place réelle de ces descriptions.

L’essentiel de cette nouvelle interprétation de Beroalde est contenu dans les liminaires qui précèdent le texte proprement dit. Béroalde avoue avoir été principalement attiré par les discours cachés, notamment quand ils prennent la forme dans le Poliphile des compositions hiéroglyphiques présentées dans certaines illustrations. Il ouvre ainsi la voie à une interprétation du livre comme discours à clef philosophique et secrète.

Si l’on regarde pourtant la matière même du livre, on constate tout d’abord que les illustrations sont celles de l’édition Kerver, reprises à l’identique aux mêmes endroits du texte. On voit aussi que Béroalde, contrairement à ses affirmations des pièces liminaires, n’a pas véritablement retraduit le texte, et n’a sans doute guère confronté la traduction de Jean Martin avec l’original. Son texte est en fait un toilettage de la traduction de 1546 : de-ci de là, il gomme une expression vieillie, ou une tournure lourde, tente de rendre la lecture plus fluide dans une langue pour la pratique de laquelle cinquante ans d’écart représentent encore une variable forte. Par ce traitement de second éloignement de l’original, la version de Béroalde devient véritablement ce qu’il en dit lui-même, « non plus que le tout n’est qu’une imitation », plus qu’une véritable traduction.

Le Tableau des riches inventions de Béroalde, s’il n’est évidemment pas totalement étranger à l’Hypnerotomachia Poliphili de Francesco Colonna, en est donc plus un nouvel avatar qu’une fidèle image : à partir de la construction alchimiste du frontispice, s’ouvre une nouvelle carrière pour le livre, celle du « discours secret », qui ne va que renforcer de plus belle sa réputation d’obscurité et d’inaccessible, et générer de nouvelles études frôlant parfois l’extravagance. À la critique moderne le devoir de remettre en perspective dans l’histoire du texte ces lectures non tant dévoyées que fabriquées, à partir des goûts et des modes de leur temps.

Texte tiré du « Centre d’Études Supérieures de la Renaissance « -Université François-Rabelais, Tours.

 

 

 

 

( 20 février, 2010 )

Charles Eisen pour la nouvelle Héloise de Rousseau 1769

dsc026691.jpg dsc026701.jpg Analyse de l’image :
    Julie, qui a fixé rendez-vous à Saint-Preux dans un bosquet du jardin de la propriété familiale, lui donne un baiser avant de défaillir; elle tombe dans les bras de sa cousine Claire (NH, Ière partie, L.14). « Le lieu de la Scène est un bosquet. Julie vient de donner à son ami un baiser cosi saporito, qu’elle en tombe dans une espèce de défaillance. On la voit dans un état de langueur se pancher, se laisser couler sur les bras de sa Cousine, et celle-ci de la recevoir avec un empressement qui ne l’empêche pas de sourire en regardant du coin de l’œil son ami. Le jeune homme a les deux bras étendus vers Julie; de l’un, il vient de l’embrasser, et l’autre s’avance pour la soutenir: son chapeau est à terre. Un ravissement, un transport très-vif de plaisir et d’allarmes doit régner dans son geste et sur son visage. Julie doit se pâmer et non s’évanouir. Tout le tableau doit respirer une ivresse de volupté qu’une certaine modestie rend encore plus touchante. Inscription de la 1e estampe. Le premier baiser de l’amour.

dsc026711.jpg dsc026721.jpg dsc02673.jpg dsc02674.jpg dsc02675.jpg

dsc02676.jpg dsc02677.jpg dsc02678.jpg dsc02679.jpg dsc02680.jpg dsc02681.jpg

 

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